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Publié le
18 févr. 2021
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5 minutes
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Sourcing: la crise redéfinit origines, rythmes et quantités

Publié le
18 févr. 2021

Recul des commandes d'habillement à long terme, accélération de l'approvisionnement en Euromed, baisse des quantités commandées… La chaire de l'Institut français de la mode et de l'organisateur de salons Première Vision dresse le portrait des bouleversements que la crise sanitaire va induire ou accélérer dans la carte mondiale du sourcing de mode.


Shutterstock


Les chiffres provisoires de l'UE montrent sur 2020 une contraction de 12,3% en valeur et 15,6% en volume des importations européennes d'habillement, à 77,2 milliards d'euros. Un recul qui touche aussi bien l'Asie (-12%) que les pays méditerranéens (-12,9%). Au niveau mondial, la part de la Chine dans les exportations d'habillement était depuis 2015 en recul constant, tombant de 39% à 31%. Une tendance que l'année 2020 pourrait inverser. L'Institut note en effet que si les importations venant de Chine se sont contractées en début d'année, aux portes de l'Europe, elles ont rapidement repris une bonne dynamique dès avril, limitant la contraction annuelle à 6%. "Contrairement à ce que certains pensaient, la part de la Chine dans l'import européen va progresser".

C'est en effet le sourcing de proximité qui affiche son principal recul en 2020, les fermetures de commerces qui se sont succédé en Europe ayant mis en suspens les commandes de réassortiment et d'actualisation. Le Maroc souffre ainsi d'une chute de 23,5% de ses exportations vers l'Europe, tandis que la Tunisie recule de 16,8%. La Turquie, troisième fournisseur de l'UE après la Chine et le Bangladesh, limite quant à elle sa chute à 8,7%. Mais, pointe l'IFM, ces pays devraient paradoxalement profiter des conséquences de la crise dans les saisons à venir.

"Les distributeurs que nous avons interrogés nous disent qu'ils ont l'an passé beaucoup souffert des retards de livraison venant d'Asie", explique à FashionNetwork.com le directeur de l'Observatoire économique de l'Institut, Gildas Minvielle. "Ils en tirent comme conclusion qu'ils veulent être plus agiles, mieux répondre aux évolutions de la demande, et réduire le "time-to-market" (délais de mise en vente, ndlr). Donc nous sentons bien qu'il y a un intérêt très renforcé pour ce sourcing de proximité."

Évolution des pays sourceurs



Interrogés en décembre dernier, marques et distributeurs sont ainsi 51% à indiquer vouloir réduire les commandes passées en Chine, contre seulement 37% en 2019, tandis que 41% veulent les stabiliser. Tendance identique au Bangladesh, auprès duquel 39% des donneurs d'ordres veulent réduire les commandes, contre 57% souhaitant les stabiliser. Au Vietnam, la dynamique est moins marquée, avec tout de même 22% des répondants souhaitant réduire, et 21% voulant stabiliser. "On sent bien dans ces chiffres les questionnements occasionnés par la crise", pour Gildas Minvielle.


Chaire IFM - Première Vision



Tendance inverse du côté du sourcing de proximité, où les intentions de sourcing se renforcent par rapport à l'enquête menée fin 2019. Ainsi, 46% du panel souhaite renforcer ses commandes au Maroc, et 28% souhaite doper les commandes passées en Tunisie. Tandis que 40% des distributeurs indiquent vouloir renforcer leurs commandes auprès de la Turquie. Les pays ayant le plus souffert en 2020 seraient ainsi les principaux bénéficiaires des nouvelles aspirations sourcing des marques.

Un effet dont profiterait également le Made in Europe. Ainsi, parmi les entreprises faisant déjà appel aux fabricants portugais, pas moins de 40% indiquent vouloir y accélérer leurs commandes. Le Made in France profiterait lui aussi largement de cette tendance, avec 40% d'intention de hausse des commandes, contre seulement 3% de commanditaires évoquant un recul des passages d'ordres.

Les commandes à moyen terme, nouveau modèle privilégié?



