Thomas Beaumanoir : "Nous sommes volontairement discrets"

A l’occasion du premier job dating organisé par l’entreprise sur une plage de Saint-Malo, Thomas Beaumanoir, directeur général délégué de l’entreprise depuis 2018, a abordé avec FashionNetwork.com la mutation qu’a entrepris le groupe fondé par ses parents en 1985 et les défis qui l’attendent sur un marché de la mode moyen de gamme exigeant. Depuis le début d’année 2019, il a endossé les directions développement, aménagement/immobilier et relation affiliation du groupe propriétaire de Cache Cache, Bonobo, Bréal et Morgan (1 400 magasins).


Thomas Beaumanoir travaille dans l'entreprise familiale depuis 2014 et au poste de directeur général délégué depuis début 2018 - DR

FashionNetwork.com : Cette journée de job dating à Saint-Malo est l’occasion de recruter, mais aussi de faire connaître davantage le groupe en tant que tel ?

Thomas Beaumanoir : Nous sommes volontairement discrets. Nous préférons mettre en avant les marques, mais nous avons aussi besoin de nouveaux talents, surtout sur les nouveaux métiers (digital, création…). L’événement permet de recevoir des candidats de façon moins formelle et permet à nos équipes de sortir aussi du cadre.

FNW : Comment s’est comporté le groupe en 2018 ?

TB : C’était une année forcément décevante, dans le contexte d’un marché de la mode structurellement baissier, et une consommation notamment impactée par des aléas climatiques. Le chiffre d’affaires global est de 1,3 milliard d’euros, en légère baisse par rapport à l’année précédente. Nous avons fait des erreurs et nous en ferons toujours… Mais nous avons travaillé dur pour pouvoir remettre l’entreprise sur de bons rails et les résultats de cette refonte ne sont pas encore visibles. Nous sommes prudents, mais confiants.

FNW : Quels chantiers ont été entrepris ?

TB : De gros investissements ont été consentis pour remettre à niveau la partie data et digital. Et depuis un an et demi, chacune de nos marques a fait naître un nouveau site web et un nouveau concept de magasin qui permettra de nombreuses rénovations. Le but est de se recentrer et de développer l’existant. En revanche, la nouveauté, c’est la mise en ligne il y a quelques jours de l’e-shop de Vib’s, notre multistore (abritant dans un même magasin les collections de Cache Cache, Bonobo et Bréal, ndlr).

FNW : Est-ce que Vib’s apparaît comme le format dynamique de la société ?

TB :
C’est aujourd’hui un des piliers du groupe, mais sans les marques qu’il commercialise, il n’aurait pas de puissance. Il existe aujourd’hui 185 magasins Vib’s et une vingtaine d’ouvertures est prévue cette année. L’objectif est de se focaliser sur le marché français, sans s’éparpiller, et d’apporter la meilleure offre au client. Dans cette optique, nous avons implanté depuis un mois des chaussures de l’enseigne Eram dans trois points de vente et les premiers retours sont très encourageants.

FNW : Pourquoi avoir décidé de stopper la marque Scottage en fin d’année dernière ?

TB : Cette douloureuse décision a été prise après avoir essayé pendant plusieurs années de redresser la marque, en y investissant plus de 30 millions d’euros. Malheureusement, nous n’avons pas réussi. L’option de la revente à un repreneur externe n’a pas abouti, nous avons préféré gérer nous-mêmes la fin de la marque en traitant au mieux nos équipes.

FNW : Plusieurs dirigeants de marques ont aussi quitté le groupe ces derniers mois : l’idée est de mettre en place une nouvelle organisation ?

TB : Il est normal de connaître des mouvements dans un milieu chahuté. Il y a aujourd’hui moins de directeurs généraux dans le groupe, mais il y a derrière un pilotage opéré par des personnes solides, avec des relations plus fluides. Nous avons surtout resserré les équipes.

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