Thierry Gillier s’empare de Lucien Pellat-Finet

Lucien Pellat-Finet est tirée d’affaire. La griffe de cachemire de luxe parisienne, connue pour sa qualité et son style un brin provoc, a été rachetée par le fondateur de Zadig & Voltaire, Thierry Gillier. Lancée en 1994, elle avait d’emblée connu un beau succès grâce à ses produits strictement made in France, Italie, Ecosse et Japon, et son style très reconnaissable avec ses motifs emblématiques telles la feuille de cannabis et la tête de mort. Mais ces dernières années, les ventes de la société ont fondu et ses pertes se sont accumulées jusqu’à se retrouver en cessation de paiement et placée en redressement judiciaire.
 
Lucien Pellat-Finet - DR

Thierry Gillier a fait l’acquisition de la maison parisienne de prêt-à-porter de luxe masculin et féminin et d’accessoires par l’intermédiaire de sa holding, ZV Holding, qui détient notamment la marque et les activités de Zadig & Voltaire. Cette acquisition, dont le montant de la transaction n’a pas été révélé, va permettre à l’entrepreneur de se diversifier et de monter en gamme en intégrant un label de luxe dans son écurie. Le président du groupe, qui investit aussi dans l’hôtellerie, annonçait dans un entretien accordé en début d’année à FashionNetwork.com « de très gros projets pour 2019 ».
 
Lucien Pellat-Finet (73 ans) restera présent dans la société, comme le précise le repreneur dans un communiqué. « Grâce à cette acquisition, je suis heureux de pouvoir continuer l’aventure de cette marque emblématique avec la complicité de Lucien qui deviendra membre de notre board ». Dans cette même note succincte, le fondateur éponyme se réjouit que la marque qu'il a créée il y a 25 ans « entre dans une phase nouvelle sous l’impulsion de Thierry Gillier et de pouvoir participer à l’écriture de ce chapitre ». Mais il n’est pas précisé si « le roi du cachemire », qui a notamment travaillé pour Thierry Mugler et Chanel avant de se lancer en solo, continuera d’y exercer un rôle créatif.
 
Dans le détail, ZV Holding a acquis la marque, détenue jusque-là par Lucien Pellat-Finet, ainsi que la licence de la distribution au Japon. Ce marché, où le label dénombre 10 points de vente, représente à lui seul entre 60 et 80 % de son chiffre d’affaires total. Pour la zone Japon, Lucien Pellat-Finet avait vendu la marque à Itochu en décembre 2017. Pour le reste, la griffe était commercialisée en France et aux Etats-Unis à travers des magasins multimarques et deux boutiques à Paris, qui ont été fermées.
 
En revanche, le communiqué ne donne aucune indication sur Rivoli Création, la société opérationnelle fondée par Lucien Pellat-Finet, qui gérait la marque, de la conception du produit à sa production et sa commercialisation. Il ne nous a pas été précisé si l’entreprise faisait partie du périmètre racheté. Cette dernière a vu son chiffre d’affaires passer de 3,47 millions d’euros en 2015 à 2,2 millions en 2017, tandis que le bilan pour 2018 était attendu en forte baisse. En 2017, elle enregistrait une perte nette de 490 000 d’euros et une perte d’exploitation de 1,18 million. En cessation de paiement, Rivoli Création, qui n’employait plus que cinq personnes, a été placée en redressement judiciaire en octobre 2018. Faute de repreneur, elle a été mise en liquidation.  
 
Pénalisée par une baisse des flux touristiques, sa principale clientèle, mais aussi par une concurrence accrue et par une mauvaise gestion, Lucien Pellat-Finet n’a pas su se renouveler, ni s’adapter à un marché en constante évolution. Pratiquement invisible sur les réseaux sociaux et sans e-commerce, la marque a perdu peu à peu de sa notoriété, surtout en France et aux Etats-Unis. Un grand travail de fond attend donc Thierry Gillier pour la relancer.

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