×
6 174
Fashion Jobs
Publicités
Traduit par
Paul Kaplan
Publié le
22 janv. 2018
Temps de lecture
2 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Surréalisme païen chez Schiaparelli

Traduit par
Paul Kaplan
Publié le
22 janv. 2018

Un styliste ingénieux peut vraiment faire la différence. Schiaparelli a changé son équipe cette année, appelant Katie Grand à la rescousse. Résultat : l'une des meilleures collections de Bertrand Guyon pour la maison parisienne.


Photo: PixelFormula


Le vif du sujet était évidemment les vêtements superbes de Bertrand Guyon qui, après trois ans à son poste, semble totalement maître de son atelier et parfaitement en symbiose avec l'ADN surréaliste de Schiaparelli, réussissant même à associer les étoiles, les serrures, les yeux et les insignes d'un merveilleux pardessus en laine fluide avec le tapis écru qui servait de podium aux mannequins.
 
La haute couture est peut-être destinée à une petite élite de clientes aisées, mais elle demeure un éblouissant laboratoire de mode. Et ce défilé nous l'a bien rappelé. Pour le jour, Bertrand Guyon a proposé des chemises masculines brodées des six animaux préférés de Schiaparelli - des insectes. Pour le soir, une série de tenues joyeusement sulfureuses, notamment un plastron en raphia rouge sang porté sur une jupe en empiècements de lézard et de python par le mannequin britannique Jean Campbell, suivie par l'iconique mannequin soudanais Alek Wek, vêtue d'un blazer chargé de motifs, perchée sur d'interminables jambes. On est prêt à parier que les motifs « jeu d'échecs » imaginés par Bertrand Guyon seront très imités.

Très « jungle chic » aussi - à l'image de cette impressionnante saharienne en raphia noir, coupée comme une petite robe de cocktail, dont les poches plaquées étaient brodées de serrures. Sans oublier ces sublimes cabas en bois, plastique et raphia, fruits d'une collaboration avec Lucie de la Falaise, qui a défilé pour Givenchy quand Bertrand Guyon y travaillait. Bouclant ainsi la boucle entamée par sa famille, l'une des dynasties les plus illustres de l'histoire de la mode, puisque la grand-mère de Lucie, Maxime de la Falaise, avait créé des vêtements d'enfant pour Elsa Schiaparelli elle-même.
 
Et la participation de Katie Grand a été déterminante : la styliste britannique a ajouté ce soupçon de modernité dont manquait cruellement la vision de Bertrand Guyon pour Schiaparelli, en sélectionnant notamment un très bon casting de mannequins - dont plusieurs défilaient pour la première fois - et en optant pour une mise en beauté pure et naturelle.
 
« Je pense qu'en haute couture, grandiose et précieuse par nature, si vous en faites trop sur la coiffure et le maquillage, tout semble un peu trop guindé », expliquait avec enthousiasme Katie Grand, fondatrice et rédactrice en chef du très influent magazine Love. On ne peut qu'être d'accord.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2021 FashionNetwork.com