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13 déc. 2020
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Une reprise contrastée chez les indépendants de l’habillement

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13 déc. 2020

A l’instar des enseignes de mode, les commerces indépendants d'habillement notent un redémarrage encourageant. Ils ont connu depuis le 28 novembre une hausse de 20% des chiffres de ventes par rapport à la même période en 2019, et ceci en dépit d’un recul de 20% en moyenne côté fréquentation. Mais les résultats sont par ailleurs très contrastés selon les types et lieux de commerce. Laissant craindre de fortes difficultés dans les villes de montagne et sur les côtes. La date des soldes fait par ailleurs à nouveau émerger de nouveaux écueils.


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Cette reprise d’activité à été “plutôt bonne” chez les franchisés, indique à FashionNetwork le président de la Fédération Nationale de l’Habillement (FNH), Eric Mertz. Qui pointe par ailleurs les très bons résultats rencontrés dans les centres commerciaux et retails parks, tandis que les centres-villes ont connu une relance plus compliquée. Pour le responsable, ces deux éléments sont liés, les manifestations des derniers week-ends ayant probablement renvoyé les clients vers le cadre plus sécurisé des centres commerciaux. 

“Ce niveau de reprise reste comparable aux ventes que l’on avait réalisées l’an passé pour le Black Friday, à la différence que cela s’est cette fois fait sur toute une semaine”, explique Eric Mertz. “Sans attendre le 27 novembre (date initiale du Black Friday), tout le monde a reçu des promotions à tout va. Je pense que c’est surtout le numérique qui a donc profité de cet effet”.

Pour le représentant des indépendants, la situation les a amenés à afficher des rabais moyens d’environ 30% depuis la reprise. Ecoulant les stocks mais réduisant les marges, laissant présager d’un mois de décembre probablement difficile. Une question de stock qui fait également regretter à la FNH de ne pas avoir obtenu que les soldes soient repoussés au 27 janvier, là où Bercy a finalement fixé la date du 20 janvier.

“Le 20, c’est trop près du 6 (date initiale des soldes, ndlr”, insiste Eric Mertz, donc les commerces vont partir en ventes privées dès le 26 décembre. Le 20 était un bon compromis, mais face à la réalité des chiffres de contamination, est-ce bien raisonnable ? Si cela se passe comme au Canada, nous aurons des chiffres mauvais pile pour les soldes. On a là toutes les conditions pour une nouvelle vague et un reconfinement: c’est ma crainte. Je ne pense pas que les niveaux de stock soient si haut chez les succursalistes et franchisés, là où ils sont certainement élevés chez les grandes chaines de diffusion. Or tous les réseaux de franchiseurs ont déjà donné cette consigne de lancer les ventes privées le 26 décembre à leurs réseaux”. 

Inquiétude pour les commerces de montagne et commerces côtiers



La réalité des indépendants de l’habillement montre par ailleurs la grande fragilité des commerces “de destination” situés dans les montages ou dans les zones côtières. Pour la FNH, la récente autorisation de se déplacer à 20 kilomètres et durant 3 heures, y compris pour se rendre dans les commerces, n’a pas été bien comprise par la population. Au final, les commerces d’habillement connaissent en montagne une chute de 50% de leur fréquentation et de leur chiffre d’affaires, contre -30% sur ces deux indicateurs dans les commerces côtiers.

Outre une remise en question de la nouvelle dates des soldes, la fédération demande aujourd’hui à Bercy que les commerces de montagne soient placés sur la fameuse liste “S1”, qui définit les établissements les plus en difficulté suite à la crise sanitaire (à l’instar des hôtels et restaurants), afin que ceux-ci puissent rapidement bénéficier de dispositifs d’aides supplémentaires.

Comme il nous l’indiquait également déjà en novembre, Eric Mertz juge nécessaire l’instauration d’un “PGE de saison”. Une déclinaison semestrielle du prêt garanti par l’Etat qui permettrait aux indépendants de financer leurs collections, commandées depuis un an lorsqu’elles arrivent en magasin. “Nous ne sommes plus sur la question du financement du stock, mais bien sur la reconstitution du fond propre”, précise le représentant. “Nous ne savons pas du tout comment vont se passer les soldes, mais cela nous permettrait de commencer la saison dans de bonnes conditions”.

Des demandes sur lesquelles la FNH peine désormais à avoir des retours de l’équipe du ministre délégué aux TPE-PME, Alain Griset. Eric Mertz confie ne plus avoir vraiment de retours de Bercy depuis désormais six semaines. Hormis sur la question des nouvelles règles sanitaires, sur lesquelles la fédération avait devancé Bercy via une série de recommandations.

“Nos demandes, elles visent à nous donner un peu de visibilité, car pas de marges, pas d’emplois”, souligne Eric Mertz. “Les indépendants ont été très résilients, pendant que nos confrères licencient à tour de bras. Si rien n’est fait, cela risque de nous arriver aussi”, pointe le responsable. Qui rappelle que le particularisme de la filière mode, avec son fonctionnement par saison, n’a depuis le début de la crise jamais été pris au compte par les pouvoirs publics.

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