Soldes : Bercy fixera son cap dans les prochains jours

Le 10 janvier, jour du lancement des soldes d'hiver 2018, les professionnels de l’habillement attendent du ministre Bruno Le Maire des annonces concernant l’encadrement des périodes de rabais dans le commerce, suite à une concertation engagée durant l’été. Mais quelles sont les pistes étudiées par Bercy pour revoir le modèle des soldes ?


Bruno Le Maire lors de l'inauguration des soldes d'été 2017 - AFP

Alors que rarement l’habillement aura autant vécu au rythme des promotions et ventes privées précédant les soldes, tous redoutent un cru aussi décevant que celui des soldes d’hiver 2017. « 76 % des commerces sont insatisfaits des soldes, nous confiait alors Bernard Morvan, président de la Fédération nationale de l’habillement. On recense des baisses de ventes supérieures à 10 % pour 42 % d’entre eux. C’est énorme ! ».

Arrivé à Bercy au printemps 2017, c’est donc sur un terrain miné que Bruno le Maire inaugurait le 28 juin dernier les soldes d'été, insistant sur le fait que les périodes de soldes demeurent un moment important, mais sont cependant perfectibles. « Les dates des soldes ne sont pas forcément les meilleures, indiquait le ministre. Les soldes d'hiver sont trop tardifs, on pourrait les faire démarrer au tout début de janvier. On pourrait également travailler à un raccourcissement de la période (…), à une meilleure articulation avec le commerce en ligne ».

Soldes flottants, le retour ?

Selon nos informations, l’exécutif caresserait l’idée de porter de deux à quatre le nombre de périodes de soldes. Un grand retour des « soldes flottants » ? Non. Il s’agirait de périodes à dates fixes se déroulant au printemps et à l’automne. Deux périodes qui pourraient prendre des formes différentes. Bruno Le Maire évoquait en juin l’exemple du Black Friday américain que le commerce physique tricolore a plus que jamais adopté le 23 novembre dernier. Et ce serait en partie sur ce modèle court que les futurs « soldes d’automne » prendraient forme, leur pendant printanier adoptant une forme plus traditionnelle.


AFP

La grande inconnue ne porte pas au final sur les soldes, mais sur les promotions, progressivement rebaptisées "ventes privées", et s’affichant plus que jamais sur les vitrines des commerces. Car c’est bien une refonte de l’encadrement de l’ensemble des ventes à prix barrés qui est de longue date réclamée par plusieurs fédérations clefs du secteur. Et en particulier depuis que les soldes flottants, par leur apparition puis leur dissolution, ont créé un vide que de nouvelles périodes à prix réduits sont venues investir.

Prix barrés à l'année

Lancés en 2009 par la loi LME, les soldes flottants permettaient aux commerces de pratiquer deux semaines de soldes supplémentaires, en une ou deux fois, à la date de leur choix, sauf dans le mois précédent les soldes fixes. Très décrié, car profitant principalement aux grandes enseignes et cannibalisant les ventes des autres périodes, le dispositif a disparu en juin 2014 avec la loi Commerce, qui a rallongé cependant d’une semaine les périodes de soldes fixes, portées à dix semaines. Cette décision a reçu un accueil très contrasté du côté des fédérations de professionnels qui ont rapidement constaté une forte baisse des ventes dès la troisième semaine.

C’est donc avec fébrilité que sont attendues les prochaines prises de position de Bercy. La consommation en textile et habillement aurait terminé l'année 2017 sur une timide progression de 0,2 %, tandis que 2018 devrait connaître une hausse de 0,4 %, selon l’Institut français de la mode (IFM). La place des prix barrés demeure un enjeu central pour le secteur : hors périodes de soldes, ceux-ci pèseraient 26,7 % des ventes, selon une étude Kantar.

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