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Un défilé masculin Dior sensationnel : Blame it on Judy Blame !

Traduit par
Marguerite Capelle
Publié le
today 18 janv. 2020
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​Kim Jones a cherché l’inspiration de cette nouvelle collection Dior homme dans sa jeunesse londonienne, rendant un formidable hommage au fameux et regretté Judy Blame. Le résultat était un défilé féérique, qui tapait dans le mille aussi bien en termes d’allure que de coupes, de silhouette ou de style.


Dior Men - Automne-hiver 2020 - Prêt-à-porter masculin - Paris - © PixelFormula

 
Faisant preuve d’une assurance remarquable, Kim Jones a distillé les attributs phares de Judy Blame, le plus célèbre de tous les stylistes punk du Royaume-Uni, et ce littéralement dans chaque look. Il s’est attiré un tonnerre d’applaudissements, de hourras et de trépignements de pieds quand il est venu saluer sous le chapiteau Dior géant gris-colombe installé sur la place de la Concorde. Au premier rang se trouvaient entre autres Robert Pattinson, Cara Delevingne, Victoria, David et Brooklyn Beckham, et son patron l’homme d’affaires Bernard Arnault, qui pèse pas moins de 100 milliards d’euros.

Judy Blame était connu pour intégrer les détritus de la jungle urbaine dans son imagerie fashion, et ce défilé jouait avec beaucoup d’imagination avec ces idées. Comme cette ceinture ruchée emblématique et ces revers pendants, que Kim a travaillée à la perfection dans des manteaux en cachemire super distingués. Ou encore le penchant de Blame pour les médaillons farfelus : capsules de bière, décapsuleurs, badges en perle ou épingles à nourrice … remplacées chez Dior par de superbes médailles à pics créés par une membre de la clique de Kim Jones, la star de la joaillerie Yon Ahn, ainsi que des pièces représentant Judy en monarque où encore les perles fétiches du styliste.

Mais malgré cette inspiration punk, les vêtements présentés dégageaient une majesté certaine. Des smokings au tombé divin à cols contrastants, des blousons de cuir à la coupe chirurgicale aussi moulants que des gants ou encore le magnifique manteau de soirée inaugural en soie moirée, terminé par une grosse rose en tissu.

Toute l’équipe Dior était en grande forme et inspiration, et notamment le chapelier Stephen Jones, qui a composé une merveilleuse série de casquettes à la Andy Capp et de bérets ornés de bords zippés, de pièce Judy, de badges Pearly King et même de la fameuse forme de flèche que Judy donnait à la crête qu’il portait sur le crâne.

La collaboration de Judy Blame avec l’ancienne maison de Kim Jones, Louis Vuitton, avait donné naissance à un sac en denim usé orné de babioles LV argent et or, aujourd’hui une pièce collector. Ce vendredi chez Dior, on découvrait cette fois un imprimé danseuse Toile de Judy, ainsi qu’un collage de coupures de presse composé des communiqués d’origine de Monsieur et d’éléments tirés des carnets de croquis de Judy, en partenariat avec la Judy Blame Foundation.


Dior Men -Automne-hiver 2020 - Prêt-à-porter masculin - - Paris - © PixelFormula


Kim Jones a aussi imaginé des chemises à imprimé tête et des gants d’opéra à motif oblique, portés avec des manteaux en cachemire très gentleman, et complétés par des badges recouverts de tissus, exactement comme la veste Bar. Un instant tout à fait Christian Blame.

Sortie tardive en club croisée avec le luxe le plus extravagant, pour ce splendide blazer en laine de vigogne brossée, prélevée sur le ventre de vigognes qui vivent littéralement sur les rives du lac Titicaca. Ou encore ce trench en vison, rasé de façon remarquable pour produire un effet trompe-l’œil.

Le PDG de Dior, Pietro Beccari, connaissait l’amitié qui unissait Kim Jones à Judy Blame, et a encouragé le créateur à se lancer dans cette aventure si personnelle. « Quand Judy nous a quitté, Pietro m’a envoyé un texto de condoléances, pour la perte de mon ami. Et plus tard, il a dit : "Pourquoi tu ne ferais pas quelque chose, quand tout le monde sera prêt ? Et je pense que nous le sommes à présent", » expliquait Kim Jones.

Jones a rencontré Blame pour la première fois « tout jeune, au Fridge à Brixton », alors qu’il avait dix-huit ans. « Il était assez terrifiant ! Mais j’ai rassemblé mon courage pour aller lui parler, et voilà ! »

Le créateur de Dior a atteint des sommets avec un manteau d’opéra éclaboussé d’une pluie de trois types de strass et paillettes différents pour mieux renvoyer la lumière, un look qui faisait référence à une idée de Marc Bohan en 1969. Le nec plus ultra de la couture masculine, il a fallu 964 heures pour les broder à la main.


Dior Men - Automne-hiver 2020 - Prêt-à-porter masculin -- Paris - © PixelFormula


Kim Jones est maintenant tellement à l’aise dans son poste qu’il a même montré aux rédacteurs une image de Judy en 1991, en train de travailler avec John Galliano, l’ancien créateur des collections féminines Dior, dont la carrière est partie en vrille après un incident marqué par l’alcool en 2011.
 
"Voilà Judy en train de faire du stylisme pour Galliano, avec un de ses looks à imprimé journaux, et un mot de Galliano soulignant à quel point il adore. Car vous savez, ils étaient très bons amis". C’est donc encore un lien avec cette maison, soulignait Kim Jones.

Après le défilé, une euphorie particulière régnait parmi l’équipe de création, les dizaines de maquilleurs et de tops, le genre d’ambiance qu’on n’obtient qu’à l’issue d’un super défilé. Et c’était incontestablement un énorme triomphe.

En un mot, pour ce qui est de la mode masculine au niveau international, Kim Jones est désormais le boss. Judy aurait été très fier.

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