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Traduit par
Marguerite Capelle
Publié le
6 oct. 2020
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Sphere : le numérique passe un cap au salon de la fédération

Traduit par
Marguerite Capelle
Publié le
6 oct. 2020

Sphere, le nouveau salon professionnel dédié aux talents émergents lancé en janvier, ressemblait autant à un happening qu’à une foire de la mode pour sa nouvelle édition, organisée cette semaine à Paris.


Kenneth Ize - Printemps-été 2021 - Prêt-à-porter féminin - Paris - © PixelFormula


Présentant quelques jeunes espoirs acclamés ainsi que des visages vraiment nouveaux, Sphere programmait neuf créateurs originaires de presque autant de pays, et notamment le lauréat du Prix LVMH Thebe Magugu, la griffe française qui monte Boramy Viguier, et le super projet mode biélorusse Boyarovskaya.

Chaque créateur, parmi lesquels figuraient aussi Germanier, Kenneth Ize, Mossi, Bluemarble, Egonlab et Mansour Martin – a également dévoilé des vidéos. Beaucoup ont présenté leur collection en live sur des créneaux spécialement prévus par la Fédération de Haute Couture, l’organe directeur de la mode en France, qui gère le calendrier officiel de chaque saison parisienne. Cette dernière organise aussi le très bien organisé salon Sphere.

Le moment fort de Sphere nous a été offert par Kenneth Ize, un nigérian de 30 ans qui a dévoilé ses dernières idées devant une installation en direct, une grande fresque peinte en live, des images des vêtements de la collection et des mannequins.

Né à Lagos, il a étudié à Vienne sous la direction de Bernard Willem et de Hussein Chalayan, avant de lancer sa propre griffe. Fils de deux immigrés nigérians en Autriche qui travaillaient chez Ikea, Ize s’est installé en Afrique il y a cinq ans. Il travaille principalement avec un seul tissu, l’Aso Oke – tissage coloré à base de rayonne et de coton, développé par le peuple Yoruba d’Afrique de l’Ouest. "Il faut cinq jours pour tisser un mètre", souligne Ize, dont les vêtements sont néanmoins fabriqués dans des usines italiennes.

Il qualifie sa silhouette de "Dictateur Chic", en référence aux épaules grandiloquentes  évoquant les hommes forts qui ont pris le pouvoir dans l’Afrique post-coloniale. Son casting multi-ethnique super cool a déferlé autour d’un décor orné de fleurs, arborant gilets rayés audacieux, pantalons évasés ou sahariennes ceinturées de dandy. Pendant tout le défilé, des artistes continuaient à peindre la fresque de Mati, avec des personnages tirés de la collection actuelle.
 

Boyarovskaya - Printemps-été 2020-2021 - Photo: Boyarovskaya


"Je voulais de la culture dans un espace aimant. Et puis j’ai grandi dans une culture nigériane, et je n’ai jamais vu une seule fleur dans notre salon viennois", déclarait Kenneth Ize, Nigérian extraverti et volubile, qui porte du vernis à ongle vert, et dont la boisson favorite est la Guiness avec du tonic.

Son collègue africain, Magugu, n’a pas pu venir à Paris cette saison, mais a tout de même dévoilé une brillante vidéo façon film d’espionnage indé hyper spirituel, intitulée "Contre-espionnage", et qui mettait en scène des espions et leurs adversaires sous l’Apartheid. Une des chemises montrées par Magugu était même composée d’un imprimé réalisé à partir des aveux d’un véritable espion au service de l’ancien régime.

Tout près, on découvrait Maria Boyarovskaya, qui propose des vêtements ultra-adaptables parmi lesquels un blouson d’aviateur en cuir doté de sa propre sangle pour le porter accroché à l’épaule. Des échos de constructivisme croisés avec un chic de rock star minimaliste pour cette collection pleine d’intelligence.

"On a tourné sur la lune", disait Maria au sujet de sa vidéo, tournée sur la terre volcanique de Lanzarote dans les îles Canaries, par son partenaire Artem Konokenko. Une top semblable à une mutante parade dans les paysages de terre brûlée, cadre idéal pour le look Boyarovskaya.

Sphere prend la place d’un salon antérieur, Designer Apartment. En mettant davantage l’accent sur la création numérique, et avec le soutien de la plateforme du grossiste en ligne Le New Black, la fédération a fait passer un cap à cet incubateur si important pour les nouveaux talents.
 

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