Cette redistribution géographique des commandes devrait s'accompagner d'une accélération d'un autre phénomène déjà observé, à savoir le recul des commandes à long terme. Ces commandes passées plus de six mois avant la saison représentaient 47% des commandes en 2019, et seulement 40% en 2020. Pour 2021, pas moins de 29% des commanditaires entendent réduire ces approvisionnements à long terme.


Chaire IFM - Première Vision



Passées en pleines saisons, pour le réassortiment et l'actualisation des collections, les commandes à court terme représentaient 18% des commandes en 2019 et 16% en 2020. Pas moins de 46% des distributeurs entendent renforcer cet aspect de leur sourcing (contre 36% un an avant), tandis que 53% entendent maintenir ces commandes en 2021. Une capacité d'approvisionnement sécurisante dans un contexte de consommation pouvant encore évoluer à tout moment sur le marché européen.

Mais, à plus longue échéance, c'est bien la tendance du sourcing à moyen terme qui devrait s'imposer comme le modèle favori de l'après-crise. Déjà, entre 2019 et 2020, la part des commandes à moyen terme est passée de 35% à 44%. Passées durant la période de six mois précédent le lancement d'une saison, ces passages d'ordres devraient se maintenir chez 60% des acheteurs, tandis que 17% entendent même les renforcer.

"Ce sourcing à moyen terme s'impose en prenant aussi bien sur les commandes à long terme qu'à court terme", pointe le directeur de l'Observatoire économique. "Et cela ne profite pas qu'à des pays lointains, car de nombreux acteurs d'Euromed nous disent clairement qu'ils profitent également de ce type de commandes. La crise a clairement accéléré cette aspiration à la réactivité accrue permise par le moyen et court terme ".

Quantités réduites et responsabilité accrue



La crise accélérerait également une autre tendance déjà sensible dans les approvisionnements: la réduction des quantités commandées. En 2019, 26% des donneurs d'ordres augmentaient encore les quantités commandées. En 2020, ils n'étaient plus que 5%. A contrario, la part des distributeurs ayant réduit les quantités est passée en un an de 37% à 64%. Un montant très loin des seulement 10% constatés lors de la même étude en 2017. "Une approche qui permet d'être plus en phase avec les fluctuations de la consommation, mais qui répond également à des soucis d'écoresponsabilité", pour Gildas Minvielle. "Cela permet aussi bien de protéger ses marges en évitant les stocks, et d'éviter le gaspillage de ressources".


Shutterstock



Au-delà de la RSE et du pragmatisme budgétaire, la crise a évidemment joué un rôle. Interrogés sur les principaux impacts du coronavirus sur leur activité, 67,3% des répondants mentionnent un "recul drastique des commandes pour l'automne-hiver 2020-2021". Seul l'investissement dans la vente en ligne est davantage mentionné par les distributeurs (89,8%). Tandis que suivent l'accroissement du sourcing de proximité (36,7%), la redirection des commandes vers d'autres pays (28,6%), la fermeture permanente de points de vente (28,6%), les licenciements (16,3%), et enfin l'accroissement du recours à la sous-traitance dans le sourcing (10,2%).

Interrogés sur les écueils sociaux décisifs dans leur choix de sourcing, les distributeurs mentionnent en priorité le travail infantile (96%) et le travail forcé (74%), de même que les risques sur la santé, les discriminations, des salaires insuffisants, et même des violations des salaires minimum légaux. En termes de risques environnementaux, les marques s'inquiètent prioritairement du recours à des produis dangereux pour la peau et l'environnement (93%) et la consommation d'eau (37%), ainsi que de l'optimisation de la chaine logistique et des émissions de CO².

En termes d'actions responsables menées en 2020 quant au choix des matériaux, 49% du panel indique avoir eu recours à des matières durables labellisées, et 42% à s'être tourné vers des matériaux recyclés. Ils sont en outre 22% à indiquer avoir renforcé la traçabilité de leurs productions, et 16% à avoir abandonné des matières suscitant la polémique, comme la fourrure, le mohair ou l'angora. Reste 18% indiquant n'avoir pas entrepris d'actions particulières dans ce domaine en 2020.
 

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