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Unibail-Rodamco-Westfield gagne en confiance pour 2019

Par
AFP
Publié le
today 1 août 2019
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Paris (AFP) - Paradoxe pour Unibail-Rodamco-Westfield (URW), géant des centres commerciaux : il s'est implanté dans le monde anglo-saxon au prix d'une opération gigantesque, mais c'est là qu'il rencontre des difficultés, en particulier à Londres, alors même que de bonnes performances d'ensemble l'aident à relever ses prévisions.


Un centre commercial Westfield de Londres - Jason Hawkes Westfield


URW est l'ancien Unibail-Rodamco, de loin la première foncière basée en France. Elle a rajouté à son nom celui de Westfield au terme du rachat l'an dernier pour plus de 20 milliards d'euros de ce groupe implanté aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.

Depuis plusieurs trimestres, l'opération, l'une des principales des dernières années pour un groupe du CAC 40, peine à séduire la Bourse, où le titre est au plus bas depuis dix ans, mais gonfle ses comptes, comme c'est le cas mercredi pour le premier semestre.

Les revenus et le bénéfice net récurrent - indicateur de référence des foncières - bondissent d'environ un tiers sur un an, à respectivement 1,25 milliard et 917 millions d'euros.

Ce n'est cependant pas qu'un effet d'optique: le groupe, qui détient les emblématiques Forum des Halles et centre de la Part-Dieu, fait aussi progresser ses loyers en éliminant les changements de périmètre (+3,3 %), et se montre plus optimiste qu'en début d'année quant à ses performances sur l'ensemble de 2019.

« D'abord, il y a l'activité qui est bonne, dans un marché qui est toujours difficile », a détaillé auprès de l'AFP Christophe Cuvillier, président du directoire d'URW. « C'est légèrement meilleur qu'anticipé. Les ventes de nos commerçants se tiennent bien. »

Alors que l'ensemble de la grande distribution subit l'essor du commerce en ligne, URW s'est recentré sur un nombre limité de centres commerciaux - il en détient une centaine -, avec une large part aux animations et aux loisirs. Il vante ainsi l'arrivée prochaine d'une expérience de réalité virtuelle dans 25 centres américains et européens.

Pour cette année, il s'attend désormais à un bénéfice ajusté par action - indicateur neutralisant les effets de périmètre - entre 12,10 et 12,30 euros, contre une précédente estimation comprise entre 11,80 et douze euros.

Certes, cela veut toujours dire que le bénéfice baissera comparé aux 12,9 euros de l'an dernier. Ce probable recul s'explique par les importantes cessions prévues pour équilibrer l'intégration de Westfield, car elles reviennent à priver le groupe de loyers.

Marchés « sportifs » aux Etats-Unis

Reste qu'URW observe maintenant un paysage plus encourageant: même si le relèvement des prévisions s'explique en partie par l'évolution technique d'une norme comptable et des taux d'emprunt exceptionnellement favorables, sa bonne activité y contribue également. « En France, elle est bonne », a énuméré Christophe Cuvillier. « En Espagne, on a fait un très bon premier semestre. L'Europe centrale, on est habitués à avoir de bonnes performances. »

Mais c'est justement là où le groupe s'est implanté avec l'achat de Westfield qu'il rencontre le plus d'adversité : dans l'univers anglo-saxon, où la distribution peine particulièrement. « Le contexte reste difficile aux Etats-Unis », a admis Christophe Cuvillier. « Il y a encore pas mal d'enseignes qui sont en difficulté, mais il y en a pas mal qui sont en pleine renaissance. Les marchés restent sportifs, on va dire, mais la performance s'améliore. »

Au moins, sur le marché américain, les loyers du groupe augmentent, y compris à périmètre comparable. Mais, au Royaume-Uni, où l'essentiel du portefeuille se résume à deux gros centres Westfield à Londres, ils baissent. Le groupe a, plus particulièrement, du mal à relouer pleinement certains espaces de l'un de ses deux grands centres britanniques, celui de Westfield London.

Faut-il y avoir les conséquences des incertitudes sur le Brexit, potentiellement relancées par l'arrivée à la tête du gouvernement britannique du conservateur Boris Johnson, partisan d'une ligne intransigeante sur la sortie de l'Union européenne ? « Le Brexit n'est pas la raison principale », a minimisé Christophe Cuvillier. « C'est plutôt un frein pour l'arrivée de nouvelles enseignes européennes au Royaume-Uni. Peu importe le type de Brexit, ce qu'on veut surtout, c'est être fixé. »

« La vraie difficulté, c'est la situation de la distribution en Angleterre qui est compliquée », a-t-il enchaîné, citant en exemple les difficultés des chaînes britanniques Debenhams et House of Fraser. « Personne ne s'attendait à ce que les deux enseignes souffrent autant » à l'époque où Unibail-Rodamco a racheté Westfield, a-t-il remarqué. Mais « Londres restera Londres : je n'ai pas d'inquiétudes pour nos deux centres. »

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