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21 mars 2007
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Une 1ère semaine de la mode portugaise placée sous le signe de l'éclectisme

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21 mars 2007

Le 20e Portugal Fashion qui s’est tenu du 2 au 5 mars derniers au CACE (Centre d’Appui à la Création d’Entreprises) culturel de Porto a inauguré la première semaine de la mode portugaise. Ce ne sont pas moins de quarante collections de prêt-à-porter, de la création à l’industrie, mais aussi de la chaussure qui ont été accueillies lors de l’événement.


Création Barbara Silva

Pour Armindo Monteiro, président de l’ANJE (Association Nationale des Jeunes Entrepreneurs), organisateur de Portugal Fashion : ce « projet […] traduit une évolution qualitative dans la promotion, nationale et internationale, de la mode portugaise ».

Une fashion week primordiale pour le Portugal comme l’explique Armindo Monteiro : « Pour revaloriser la production (nationale) face à la déferlante chinoise de produits textiles, nous devons miser sur des marques propres. Pour tenir ce défi, nous proposons des partenariats entre créateurs et industriels portugais et une médiatisation de cette création commune grâce à des défilés ».

Deux défilés collectifs consacrés à des talents émergeant de la mode nationale ont été ainsi organisés. Parmi eux, Barbara Silva a présenté une collection très architecturée aux coupes rigoureuses parée ça et là d’une ornementation baroque. Une croix orne un plastron à l’inspiration origami. Un origami largement réinterprété sur l’ensemble de son vestiaire.


Création Barbara Silva

La jeune créatrice étudie religieusement le vêtement : soutane, capuchon mais aussi crucifix et couronnes d’épine origami ponctuent le défilé. Des boléros et des cols exagérés se portent avec des pantalons cigarette. La silhouette massivement vêtue de blanc, de noir et de dégradés de gris s’auréole d’une chemise de soie sauvage ou d’un plastron rouge sang et de touches bleu turquoise.

Accompagnée d’Elisabeth Teixeira, Ivo Calado, Pedro Pinto et Sonia Pratas, Barbara Silva est soutenue dans sa démarche par le programme Alliance qui permet de marier les convulsions créatives de ses jeunes talents aux impératifs économiques du marché. Des impératifs qu’ont justement illustré les deux autres défilés collectifs de cette semaine de la mode dédiés aux chaussures et à l’industrie. On a pu entre autre y découvrir la prochaine collection d’Aerosoles et de Coxx ou encore de Fly London ou de Men’s Devotion.


Création Julio Torcado

Et l’homme n’est pas oublié pour autant à Porto : tantôt emprunt d’une sensualité quasi androgyne et d’une sophistication très urbaine chez Julio Torcato, tantôt chic mais faussement sage chez Fatima Lopes qui propose aux messieurs des costumes aux carreaux évidés ou aux rayures discrètes accompagnés de longs pulls tuniques. Le jodhpur trouve sa place dans cette collection où kaki et teintes rouillées dopent des pulls au cols V.

La styliste offre à la femme des tenues aux gammes de couleurs souvent cuivrées ou métallisées et dessine des silhouettes tantôt sexy en diable, dont les imposantes robes de soirée font s’entrechoquer à grand renfort de drapés et de broderies soies et lamés, tantôt structurées puisque laines et cachemires habillent chaudement chacune sans en oublier l’indispensable féminité.


Création Fatima Lopez

L'inspiration est équestre chez Felipe Oliveira Baptista qui a présenté quelques unes des tenues de sa collection automne-hiver 2007/2008. C’est donc un échantillon de sa collection intitulée "Pop up Horses" présentée pour la première fois à Paris lors de la semaine de la couture en janvier dernier qu’il propose à Porto. Très inspiré par le travail de la sculptrice belge Berlinda de Bruyckere, le créateur de mode a coiffé des silhouettes noires et blanches d'étonnants chapeaux en forme de tête de cheval.

Il puise l’identité de son vestiaire des « tentes de camping, des peintures et des costumes d’enfants hollandais du XVIIe siècle, de l’œuvre du photographe espagnol Ortiz Echagüe, des éléments de la couture traditionnelle portugaise et du livre "Nuits Blanches" d’Helmut Newton », affirme-t-il.


Felipe Oliveira Baptista

De courtes robes corolles s'auréolent de cerceaux qui dansent loin des corps et imposent de volumineuses rondeurs en fourrure rase. Lorsque les pantalons sont près du corps, ils s'accompagnent de redingotes ou de vestes à queue de pie. Entre la bichromie du noir et du blanc, on distingue un camaïeu de gris et quelques rares touches argentées. Et les chaussures hautes et compensées se recouvrent d'une mini crinière de cheval.

C’est avec les créations de Luis Buchinho pour Jotex que s’achève le 20e Portugal Fashion le 5 mars dernier. Le leitmotiv de la collection ? La robe, grande oubliée de la maille, ici plus que jamais mise en avant. Tricots de dentelles ajourées, nervures asymétriques, bandes et rayures graphiques aux couleurs hivernales parfois parcourues de lurex offrent une seconde peau à une femme en quête d’un style élégant prête à affronter les bourrasques de l’hiver.


Création Luis Buchinho

« Contrairement à Paris, le Portugal n’est pas l’habitat naturel de la mode. Plus que jamais, il faut donc séduire », a déclaré Armindo Monteiro pendant cette semaine de la mode, un événement résolument placé sous le signe de l’éclectisme pour « montrer que la mode portugaise existe sur l’échelle internationale et que le Portugal peut incarner un centre exportateur de créateur et de design », conclut-il.

Présent à l’inauguration du Brand^Up et du Modtissimo, showrooms commerciaux intégrés à la semaine de la mode, le ministre Manuel Pinho, en compagnie de ses collaborateurs du Ministère, a affirmé que « la Fashion week2 Porto+Lisbonne ne doit pas seulement continuer, mais doit être renforcée. »

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