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25 sept. 2015
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Textiles connectés dans le sport : des pratiquants encore à évangéliser

Publié le
25 sept. 2015

Amer Sports, Nike, Under Armour… Actuellement, tous les grands équipementiers sportifs investissent dans les applications de mesure de la performance sportive. Immanquablement, tous sont attentifs à l’avenir des textiles connectés.

Film promotionnel de Cityzen Sciences


A l’occasion du salon Sport Achat qui s’est tenu récemment à Lyon, une conférence a permis de faire le point sur le développement de ses technologies, mais aussi sur les opportunités et les contraintes rencontrées par ce secteur pour se déployer dans le sport.

Les pratiquants, qu’ils soient professionnels, experts ou ponctuels, apprécient de plus en plus de pouvoir bénéficier des technologies les plus pointues pour les accompagner dans leur sport. Pour l’heure, le consommateur lambda ne saisit toutefois pas encore en quoi consistent ces technologies.

Sur Sport Achat, la société française Dracula Technologies présentait par exemple un sac à raquettes de tennis développé avec Babolat. Celui-ci intègre un panneau solaire souple de petite taille permettant par exemple de recharger une raquette connectée. La société travaille aussi avec l’équipementier français Raidlight pour proposer des solutions aux trailers pour recharger leurs smartphones et autres instruments connectés.

Au niveau du textile, plusieurs sociétés travaillent sur les t-shirts intelligents, permettant de récolter des données. Ainsi, Hexoskin a commercialisé un t-shirt biométrique permettant de récolter des informations comme le rythme et la variabilité cardiaque, la fréquence et le volume respiratoire ou encore l’intensité de l’activité.

L’entreprise lyonnaise Cityzen Sciences, fondée en 2008, développe et promet de livrer prochainement ses premiers produits. A l’instar d’un Gore-Tex, la société vient de créer sa marque ingrédient baptisée Smoozi et va donc développer son savoir-faire auprès de différents acteurs du sport. « Selon les pratiques, il n’y a pas les mêmes besoins en termes de capteurs et d’utilisation, explique Antoine Ormnières, responsable marketing de Cityzen Sciences. L’enjeu est donc de restituer les données. »

Hexoskin compte déjà des produits dans le commerce - Hexoskin


Car, si les entreprises ont su développer les capteurs, le plus complexe semble encore à venir. Aujourd’hui, la majorité des utilisateurs sont encadrés par des médecins ou des entraîneurs qui ciblent les informations clés. Et assurent leur suivi. En ouvrant leur utilisation à un public plus large se pose alors la compréhension de ses données. D’autant plus qu’une donnée mal interprétée peut potentiellement aboutir à une blessure.

« Nous avons un peu de recul avec Hexoskin, précise Xavier Alexandre, directeur commercial de la marque. Nous avons pu voir un de nos produits acheté en ligne se retrouver très rapidement sur un site de seconde main. Nous avons contacté la personne et celle-ci nous a expliqué qu’il ne saisissait pas toutes les données. A présent, nous mettons le focus sur l’accompagnement. Nous avons recruté deux temps pleins qui pourront répondre aux questions des utilisateurs pour l’analyse de leurs données. »

D’autant que les développements n’en sont qu’à leurs débuts. Le marché clé, bien plus important que le sport, sera celui de la santé. Aussi le nombre de capteurs et surtout le croisement des données issues de ces capteurs vont croître.

L'enjeu est de croiser les données fournies par les différents capteurs - Hexoskin


Les chercheurs travaillent d’ailleurs à simplifier, alléger, miniaturiser les technologies. « C’est le challenge de la plate-forme Metis au CEA de Grenoble, explique Pierre-Damien Berger, directeur des partenariats industriel du commissariat. Nous travaillons sur des éléments inférieurs au mm². Sur des fils d’un micron, nous pouvons clipper une technologie de puce RFID. La technologie est compatible avec un métier à tisser classique. Mais vous pouvez remplacer la puce par une LED ou un capteur cardiaque. Cependant le tricotage est problématique car les tensions sur les fils sont plus fortes. Il faut aussi que, d’un point de vue économique, ces développements soient viables ». Dès lors il n’y aura plus besoin d’étiquette pour le suivi des produits. Ceux-ci pourront être lumineux et capter tous les signes vitaux du sportif.

« Nous avons aussi été consultés par des travailleurs des métiers à risques qui sont en permanence challengés sur leur état de fatigue. L’idée est de pouvoir mesurer les paramètres physiologiques. Dérivé sur un jogger, cela peut être un simple morceau de tissu qui serait une pompe à sueur. Une électrode nous renseigne alors sur le stress, la fatigue ou le niveau d’hydratation ». Le représentant du CEA précise toutefois qu’un cycle d’étude est compris entre 10 et 20 ans. Et que si l’on ajoute les notions d’esthétique du produit, le calendrier s’allonge encore. De quoi assurer encore de belles innovations techniques pour les décennies à venir.

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