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Soldes : six semaines débutant le 15 juillet, réclame l'UFIMH

Publié le
7 avr. 2020
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5 minutes
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Après les grands magasins, les enseignes et les détaillants indépendants d'habillement, c'est au tour de l'Union française des industries mode & habillement (UFIMH) de prendre position sur la question des soldes d'été 2020. L'organisme représentant l'amont de la filière réclame des soldes débutant le 15 juillet, et d'une durée de six semaines au lieu de quatre. Mais l'organisme va plus loin, en réclamant l'annulation des charges et loyers commerciaux pour la durée confinement.


Shutterstock


L'UFIMH indique avoir communiqué le 2 avril dernier à Bercy une liste de demandes, dont un report du début des soldes à la date du 15 juillet ainsi qu'un allongement de la période de rabais afin qu'elle couvre l'ensemble du mois d'août. L'occasion de donner une chance accrue aux commerces de vider les stocks de la saison entachée par le confinement, et de dégager de la trésorerie pour la relance de leur activité.

Cet organisme regroupe en son sein la Fédération française du prêt-à-porter féminin (FFPAPF), la Fédération française des industries du vêtement masculin (FFIVM), la Fédération française des industries de chemiserie-lingerie (FFICL), la fédération des industries diverses de l'habillement (FIDH), et le Groupement de la fabrication française (GFF).

Sa demande entre en opposition avec celles d'autres fédérations. Et notamment de l'Alliance du commerce, qui regroupe les grandes magasins de l'Union du commerce de centre-ville (UCV), ainsi que les Fédérations des enseignes d'habillement (FEH) et de la chaussure (FEC). L'instance représentative réclame quant à elle un lancement des soldes au plus tard le 1er juillet, mais partage l'avis de l'UFIMH concernant un allongement de la période, sur six semaines au lieu de quatre.

Du côté des indépendants, la Fédération nationale de l'habillement (FNH) a récemment revu sa position, qui reposait initialement sur le postulat d'une reprise mi-avril. L'organisme réclame désormais que les soldes débutent le 19 août, pour la durée prévue de quatre semaines. De quoi laisser le temps aux indépendants d'écouler leurs stocks sans rogner sur leurs marges entre la reprise et les soldes. La FNH note par ailleurs que si les soldes intervenaient trop tôt, l'approvisionnement des vitrines en août s'avérerait difficile au regard d'une filière où les délais se sont rallongés.

"Annulation des loyers commerciaux pour la période de confinement"



L'UFIMH ne prend pas la parole que sur un seul sujet polémique. Les questions des loyers commerciaux et des charges sociales et fiscales ne sont pas oubliées. Parmi ses six mesures, l'instance réclame ainsi "l'annulation des loyers commerciaux par les grands bailleurs pour la période de confinement", là où Bercy n'appelle qu'à une suspension, à savoir un report et non une annulation. Un terrain sur lequel une bataille juridique s'annonce, comme le relevait FashionNetwork.com (relire notre dossier), notamment autour de l'article 1218 du code civil (relatif à la force majeure contractuelle, ndlr) sur lequel se penchent désormais les avocats spécialisés.

L'UFIMH demande par ailleurs à Bercy l'annulation totale des charge sociales et fiscales pour les TPE et PME pour la période de confinement, ainsi qu'une prise en charge par les assurances des pertes d'exploitation des entreprises ayant été contraintes par les pouvoirs publics de fermer des commerces en raison du confinement. L'organisme veut en outre une prise en compte des entreprises ayant des plans de continuation, sans conditions, dans le plan de soutien bancaire.


Marc Pradal, président de l'UFIMH - DR


Sur un plan plus technique, l'UFIMH demande au ministère des Finances une "intervention pour assouplir la réglementation en vigueur et utiliser différemment les fonds de formation professionnelle existants pour éviter du chômage technique et faire progresser le savoir-faire dans (les) ateliers pendant cette période de crise".

Une volonté de limiter le recours au chômage partiel qui est d'ores et déjà une composante importante de la mobilisation de la filière autour de la fabrication de masques de protection, comme nous l'expliquait récemment le délégué général de la fédération locale Mode Grand Ouest, Laurent Vandenbor, par ailleurs délégué général à la formation de l'UFIMH (relire notre article).

"Le Made In France sort grandi de cette crise du Covid-19"



Une mobilisation inédite de la filière sur laquelle l'UFIMH assoit d'ailleurs ses demandes. Rappelant que ce sont désormais près de 600 entreprises françaises du textile-habillement qui sont capables de produire quotidiennement quelque 850 000 masques. "D’un montage d’une veste de Haute Couture en 180 minutes, nos petites mains se sont mises à réaliser des millions de masques en 2 minutes de montage, preuve que cette fabrication dans nos ateliers français, que l’on pensait irréalisable il y encore un mois, peut nous ouvrir de bien belles perspectives d’avenir", relève ainsi l'UFIMH.

Dans ce courrier signé de son président Marc Pradal, l'organisme insiste sur l'éveil des consciences que doit générer cette situation dans l'esprit de l'exécutif concernant le made in France. Il soulignant que, sous l'égide du comité stratégique de filière Mode & Luxe, les entreprises du secteur ont, d’un élan unanime et solidaire, révélé aux pouvoirs publics et au grand public aussi bien leurs ressources que leur agilité.

"Le made In France sort grandi de cette crise du Covid-19 et les félicitations sur les réseaux sociaux en sont la preuve", pour Marc Pradal. "Nous avons l’occasion unique de réinvestir nos bureaux d’études et des méthodes et repenser nos métiers, agir en collectif et nous réinventer avec les moyens numériques actuels. Si nous sommes capables de produire des masques en quelques semaines en réadaptant nos outils de production et nos process de fabrication, nous sommes capables de reproduire de la mode en France de façon économique, durable et agile."
 

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