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8 mars 2021
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Thom Group et Renaissance Luxury dessinent ensemble la relance d’Agatha

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8 mars 2021

Redéfinir la plateforme de marque, (re)construire le réseau de distribution, se renforcer sur le Web et se développer à l’international en Europe et en Asie, voici les quatre axes prioritaires du plan de relance d’Agatha défini par ses nouveaux propriétaires: le spécialiste du redressement d’entreprises Renaissance Luxury (Les Georgettes, Altesse, Texier … ) et Thom Group qui gère les enseignes de bijouteries et les marques Histoire d'or, Marc Orian, Trésor ou encore Smizze.


Un bijou Agatha


Le 26 février dernier, ce duo a en effet repris à la barre du tribunal de commerce de Bobigny la marque/enseigne de bijoux fantaisie placée en redressement judiciaire le 5 novembre 2020. Leur offre conjointe portait sur la quarantaine de corners Agatha, environ 35 magasins, la logistique, la filiale espagnole et les droits de la marque. Renaissance Luxury et Thom Group reprennent également 170 des 370 salariés, et proposent un reclassement au sein des deux groupes à 56 personnes. Une offre par ailleurs contestée par le syndicat CFDT qui souligne dans un communiqué que celle de Rand Frères (Balaboosté…) tablait sur 267 salariés repris.

"Je comprends la détresse des salariés, mais nous ne voulions pas rentrer dans la course à l’échalote de la reprise d’emplois. Si nous avions repris davantage de salariés nous aurions creusé davantage les pertes de la société. Je pense que le tribunal a choisi notre offre pour sa pérennité", indique Eric Lefranc, président de Renaissance Luxury qui dirige désormais Agatha. Romain Peninque, le PDG du groupe Thom, devient de son côté le président du Conseil de surveillance d’Agatha.

Fondé par Michel Quiniou en 1974, et reprise en 2016 par son partenaire en Asie, le groupe hongkongais King Power, Agatha avait généré 60 millions d’euros de ventes annuelles en 2019, contre 72 millions en 2016. Un résultat plombé par une perte de plus de 11 millions d’euros. La société était donc déjà très fragile avant que le tourbillon Covid-19 ne survienne. En 2020, les ventes de la marque se seraient encore érodées de 40%.  

Pour lui redonner ses lettres de noblesse, ses nouveaux propriétaires souhaitent notamment mettre un peu de "made in France " dans la nouvelle composante. Pour cela ils souhaitent s’appuyer sur Fontaa, un atelier qui fabrique des bijoux pour des marques de prêt-à-porter situé à Aubervilliers où 17 personnes officient (19 avant la reprise) et qui fait partie des actifs repris. "Nous allons également relocaliser une partie de la production dans les ateliers Ardéchois d’Altesse où sont notamment fabriqués les bijoux Les Georgettes et nous recréerons des emplois industriels", explique Eric Lefranc qui précise que depuis son rachat par King Power, la production des bijoux Agatha a été rapatriée en Asie. Plus globalement c’est l’intégralité de la plateforme de marque d’Agatha qui va être revue, afin d’apporter plus de créativité et "d’audace car la marque c’était un peu perdue".

En France le réseau de distribution doit trouver son équilibre. À la quarantaine de corners et aux 35 magasins, devraient ainsi prochainement s’ajouter de 300 à 400 implantations chez les bijoutiers, où la marque Agatha n’était jusqu’alors presque pas présente. Le développement de l’activité e-commerce représente également un chantier important pour les repreneurs.
  
Agatha, qui réalise plus de la moitié de son chiffre d’affaires sur son marché domestique, va aussi se redéployer à l’international. Les marchés visés en priorité sont l’Italie et l’Allemagne où le groupe Thom est bien implanté avec ses enseignes Stroili, Franco Gioielli mais également Oro Vivo. L’Espagne est également un marché clef, comme le précise Eric Lefranc: "Nous avons repris la filiale espagnole qui compte 100 salariés et une cinquantaine de corners. C’est une entreprise bien dirigée en croissance et à l’équilibre". La filiale chinoise ne fait pas partie de la reprise, mais Thom et Renaissance Luxury, qui ont acquis les droits de la marque, souhaitent reprendre le contrôle de ce marché où Agatha compte 50 boutiques. Au Japon le développement devrait s’opérer avec un partenaire.

Eric Lefranc, qui concède que la tâche est d’ampleur, surtout en temps de crise sanitaire mondiale, se dit confiant et croit au potentiel d’Agatha. Et comme l’union fait la force, l’expertise en matière de retournement d’entreprise et de mode avec les Georgettes de Renaissance Luxury, et celle en matière de retail de Thom Group, devraient selon lui permettre à Agatha de briller à nouveau.
 

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