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14 avr. 2015
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Un plan de restructuration plane sur la tête des salariés de Dim

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AFP
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14 avr. 2015

Les salariés de Dim ont vite déchanté : sept mois après leur rachat par le groupe textile américain HanesBrands (HBI), un plan social leur sera annoncé mercredi, qui pourrait affecter le berceau du groupe à Autun (Saône-et-Loire).

Campagne Dim

L'ampleur de la restructuration concoctée par le nouveau propriétaire du groupe de sous-vêtements DBApparel (Dim, Playtex, Wonderbra, etc.), dont les premières lignes pourraient être dévoilées dès ce mardi, n'est pas encore connue. Mais l'annonce d'un plan ne fait plus aucun doute.

L'ordre du jour du comité central d'entreprise (CCE) de la marque de célèbres collants, symboles du made in France, prévoit en effet la « présentation préliminaire du projet de restructuration de la société DIM SAS », selon Frédéric Besacier, délégué syndical central CFE-CGC au sein de Dim, qui emploie 1.500 personnes en France.

« On nous remettra les documents livre I et livre II » détaillant respectivement les suppressions envisagées et mesures d'accompagnement, ainsi que les raisons économiques du plan, poursuit le délégué.

Prévue mercredi à 10h30 au siège du groupe à Rueil-Malmaison, près de Paris, la réunion du CCE sera suivie d'un CE sur le site d'Autun jeudi.

Aujourd'hui « on déchante, on ne s'attendait pas à ce que ces gens-là détruisent au bout de quelques mois les produits Dim », dit le délégué.

En septembre 2014, la maison mère DBApparel a été cédée à HBI pour 400 millions d'euros par le fonds d'investissement américain Sun Capital Partners, qui en était propriétaire depuis 2006.

L'opération avait rassuré les syndicats car « sous l'ère de Sun Capital, on a perdu 25 % de l'emploi, on avait été essorés, Sun ne s'intéressait qu'à notre compte de résultats pour nous revendre un jour, alors on trouvait plutôt pas mal d'être rachetés par un groupe industriel », témoigne Frédéric Besacier. Mais « on va voir quelle est leur décision officielle et comment ils la justifient. Pour l'heure, c'est une annonce dans les journaux, on parle dans le vide, nous n'avons aucun chiffre », temporise le délégué.

Il y a une semaine, le quotidien Le Parisien affirmait qu'HanesBrands avait l'intention de supprimer 400 emplois « dans toutes les implantations en France du groupe Hanes », dont « 160 au minimum »chez Dim à Autun, où travaillent actuellement 850 salariés. Le journal évoquait départs volontaires et préretraites.

Sollicitée, la direction n'a pas souhaité faire de commentaire. Elle explique qu'elle informera en premier lieu les représentants des personnels, cette semaine, du « plan d'intégration de DBApparel au sein de HBI » et de ses « impacts ».

Ce plan doit être « la première étape d'une stratégie de croissance » pour le groupe, qui navigue dans un « contexte économique particulièrement difficile, aggravé par la forte chute de l'euro face au dollar », ajoute-t-elle néanmoins. Une première communication sera faite ce mardi aux représentants du comité d'entreprise européen.

« On nous dit que les ventes de collants vont mal car il n'a pas fait très froid cet hiver, que la parité euro-dollar nous coûte. Quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage », rétorque Frédéric Besacier. « Dim est une entreprise qui fonctionne bien, une bonne marque, on du mal à avaler qu'on soit encore obligé de licencier du monde », dit-il. « Si l'entreprise avait été en difficulté, Sun Capital ne l'aurait pas vendue ce prix », ajoute-t-il.

Selon lui, les salariés français de DIM pourraient n'être pas les seuls à trinquer. Au sein de la maison-mère, DBApparel, d'autres entités ou sites pourraient l'être car « s'ils ont convoqué le comité d'entreprise européen, on peut s'attendre à ce qu'il y ait des problèmes sur au moins deux pays », explique le délégué en rappelant que le groupe est implanté en Espagne, Italie, Allemagne, Angleterre et a des ateliers en Slovaquie et en Roumanie.

DBApparel emploie 7.500 personnes dans 20 pays, dont 5.000 en Europe. Il compte sept usines, dont la plus importante à Autun. Fondée en 1956, l'usine berceau de la petite société de bonneterie lancée par Bernard Bilbertstein en 1953 comptait encore plus d'un millier de salariés il y a dix ans. Plusieurs ateliers y ont été fermés.

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