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Traduit par
Clémentine Martin
Publié le
17 sept. 2020
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Tom Ford électrise la Fashion Week de New York avec une collection très seventies

Traduit par
Clémentine Martin
Publié le
17 sept. 2020

Tom Ford a clôturé avec brio une Fashion Week de New York obsédée par le voyage et l’optimisme, après une période de remise en question des designers peinant à trouver leur place dans le contexte actuel de pandémie. Le défilé du créateur a eu lieu mercredi soir, sous forme d’une ode à l’exubérance des années 70 et d’une nouvelle vision du "Flower Power".


Collection printemps/été 2021 de Tom Ford - Tom Ford


Dans son programme, Tom Ford a reconnu que pendant le confinement, "l’idée même de créer une collection paraissait frivole, quand tant d’événements importants et bouleversants étaient en train d’arriver dans le monde entier. Nos boutiques étaient toutes fermées et la mode elle-même paraissait une extravagance. Il était difficile de se concentrer, de réfléchir et d’être inspiré."

Tom Ford porte un regard nostalgique sur l’âge d’or qui s’est étendu entre la révolution sexuelle dans les années 1960 et le début l’épidémie de SIDA dans les années 1980. "La vie paraissait plus insouciante", soupire le créateur, qui n’hésite pas à évoquer des mannequins emblématiques comme Donna Jordon et Pat Cleveland, qu’il a d’ailleurs photographiée. "Son énergie m’a réellement transporté. Nous avons terminé le shooting à environ 2 heures du matin et j’ai mis des heures à me calmer suffisamment pour arriver à m’endormir. J’avais l’impression d’avoir pris de la cocaïne toute la nuit alors que cela faisait des années que je ne touchais plus à rien. Pat est une source d’inspiration. Son énergie est une source d’inspiration. Elle est joyeuse et inspirante."

La collection en elle-même met l’accent sur des fleurs aux couleurs saturées et largement retouchées, qui s’apposent sur des chemisiers en soie, des chemises et des pantalons. Les motifs zèbre lumineux sont omniprésents, et les tops à imprimé léopard semblent spécialement pensés pour des soirées endiablées. Du côté des couleurs unies, on trouve un violet pourpre, un bleu électrique et des roses éclatants. Détournant le glamour opulent des illustrations d’Antonio Lopez et leur florilège de demoiselles américaines sexy, le look book de Tom Ford présente des mannequins déchaînées, aux immenses sourires et au maquillage coloré.


Collection printemps/été 2021 de Tom Ford - Tom Ford


Ce printemps, alors que ses installations en Italie et à Los Angeles affichaient porte close, Tom Ford a longuement arpenté les rues de Los Angeles, vêtu d’un jean sale et d’une chemise en jean.

"Je pense que nous avons tous ressenti un mal-être global [financier et psychologique] de plus en plus oppressant. J’ai même pensé à abandonner l’idée de faire une collection cette saison… J’avais sincèrement la sensation que la mode devait hiberner pendant un an", relate le designer texan. Ce qui l’a finalement fait changer d’idée, c’est la reprise de dîners en petit comité, avec deux amis proches à la fois, dans un respect strict des règles de distanciation sociale et à l’extérieur de sa maison. Il a découvert à sa grande stupeur que ses invités masculins faisaient l’effort de "laver leurs cheveux", et que les femmes prenaient la peine d’être élégantes. En réponse, Tom Ford a créé plusieurs caftans dans des couleurs volcaniques pour le soir. Pour les déjeuners au bord des piscines californiennes, il a imaginé d’immenses modèles portefeuilles à motif tie & dye qui n’auraient sans doute pas déplu à Janis Joplin.

Les collections homme et femme gardent une grande similarité, avec le même mélange d’imprimés félins et de motifs à fleurs. Une série de costumes Disco Dragon et des gilets en cuir bordeaux et bleu viennent s’ajouter à la ligne homme.

Malgré le contexte, il s’agit de l’une des collections les plus assurées et séduisantes de Tom Ford depuis le lancement de sa propre maison en 2006. Malgré tout, alors que la pandémie fait encore rage, la mode ne paraît pas avoir grande importance. Mais dans l’espoir de jours meilleurs et dans un hypothétique monde où l’avenir existerait à nouveau, on pourrait sans doute apprécier ces vêtements à leur juste valeur.

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