Sonia Rykiel : les offres sont attendues avant le 31 mai prochain

Les quelques semaines qui viennent vont être décisives pour l'avenir de la maison Sonia Rykiel. On savait depuis mardi 30 avril que la griffe était placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Paris, dans le but de trouver un nouvel acquéreur, le propriétaire depuis 2012, First Heritage Brands (qui compte également Clergerie et Delvaux dans son giron), jetant l'éponge. On sait désormais que le temps est compté pour la maison fondée en 1968 par la célèbre créatrice éponyme. Le tribunal a en effet fixé la date de dépôt des offres de reprise au 31 mai prochain, a appris FashionNetwork.com.


Le dernier défilé de la marque, pour le printemps-été 2019, avait eu lieu allée Sonia Rykiel, fraîchement baptisée par la mairie de Paris, en septembre dernier - Sonia Rykiel

Les contours du dossier se précisent : l'activité de la maison n'est financée que jusqu'à la fin du mois de juin prochain. Le chiffre d'affaires de la maison s'est établi à 32 millions d'euros en 2018 (plus de deux fois moins qu'en 2012) et le nombre de salariés de la maison est de 178, filiales incluses, dont 150 environ travaillent au siège à Paris. Une filiale étrangère a déjà été fermée, aux Etats-Unis, le mois dernier et, depuis, les boutiques sur ce territoire ainsi qu'au Royaume-Uni ont fermé leurs portes. Il reste à ce jour une quinzaine de points de vente en propre Sonia Rykiel, mais aussi un contingent de 200 revendeurs internationaux.

Plusieurs tentatives de relance ont été engagées par First Heritage Brands, le groupe propriétaire depuis 2012, fondé par la famille Fung avec Jean-Marc Loubier, son dirigeant, et le fonds singapourien Tomasek - d'abord via une restructuration en 2016, puis des investissements autour du cinquantième anniversaire en 2018 (au total, le groupe aurait investi 200 millions d'euros depuis 2012). Il faut maintenant trouver qui pourra de nouveau propulser cette marque historique.

Pleinement incarnée par sa flamboyante fondatrice, Sonia Rykiel, jusqu'à sa disparition en 2016, la griffe dont les racines se situent dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés aurait reçu déjà depuis le début de l'année des marques d'intérêt de la part de différents acteurs du marché, mais jusqu'ici aucune offre concrète n'a été avancée. Le propriétaire, qui recherchait depuis plusieurs mois son successeur, s'en remet donc aujourd'hui à la justice pour trouver une issue favorable. Il pourrait s'agir d'un fonds, d'un industriel ou même d'un attelage entre les deux.

La mission a été confiée par le tribunal à deux administratrices judiciaires, Hélène Bourbouloux et Joanna Rousselet, qui tentent de faire émerger une offre à la fois qualitative, c'est-à-dire financièrement solide, et quantitative, en termes de sauvegarde de l'emploi.

Les salariés et inconditionnels de la maison craignent aujourd'hui que, faute d'offre satisfaisante, celle-ci ne soit liquidée cet été et que seul le nom Sonia Rykiel ne soit repris.

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