×
5 962
Fashion Jobs
Publicités
Publié le
3 févr. 2022
Temps de lecture
4 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Traçabilité: marques et enseignes mises au défi de la concertation

Publié le
3 févr. 2022

Après un premier "Cahier de la mode durable" dédié à la production agile, l'Alliance du Commerce et le cabinet Deloitte publient un second Cahier cette fois dédié à la traçabilité des chaînes d'approvisionnement pour l'industrie de la mode. Un document qui propose une vision d'ensemble des étapes à observer, des différents outils disponibles, ainsi que des retours d'expériences d'acteurs comme le groupe Etam, Okaïdi, Ba&sh ou Carrefour.


Shutterstock



"C'est l'enjeu de l'année", indique à FashionNetwork.com Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance (grands magasins et enseignes d'habillement-chaussures), évoquant les attentes entourant le fameux article 13 de la loi AGEC. "La dernière version du décret d'application, actuellement à l'étude, semble indiquer qu'il faudra informer sur l'ensemble des étapes de production. Nous avons donc donné l'alerte, car cela ne sera pas simple pour une industrie comme la nôtre, complexe et mondialement morcelée".

De fait, ce second Cahier fait de la traçabilité un "socle" préalable incontournable à toutes démarches ultérieures d'améliorations. Et ceci des mises en conformité jusqu'aux démarches d'approvisionnement responsables, en passant par la transparence sur l'origine des matières et la possibilité d'optimisation opérationnelle et de qualité. Sans oublier la traçabilité en aval, qui ouvre des perspectives pour la seconde main et le recyclage. "Beaucoup de marques se lancent dans sur ces questions car c'est devenu un enjeu à court terme".

Le Cahier liste trois défis particuliers qui s'imposent aux entreprises dans la constitution d'une traçabilité. A commencer par la détermination d'une approche, qu'elle relève d'une méthode ascendante (remonter la chaine d'approvisionnement) ou descendante (collecter depuis la première étape). "Cette seconde méthode s'adresse davantage aux marques qui ont déjà une bonne connaissance de leur supply chain", nous explique Chloé Lamberger, manager sustainability de Deloitte France, qui pointe une autre étape: l'identification des leviers d'incitation des fournisseurs, pour les pousser à s'engager dans la traçabilité.

"Les retours que nous avons eus, c'est que le préalable central est de convaincre ces fournisseurs pour qu'ils participent à ces démarches de traçabilité", indique la spécialiste. "Il faut notamment leur démontrer ce que cela va leur apporter à eux, vis-à-vis de leurs donneurs d'ordres. Sans cette coopération, la traçabilité est rendue quasi-impossible".

"Concertation et collaboration"



Le troisième défi identifié est la mutualisation des démarches entre acteurs, avec en cœur l'harmonisation des pratiques et standards. Un défi, après des années à voir enseignes et marques faire cavalier seul. "Concertation et collaboration seront les clefs des constructions à venir" pour Ywan Penvern, associé Deloitte Sustainability. "On ne peut pas gérer ce sujet seul, sur le seul périmètre de son entreprise", indique le responsable, qui estime que la filière va vivre une phase de décantation, dont vont émerger des outils et méthodes concertés sur les questions de durabilité.

En attendant, le Cahier propose une liste des étapes à intégrer dans une démarche de traçabilité, de la définition des objectifs à l'identification des actifs, de la réalisation d'état des lieux à l'établissement d'une priorisation. Pour Chloé Lamberger, ces éléments dépendent surtout des objectifs identifiés par les marques: transparence auprès du consommateur, preuve d'allégations durables, recherche d'aspects opérationnels à parfaire… "Et, dans un second temps, il va s'agir d'identifier les actifs que l'on souhaite tracer et remonter", indique l'analyste.


Shutterstock



Le document réalisé par l'Alliance et Deloitte se fend pour y parvenir d'un résumé des différentes typologies de solutions existantes à l'heure actuelle. Sont ainsi évoquées des solutions "papiers", comme les labels et certifications. De même que des outils digitaux comme la plateforme de traçabilité, qu'elles soient descendantes ou ascendantes. En passant par des dispositifs physiques, allant des puce RFID (identification par radio fréquence), marquage au laser, ou même biomarqueurs.

"Toutes les grosses enseignes ont désormais des responsables RSE, mais il faut qu'ils soient soutenus par la direction, par une volonté de transformer l'approche", insiste Yohann Petiot, qui pointe que la situation économique des entreprises peut parfois ralentir les efforts entrepris. "D'où l'importance d'établir des standards, avec des dispositifs répondant aux besoins et en contraintes de coûts aussi bien des grandes entreprises que des PME". Une mutualisation également jugée essentielle par Chloé Lamberger. Elle pointe que le coût des démarches de traçabilité varie énormément selon les périmètres et objectifs fixés par marques et enseignes.

Ce second Cahier de la Mode Durable est mis à disposition des professionnels à compter du 3 février, sur les sites respectifs de l'Alliance du Commerce et de Deloitte France. 

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2022 FashionNetwork.com