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16 mars 2021
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The Bradery affirme ses ambitions avec une première publicité TV

Publié le
16 mars 2021

Avec leurs coupes de cheveux de surfers, leur style décontracté et leurs grands sourires, Edouard Caraco et Timothée Linyer ont le profil des jeunes entrepreneurs dynamiques et sympathiques. Un rôle que ces Parisiens de 27 ans qui se connaissent depuis leurs dix ans adoptent toujours avec décontraction. Mais à bien regarder, The Bradery, la jeune société de ventes privées qu'ils ont fondée en 2018, n'est plus tout à fait une jeune pousse.


Timothée Linyer et Edouard Caraco, fondateur de la plateforme de déstockage - The Bradery



La première campagne de publicité en télévision, initiée ce 18 mars notamment sur TF1 et M6 marque clairement les ambitions de croissance de la société. Pour renforcer sa visibilité, la société franchit un nouveau cap marketing. Un investissement conséquent pour une jeune entreprise.

S'ils se souviennent encore des premiers colis envoyés depuis leur petit local Station F, et ne tarissent pas d'éloge sur l'équipe de Pablo et Gérard Darel ou Des Petits Hauts qui leur ont fait confiance alors qu'ils n'avaient encore rien prouvé, les fondateurs veulent s'affirmer en alternative sur le secteur. Alors que peu d'acteurs voyaient une opportunité possible face aux mastodontes du secteur comme ShowroomPrivé, Brandalley, BazarChic et bien entendu VeePee, Edouard Caraco et Timothée Linyer ont parié sur une stratégie ciblée pour se faire une place.

Il faut dire que le duo a pu analyser quasiment de l'intérieur le fonctionnement du secteur. Pendant deux ans, ils ont développé des services logistiques dont l'un des clients principaux était justement VeePee. "Nous étions en contact avec de nombreuses marques, et nous avions de plus en plus de retour de décideurs qui s'interrogeaient sur leur image sur les plateformes de ventes privées, explique Edouard Caraco. Nous avons échanger avec beaucoup de dirigeants et nous avions le sentiment qu'il y avait une opportunité en apportant la protection de l'image, une proposition de luxe accessible et la notion d'exclusivité".

Si leur concept de vente exceptionnelle durant une semaine est rapidement repéré et que The Bradery passe par Station F, donc, et la Maison des Start-up de LVMH, les premiers mois sont difficiles. Les jeunes entrepreneurs s'accrochent, misent sur une cible de clients potentiels 18-35 ans connectés à Instagram et prospectent les marques. La première vente-privée des Petits Hauts leur donne la première impulsion. Le duo a un atout: il sait quelles sont les habitudes des millennials et de génération Z. Ils misent sur Instagram pour s'affirmer. "Nous n'avions pas cette expertise. Mais cela a été notre premier recrutement. Et nous avons eu la chance que cela soit concomitant avec le lancement d'Instagram sur l'e-commerce. Cela nous a portés".

"Au début, nous faisions les ventes quand cela était possible, mais toujours avec la volonté d'avoir des marques de luxe accessible, explique Timothée Linyer. Et nous sommes progressivement montés en puissance. En 2021, nous allons passer de 3 à 7 ventes par semaine".

La niche a en fait rapidement validé son potentiel, et attiré des investisseurs, dont Otium Capital, qui sont entrés au capital en 2020. Après avoir réalisé un volume d'affaires d'1,4 million d'euros, la première année, The Bradery s'est vu portée par les confinements et l'explosion des achats en ligne en 2020. La société affiche 15 millions d'euros sur l'année passée... Et vise les 50 millions en 2021, notamment en touchant de nouveaux clients via ces spots de publicité lors des ventes phares.



Sur Instagram, où elle compte plus de 220 000 followers, la plateforme fait le teasing de son premier spot de pub - The Bradery



À peine entrés dans leurs nouveaux locaux situés dans le IIème arrondissement de la capitale, The Bradery est déjà presque à l'étroit pour les 25 personnes de l'équipe alors que plusieurs recrutements sont déjà prévus pour accompagner le développements des offres. Pas simple d'intégrer de nouveaux venus en temps de Covid, mais les fondateurs veulent mettre en avant des valeurs sociales.  Débuté pendant le confinement de mars 2020, la société a créé The Bradery cares avec des ventes dont les bénéfices sont reversés à des associations: ses fondateurs expliquent avoir ainsi reversé 20.000 euros en 2020.

Et avec sa croissance rapide, la société pourrait voir plus loin. The Bradery pourrait-elle s'étendre sur de nouvelles catégories de produits et proposer plusieurs ventes privées par jour? "Nous faisons entrer tout un lifestyle sur le créneau du luxe accessible, estime Edouard Caraco. Bien sûr nous avons 85% de mode, avec les vêtements, les chaussures, les accessoires, mais notre cliente de 28 ans peut s'offrir un beau livre Assouline, une bonne huile d'olive, de la déco ou même des produits pour les enfants de ses amies. Alors que nos clients sont assez jeunes, on voit que les ventes enfants fonctionnent bien par exemple. Si nous avons l'opportunité de proposer un fer à lisser qui est une référence, nous le ferons. Ce qui fait la différence c'est la sélection que nous faisons. Par contre nous voulons valoriser ces belles marques. Avec une vente par jour, nous pouvons avoir entre 180 et 200 marques. Nous voulons leur apporter de la visibilité qualitative. Nous mettons aussi en avant que notre clientèle est jeune. Et pour elle, c'est souvent un premier achat avant potentiellement d'acheter plus tard à plein prix".

Une stratégie qui pour l'heure porte ses fruits. En novembre dernier, The Bradery réalisait pour la première fois une vente à plus de deux millions d'euros. Aujourd'hui, elle propose des ventes privées avec Helmut Lang, Jacadi, Maison Kitsuné ou Jonak. Mais comment grandir si le nombre de marques est limité? En exportant le concept tout d'abord. Le duo fondateur vise à développer son offre sur des marchés limitrophes comme la Suisse, le Benelux ou l'Espagne. En regardant vers le haut ensuite... C'est à dire en allant chercher des noms du luxe. De premiers contacts seraient amorcés. Avec son site épuré initié en février 2020, ses visuels léchés et sa communication bien maitrisée, The Bradery possède des arguments forts pour convaincre.

 

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