×
6 833
Fashion Jobs
HERMES
CDI- Gestionnaire de Stock Chaussure H/F
CDI · PANTIN
GROUPE CHANTELLE LINGERIE
Chef de Projet si H/F
CDI · CACHAN
KSI RETAIL
Responsable Adv - Bijoux Haut de Gamme
CDI · PARIS
KSI RETAIL
Directeur-Rice Wholesale - Bijoux Haut de Gamme
CDI · PARIS
SHOWROOMPRIVE.COM
Administrateur Systèmes Linux H/F - Basé en Vendée
CDI · LES SABLES-D'OLONNE
SHOWROOMPRIVE.COM
Technicien Support Applicatif - H/F
CDI · SAINT-DENIS
SHOWROOMPRIVE.COM
Développeur Mobile Android H/F - Basé en Vendée
CDI · LES SABLES-D'OLONNE
SHOWROOMPRIVE.COM
Dba Sql Server H/F - Basé en Vendée
CDI · LES SABLES-D'OLONNE
SHOWROOMPRIVE.COM
Développeur Mobile Ios H/F - Basé en Vendée
CDI · LES SABLES-D'OLONNE
SHOWROOMPRIVE.COM
Directeur de Clientèle - H/F
CDI · SAINT-DENIS
GALERIES LAFAYETTE
Responsable Merchandising Amont H/F
CDI · PARIS
GALERIES LAFAYETTE
Chef de Projet Pôle Concept Scénographie H/F
CDI · PARIS
LE COQ SPORTIF
Chef de Secteur Sportstyle H/F
CDI · LILLE
LE COQ SPORTIF
Chef de Secteur Sportstyle H/F
CDI · STRASBOURG
GALERIES LAFAYETTE
Manager de Vente H/F
CDI · PARIS
GALERIES LAFAYETTE
Manager Vente H/F
CDI · PARIS
HADDAD BRANDS EUROPE
Assistant Directeur Retail & Grands Magasins Europe
CDI · SAINT-DENIS
KARA
Juriste Associate Manager en Droit Social Anglais Courant H/F
CDI · PARIS
GALERIES LAFAYETTE
Contrôleur de Gestion Marketing H/F
CDI · PARIS
CHILDREN WORLDWIDE FASHION C.W.F
Responsable Trade Marketing F/H
CDI · LES HERBIERS
ABSOLUT CASHMERE
Directeur Artistique/Styliste (H/F)
CDI · PARIS
SUD EXPRESS
Responsable Régional·e
CDI · PARIS
Publicités
Par
AFP
Publié le
16 avr. 2020
Temps de lecture
3 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Une "usine à masques" pensée en trois jours lève une armée de couturières en Gironde

Par
AFP
Publié le
16 avr. 2020

La Teste-de-Buch (France), 15 avr 2020 (AFP) - Elles ont 20, 67 ans, et se morfondaient, confinées, au chômage partiel, mais avec leurs doigts d'or. En trois jours, une armée de 260 "couturières loisir" s'est levée en Gironde, répondant à un appel d'offres et un projet un peu fou : produire près d'un million de masques tissu ce mois, et bien davantage les mois à venir.


Le masque est devenu objet de toutes les convoitises en cette période de pandémie. /AFP


"Tout le monde rêve d'un combat fort dans sa vie ! Assis dans son canapé, ça ne rime à rien (...) Nos grands-parents ont vécu des heures sombres, ils se sont unis, ont lutté. Nous on n'a pas les balles, on a le tissu ! On a une mission, elle est courte, il faut la faire. Le rouage de la machine, c'est vous !" Quelques regards s'embuent, des mouchoirs montent au visage sous la visière du masque. Des mamies, mamans, gamines applaudissent la harangue churchillienne de leur nouveau "patron" et s'entendent répondre en choeur: "On est là !"

Là, ce sont les 3 000 mètres carrés du Parc des expositions de La Teste-de-Buch, tout près du Bassin d'Arcachon. Décloisonné, déshabillé, doté de 130 tables en bois espacées de 3-4 mètres, avec chacune une machine à coudre ou une surjeteuse, et depuis mercredi de petites mains qui s'affairent à plier, replier le carré de tissu, avant de piquer.

A l'origine du projet, un appel d'offres de collectivités locales du Bassin, de Bordeaux-Métropole, pour 800 000 masques en tissu homologués. Libero Mazzone, entrepreneur local connu et primé (notamment dans le reconditionnement de carrosserie) mais étranger au textile, a relevé le défi "en industriel", "sourçant" le matériel.

Et le fil s'est déroulé: la commune a fourni le lieu, Singer les machines, des traiteurs des repas à prix cassés, un industriel girondin les masques à visière, un hypermarché l'eau, un chaîne de machines expresso le café... Mais "on me disait il y a trois jours tu ne trouveras pas 50 personnes... On en a eu 50, 130, bientôt 260", qui lui permettent, au-delà de l'objectif de 30 000 masques jour, d'envisager de tourner 2X8.

Couturières, la revanche



De partout elles ont surgi : des salons, des cuisines où elles avaient cousu ces dernières semaines des masques en tissu pour elles, leurs amis, leurs enfants ou leur commune. Comme Sandrine, 46 ans, vendeuse de prêt-à-porter de Mérignac au chômage partiel depuis mars, mais qui "adore la couture, a toujours fait du 'patch', des vêtements pour la famille". Elle a lu l'annonce et s'est dit "à un moment donné il faut sortir, aider 'à sa hauteur'. Moi ma hauteur, c'est la couture".

Ou Jeanne, 67 ans, excitée à l'idée de "mon premier Smic. J'ai pas de métier, j'ai jamais 'travaillé', j'étais maman au foyer. Et je cousais". Elle ne voulait surtout pas "prendre la place de quelqu'un qui avait besoin de travailler". On l'a convaincue de rester.

Ou Laura, 20 ans, sortie d'un Bac pro couture et d'un CDD de maroquinière chez Hermès, et qui "trouve merveilleux en tant que couturière de pouvoir se rendre utile". Elle avoue n'avoir "aucune idée" de la rémunération (Smic + heures sup). Mais "serait venue pour rien, sans hésiter".

Car rémunération il y aura. Et projet au-delà. Tour à tour vibrionnant, lyrique, stratégique, Libero Mazzone sait que pour le seul mois à venir, "il faut en France 110 millions de masques. Et l'hiver prochain, dès que quelqu'un éternuera, on sortira tous le masque, comme en Asie. Ces masques, il faudra les fabriquer".

Alors pas question d'une "usine éphémère", comme il entend dire. Il leur promet déjà qu'une usine à masques, pas loin, perdurera, "avec, 30, 40 postes peut-être, celles parmi vous qui voudront rester. Une SAS, dont vous aurez les parts".

La grande revanche des couturières. "Un métier très honorable, des gens qu'on a un jour oubliés parce qu'on a déporté leur travail, mais qui aujourd'hui qu'on leur demande d'être là dans l'urgence, sont là, sans aucune rancoeur".


Par Philippe BERNES-LASSERRE

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2022 Agence France-Presse
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. L'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Tags :
Industrie