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Tod's : Walter Chiapponi signe une première collection opulente

Auteur :
Traduit par
Paul Kaplan
Publié le
21 févr. 2020
Temps de lecture
3 minutes
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La mode, férue de nouveauté, raffole des premières collections. Et celle de Tod's, présentée vendredi à Milan par son nouveau directeur artistique, Walter Chiapponi, avait de quoi satisfaire ces appétits.


Collection automne-hiver 2020/21 - Instagram @tods


Avec calme et une pointe de nonchalance aristocratique, le nouveau directeur créatif de la marque, Walter Chiapponi, a présenté sa première collection de prêt-à-porter féminin pour Tod's. Dès qu'on a vu le premier mannequin — Mariacarla Boscono — apparaître sur le podium, le verdict était sans appel : Walter a réussi son pari.

Les stylistes précédents avaient tendance à proposer des vêtements trop rigides ou trop moulants, étouffés par des modèles en cuir trop travaillés. Pas Walter Chiapponi, qui s'est concentré sur une sélection très plausible de pièces lisibles et réalistes.

La première silhouette exprimait clairement ses intentions : une dame élégante aux cheveux un peu ébouriffés, qui semblait avoir rampé hors du lit et enfilé à la va-vite les plus belles pièces de la garde-robe de son père — une blouse d'artiste bleue sous un blazer beige on ne peut plus classique, porté avec un pantalon en velours côtelé bleu Pacifique, volontairement trop long. À ses pieds, pas les mocassins de Tod's mais des baskets blanches style Stan Smith. 

À vrai dire, la plupart des pantalons étaient trop longs de quelques centimètres, ce qui s'ajoutait à ce sentiment d'insouciance généralisée et souvent portés avec des pardessus en drap de laine — d'allure plutôt masculine eux aussi. Comme s'ils avaient été piochés dans la garde-robe du père, voire du grand-père des mannequins, à l'instar du merveilleux manteau matelassé de Kaia Gerber, cintré à la taille à l'aide d'une ceinture blanche. 


Tod's - Automne-Hiver 2020/21 - Instagram @tods


Walter Chiapponi est un tailleur né. Son sens des proportions lui permet de créer des silhouettes particulièrement flatteuses : lorsqu'il joue avec les proportions, tout fonctionne. Comme cette sublime robe-tablier en cuir bleu ciel, portée avec une veste d'aviateur en nylon foncé surdimensionnée aux manches bouffantes. 

On avait parfois l'impression de voir une intellectuelle anglo-saxonne en vadrouille en Toscane, vêtue d'impeccables tailleurs en tweed moucheté ou de combinaisons à carreaux : quand Savile Row déménage sur les rives de l'Arno. D'ailleurs, le seul mannequin masculin du défilé était anglais — un compatriote de la très décontractée Katie Grand, dont la nonchalance correspondait tout à fait à l'esprit du défilé.

"Je voulais créer une garde-robe complète, avec des pièces de tous les jours — trench-coats, cabans et vestes de motard. Je n'aime pas quand les pièces sont trop travaillées. Une allure aristocratique, mais avec une touche d'originalité", explique le créateur.

Cette ambiance feutrée était appuyée par le décor du défilé — de longues rangées de bancs en velours et un podium recouvert de tapis. Le logo était lui-même revisité dans une grande alcôve, avec un énorme T doré rétro-éclairé placé sur un mur de velours rouge.

La dernière tenue de Walter Chiapponi mettait le cuir à l'honneur — notamment un manteau en patchwork porté par Mariacarla Boscono, fabriqué à partir de chutes de cuir provenant de l'usine de chaussures de la marque. Un clin d'œil à la mode durable, et une façon soignée de terminer une première collection très réussie. Walter Chiapponi n'a pas fini de faire parler de lui.

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