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Tunisie: vers une hausse des coûts de production ?

Publié le
today 14 juin 2011
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Ben Yahia Dalila, directrice générale du textile et de l’habillement auprès du Ministère de l’industrie et des technologies
Quelle économie après Ben Ali ? C’est en substance la question qui a taraudé les entrepreneurs euro-méditerranéens avec l’émergence de la démocratie en Tunisie. Car avec à présent quelque 80 partis politiques et nombre de revendications sociales et salariales, certains ont eu tôt fait de prophétiser une hausse des coûts de production. Mais, pour Ben Yahia Dalila, directrice générale du textile et de l’habillement au ministère de l’industrie et des Technologies, un tsunami salarial n'est pas d'actualité.

"Des négociations sont toujours en cours entre la fédération tunisienne du textile (Fenatex) et l’Union des Travailleurs Tunisiens (UIT)", explique celle-ci. "Certains ont en plus négocié des majorations de 5%, par avance sur ces futures hausses, ce qui devrait être officialisé en juillet. Mais il n’y a pas eu d’augmentations soudaines des salaires, celles-ci restant au final similaires à celles de l’an passé".

Des paroles rassurantes qui n’ont cependant pas empêché une raréfaction des investissements étrangers directs en Tunisie depuis janvier, les technologies d’information et de communication faisant exception. Le code d’incitation aux investissements, dont profite 1 100 sociétés, s'est en effet en partie heurté aux craintes de hausses d’impôts. "Si un nouvel impôt était effectivement mis en place, ce serait d’une manière plutôt symbolique", tempère cependant Ben Yahia Dalila, qui rappelle que le pays est revenu à des progressions des exportations à deux chiffres depuis la Révolution du Jasmin.

Une chance pour les professionnels du textile-habillement, qui pèsent 5% du PIB national, et se sont réunis la semaine dernière sur le salon Texmed. Fort de 2 100 entreprises, le secteur a au final été largement épargné par la transition. "On a dénombré 65 entreprises endommagées, touchée par des difficultés bancaires, ou par des problèmes sociaux", résume Ben Yahia Dalila. "A ce jour, seules 14 entreprises sont encore à l’arrêt". Avec 44% des emplois industriels du pays, le textile emploie à ce jour environ 200 000 travailleurs tunisiens. Un argument de poids pour son développement dans un pays où 29,8% des 18-24 ans sont au chômage.

Alors que le sud du pays doit encore jouer avec le conflit libyen, la Tunisie entend au final assurer sa place dans l’espace Euromed, profitant d’une production chinoise revenant vers son marché intérieur, et surveillant le développement de la concurrence turque. "Nous avons un accord de libre-échange avec la Turquie", rappelle Ben Yahia Dalila. "Mais nous aimerions pouvoir profiter du même statut qu’elle auprès de l’U.E., avec exonération de majorations à l’entrée dans l’Union". Une évolution loin d’être d’actualité, bien que les Turcs aient eux-mêmes reconnu le potentiel tunisien via une récente série d’investissements dans le pays.

"Je crois en notre place de leader de la plateforme Euromed. Mais il faut pour cela mettre de nouveaux rouages en place", résume la directrice générale du textile et de l’habillement tunisien. "Il est évident que démocratie ne rime pas forcément avec croissance économique. Tout va dépendre de la manière de faire, et nous comptons prendre le temps de bien faire".

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