Soldes : début en fanfare sur Internet mais mitigé dans les magasins

PARIS (AFP) - Les soldes d'hiver ont démarré mercredi 9 janvier sur une note mitigée dans les magasins mais en trombe sur Internet, alors que le gouvernement insiste sur la nécessité de les multiplier, au grand dam des commerçants. Les soldes ont commencé à 8h00 dans toute la France, avec des rabais jusqu'à 70 % dans les magasins et 90 % sur Internet.


Une femme passe devant la vitrine d'un magasin parisien lors de l'ouverture des soldes d'hiver le 9 janvier 2008 - Photo : Bertrand Guay/AFP

Le bilan de ce premier jour était mitigé, les grands magasins affichant des progressions, mais pas les petits commerçants. "C'est un début mollasson", résume Charles Melcer, président de la Fédération nationale de l'habillement, qui représente les petits commerçants du textile.

A l'inverse, les grands magasins ont enregistré des affluences record, après une matinée poussive, les Galeries Lafayette enregistrant à Paris et en province une hausse de 10 % de leur chiffre d'affaires, par rapport à 2007, alors que les Printemps ont gagné entre 5 % et 6 %.

Dans le quartier marchand des Halles à Paris, il y avait beaucoup de monde dans les magasins, mais peu achetait. "Les soldes ont commencé tout doucement. Il faut attendre la sortie des bureaux et le week-end pour dresser un bilan", selon une vendeuse de la boutique de vêtements féminins Max & Co.

En province, les avis étaient aussi partagés. Aux Galeries Lafayette de Bordeaux, la clientèle s'est précipitée uniquement sur les fins de séries à très petits prix. A Nantes, l'affluence n'avait rien d'exceptionnel pour un premier jour. Dans le centre de Lille toutefois, il y a eu du monde dès le matin, tandis qu'à Rennes, des commerçants se réjouissaient d'"une bonne fréquentation", même s'ils n'étaient pas pris d'assaut. "On a vécu un premier jour excellent, ça va être un bon millésime", a indiqué Pierre Bardet, le directeur général de l'association de commerçants Les vitrines de Strasbourg.

Sur Internet, le ton était globalement euphorique. Certains sites évoquaient une "ruée". "Nous allons enregistrer 350 000 visites d'ici à ce soir, contre 15 000 un jour ordinaire. Cela devrait se traduire par 4 000 commandes pour un panier moyen de 75 euros", anticipe Sven Lung, patron du site Brandalley.

"Je suis très contente de faire les soldes", a de son côté lancé Christine Lagarde, ministre de l'Economie, après avoir acheté quelques cravates et parcouru le Printemps Nation (XXe arrondissement à Paris) quasi vide aux premières heures de la matinée. C'est "un événement de fête et de consommation, c'est un moment bon pour le pouvoir d'achat. C'est aussi un moment de bousculade, ce qui nous a fait envisager une multiplication des soldes", a-t-elle fait valoir.

La ministre avait évoqué lundi 7 janvier le principe de soldes "récurrents", déclenchant un tollé chez les petits commerçants. Les détaillants de chaussures, la grande distribution et les grands magasins sont également opposés à cette évolution, tout comme certaines associations de consommateurs.

"Les soldes sont un grand événement pour le commerce, mais pour cela, ils doivent demeurer un événement spécial. Deux périodes de soldes, c'est largement suffisant", a commenté à l'AFP Paolo de Cesare, le patron des Printemps.

Le gouvernement va cependant lancer une concertation sur le sujet, deux ans après une consultation similaire, qui avait abouti à l'enterrement de toute idée de multiplication des soldes. "Une multiplication des soldes ne servirait à rien ! On a déjà les promotions et ventes privées toute l'année", a soutenu à l'AFP Anne, agent de tourisme, la cinquantaine, avant d'acheter un sac de grande marque à - 30 %.

Par Bertille OSSEY-WOISARD

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