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Tapie/Adidas : Tapie va réclamer 300 à 400 M EUR de dédommagements

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AFP
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14 janv. 2006

PARIS, 14 jan 2006 (AFP) - Le feuilleton Adidas opposant Bernard Tapie au Crédit Lyonnais a rebondi après que l'Etat a autorisé la structure chargée de gérer les dettes de la banque à se pourvoir en cassation et la contre-attaque de l'ex-homme d'affaires réclamant 3 à 400 millions d'euros de dédommagements.


Bernard Tapie le 6 novembre 2005 à Paris
Photo : Stéphane de Sakutin (AFP)

L'ancien patron du fabricant d'articles de sport Adidas est en conflit depuis plus de onze ans avec son ancienne banque le Crédit Lyonnais, via l'Etat, sur les conditions de revente de la société.

M. Tapie avait remporté une victoire fin septembre 2005.

La Cour d'appel de Paris avait condamné le Consortium de réalisation (CDR), chargé d'apurer les dettes du Lyonnais, à verser à M. Tapie la coquette somme de 135 millions d'euros de dommages et intérêts, estimant qu'il avait été floué dans la vente de l'équipementier sportif allemand en 1993-94.

Mais jeudi soir, le ministère de l'Economie a annoncé que l'Etat autorisait le CDR à se pourvoir en cassation.
M. Tapie a immédiatement répliqué. Il va réclamer à la justice 300 à 400 millions d'euros de dommages et intérêts, a annoncé samedi son principal avocat.

"L'affaire Adidas n'était qu'une étape. Nous allons demander des dommages et intérêts pour le préjudice subi par les époux Tapie qui n'auraient jamais dû être placés en liquidation judiciaire", explique Me Maurice Lantourne dans le journal Le Parisien.

L'avocat, qui n'était pas immédiatement joignable samedi, avait déjà fait part en octobre 2005 de l'intention de son client d'engager une action en dommages-intérêts pour la mise en liquidation jugée "abusive" de Bernard Tapie Finance (BTF) en janvier 1995, sans toutefois donner de chiffres.

Mais cette reprise des hostilités entre M. Tapie et l'Etat n'était pas vraiment attendue.

D'après le quotidien Le Monde, le ministre de l'Economie Thierry Breton aurait souhaité à l'origine clore le dossier et empêcher à cette fin le CDR de se pourvoir en cassation dans l'affaire Adidas.

A en croire le journal, le veto envisagé par M. Breton à un pourvoi aurait fait partie d'un accord plus vaste entre l'ancien chef d'entreprises et ex-ministre reconverti dans le théâtre et la télévision et le gouvernement.

Selon Le Monde, pour se remettre à flot, M. Tapie aurait été prêt à renoncer à toute autre prétention que les 135 millions d'euros, en échange du réexamen de sa situation fiscale et de l'abandon de toutes les procédures dans l'affaire Adidas.

Dans son communiqué diffusé jeudi, Bercy indique avoir pris sa décision "compte tenu des éléments du dossier opposant le CDR et la liquidation du groupe Bernard Tapie, et de l'analyse de trois hautes personnalités indépendantes nommées par le ministre".

Mi-décembre, Bercy avait ainsi demandé à trois personnalités d'évaluer la meilleure façon de défendre les "intérêts de l'Etat", avant toute décision sur un pourvoi en cassation du CDR.

Ces trois personnalités étaient Jean-Marie Coulon, ancien Premier président de la Cour d'appel de Paris, Philippe Rouvillois, inspecteur général des finances honoraires, et Bernard Cieutat, ancien président de chambre à la Cour des comptes.

Homme d'affaires star des années 80 qui a goûté la gloire dans le football et brillé en politique avant de connaître la ruine et la prison, M. Tapie a connu de nombreux démêlés avec la justice qui l'a notamment condamné en décembre à huit mois d'emprisonnement ferme pour fraude fiscale.

Il n'aura toutefois pas à les purger, compte tenu du système de confusion des peines.

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