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6 déc. 2021
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Spartoo toujours en quête de marques à racheter

Publié le
6 déc. 2021

Trois mois après son entrée en bourse, le grenoblois Spartoo discute actuellement le rachat potentiel de cinq marques, après l'acquisition il y a un an de JB Martin, qui trouve progressivement son rythme au sein de la structure. Le groupe prépare pour le début d’année une campagne de communication, vise un rythme de quatre à cinq ouvertures de boutiques par an, et entend renforcer progressivement son offre de services aux marques tiers.


Betty London, marque propre de l'entreprise - Spartoo


Comme annoncé lors de son introduction en bourse, Spartoo mise notamment sur l’acquisition de marques pour accompagner sa croissance. Soit des marques patrimoniales présentes sur le marché depuis 30-40 ans, soit des DNVB dont l’entreprise pourra accompagner le développement. “Ce qui est important pour nous est d’avoir des produits différenciants, dont on identifie immédiatement les caractéristiques”, explique Boris Saragaglia. “On discute en ce moment avec cinq marques”, nous confie au passage le dirigeant.

IL faut dire que les marques propres de Spartoo occupent une part à croissance rapide de l'activité, générant aujourd’hui 15% du chiffre d’affaires. Le groupe avait lui-même lancé les marques mixtes Carlington, Casual Attitude, Dream in Green, Urban, So Size et Botd, auxquelles s'ajoutent les griffes féminines, Moony Mood, Fericelli, et Betty London, et la marque pour enfant Citrouille Compagnie. Des offres que sont venues compléter plusieurs acquisitions: Christian Pellet chez l'homme, EZPZ, GBB et Little Mary chez l'enfant, ainsi que Ume et JB Martin chez la femme.

Après la liquidation et revente d’André, la dernière acquisition de l’entreprise, JB Martin, aurait d'ailleurs généré la vente de quelque 20.000 paires sur sa première saison de relance via cinq commerciaux sillonnant la France. La marque peut à ce jour compter sur une dizaine de corners, une dizaine supplémentaire étant en préparation pour les prochains mois. “Notre réputation progresse auprès des professionnels, là où il y a trois ans nous étions vus comme les 'grands méchants loups'”, se souvient le PDG. “On aime beaucoup le wholesale, on continuera à travailler dessus, en comptant sur le feedback des entrepreneurs”.


En dehors des marques partenaires, les marques propres pèsent désormais 15% des ventes - Sparto/Pierre Jayet



Spartoo s’était préventivement armée pour cette année de reprise, avec des stocks exceptionnellement renforcés de 40%, “principalement sur des produits reconduits ou permanents”, explique à FashionNetwork.com son PDG Boris Saragaglia. Il souligne que l’entreprise a souffert l'an passé d’annulation d’approvisionnement, touchant 25% de ses commandes. “Nous avons eu raison de jouer la sécurité, vu les reconfinements vécus cet été au Vietnam et en Chine, et qui ont touché nos marques internationales partenaires, notamment dans le sport. C’était donc une chance d’avoir du stock pour absorber la croissance de la demande”.
Cinq ouverture par ans

Une offre qui trouve son chemin sur la marketplace, mais également sur la quinzaine de points de vente que compte aujourd’hui Spartoo. Chiffre dont la direction avait indiqué lors de l'entrée en bourse vouloir renforcer au rythme de cinq ouvertures par an. L'entreprise nous précise aujourd'hui cibler spécifiquement les villes de plus de 80.000 habitants, avec un concept mêlant multimarque et marques propres, et ciblant une population principalement féminine de 30-35 ans. Clientèle “moins volatile que les 15-25 ans”, souligne le patron de l’enseigne, qui n’exclut pas des présences en centres commerciaux. “Mais nous avons des contraintes strictes en termes de loyer”, rappelle-t-il comme toujours.

L’enjeu est de taille pour Spartoo, qui réalise désormais près de 5% de son chiffre d’affaires via ces magasins. “Il y a trois ans, nous perdions un million d’euros par an avec eux. Aujourd’hui, nous comme quasiment à l’équilibre”, se félicite Boris Saragaglia, qui évoque une croissance à deux chiffres pour ses points de vente, ou s'entremêlent marques propres et partenaires. 


MoneyMood, marque propre de Spartoo - Spartoo


Des marques partenaires auprès desquelles Spartoo continue par ailleurs de se positionner en prestataire. Depuis le début de l’année, la structure a entrepris d’accompagner les labels dans un accroissement de leur digitalisation. Un programme qui a pour l'heure déjà séduit une dizaine de marques, dont Pataugas ou Palladium. “Les marques essayent de faire de l’internet mais souvent avec des stocks déportés, répartis un peu chez l’un, un peu chez l’autre”, explique le PDG. “Notre solution toute intégrée permet de mettre tout leur stock chez nous et on vend sur toutes les marketplaces: Spartoo, mais aussi Zalando, La Redoute et autres”.

Lancée il y a trois ans, l'offre de prise en charge logistique de Spartoo génère de son côté aujourd'hui 15 millions d'euros de chiffre d'affaires, avec des dépots à Paris, Marseille et dans la région Rhônes-Alpes.

Une croissance de 10 % en décembre ?



Avec désormais pour ambitions de développer la vente de produits de petites décorations (pièces dont les volumes sont compatibles avec le transport de chaussures), Spartoo s’est par ailleurs investie dans le renforcement de sa notoriété. L’entreprise indique avoir cette année investi massivement sur Instagram, Facebook et Google. La structure a également réalisé avec l’Agence Business un spot télévisé qui sera diffusé à partir du début d’année.


Dream in Green, autre marque propre de l'entreprise grenobloise - Spartoo


Désormais aux commandes d’une société cotée, Boris Saragaglia garde pour lui ses projections pour l’exercice en cours. “Mais on va faire du profit, comme sur les 7-8 dernières années”, indique-t-il cependant, se disant notamment confiant pour les fêtes. Le mois de décembre 2021 pourrait ainsi connaître une croissance de 10% par rapport à un mois de décembre 2020 de haute volée.

En 2020, Spartoo avait réalisé un volume d'affaires de 190 millions d'euros, dont 90% étaient liés à son activité de vente aux consommateurs finaux, et 10% aux prestations pour d'autres entreprises. Avec une activité réalisée à 40% hors de France, l’entreprise affichait un Ebitda de plus de 6 millions d'euros, revendiquant 15 millions d'euros de fonds propres et une dette de 6,6 millions d'euros.
 


 

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