×
Par
AFP
Publié le
27 févr. 2014
Temps de lecture
3 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Une histoire de la photo de mode à travers Vogue, au Palais Galliera

Par
AFP
Publié le
27 févr. 2014

PARIS, 27 fév 2014 (AFP) - Le baron de Meyer fut le premier engagé en 1914, ensuite il y a eu Edward Steichen, Helmut Newton, Guy Bourdin, Peter Lindbergh etc. Vogue a fait travailler quelques uns des plus grands photographes de mode, auxquels le Palais Galliera consacre une exposition à partir de samedi.

(photo: Edward Steichen, Vogue US, 1923, Condé Nast)


Fantasmer le corps féminin pour faire rêver les lectrices. Le groupe Condé Nast, éditeur de Vogue, Vanity Fair, Glamour et W, a très tôt compris l'importance des photographes de mode. "Dès le début, ils avaient carte blanche et des moyens importants: ils avaient un studio, une équipe, une liberté créative. Cela a donné le meilleur", explique Sylvie Lécallier, commissaire de l'exposition.

Le Palais Galliera, musée de la mode de la ville de Paris, présente 150 tirages, réalisés par 80 photographes, dans cette exposition baptisée "Papier glacé. Un siècle de photographie de mode chez Condé Nast".

"Tous ont contribué à façonner, au fil des pages, l'histoire de la photographie au-delà de l'identité du groupe", note Sylvie Lécallier. On parle de "l'écurie Condé Nast". Les photographes ont en effet été très fidèles au groupe: Irving Penn y a passé 60 ans, Helmut Newton, 40 ans, Guy Bourdin plus de 30 ans. La plupart des images montrées au Palais Galliera ont été publiées dans les éditions américaine, française, italienne ou britannique du Vogue.

Des photos qui ont choqué

L'exposition démarre avec une photo de 1919, du baron de Meyer. Un mannequin prend la pose: elle est figée, maniérée. Du cliché se dégage une ambiance luxueuse. "Les lectrices, qui étaient pour beaucoup des clientes de la haute couture, voulaient voir des femmes élégantes, dans des intérieurs luxueux, comme le reflet de leur propre vie", explique Sylvie Lécallier. Après la seconde guerre mondiale, la société change, tout comme les photographes de mode, qui viennent, à l'instar de William Klein, du reportage. Il y a davantage d'instantanéité dans les photos, qui sont plus souvent prises en extérieur. "Les femmes sont mises en situation, montrant que tout en étant actives, elles restent élégantes", souligne la commissaire.

Plusieurs photographies ont quitté les pages des magazines et sont devenues mythiques. Certaines ont choqué. Jugé trop impudique, le cliché de Deborah Turbeville publié en 1975 dans le Vogue américain, montrant des femmes lascives dans un bain douche, avait entraîné des désabonnements. De même, en 1993, la série de Corinne Day sur Kate Moss en petite tenue avait provoqué une polémique.

Entre publicité et art, la photographie de mode a aujourd'hui sa place dans les musées. "J'ai toujours pensé que nous vendions du rêve, pas des vêtements", disait d'ailleurs Irving Penn. L'exposition, qui a déjà été présentée à Berlin, Edimburg et Milan, fermera ses portes le 25 mai, avant de partir pour Zurich, puis les États-Unis et le Japon.


Par Caroline TAIX

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2022 Agence France-Presse
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. L'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.