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2 déc. 2021
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Unification des stocks: le "ship-from-store" avance ses pions

Publié le
2 déc. 2021

Depuis 2016, l’unification des stocks s’est invitée parmi les préoccupations des enseignes. En intégrant les stocks des magasins physiques dans l'offre des boutiques en ligne, le dispositif permet notamment de limiter les risques de ruptures de stock sur les portails de vente. Mais aussi d’expédier directement les commandes depuis les boutiques (“ship-from-store”), optimisant les délais et impacts environnementaux des livraisons.


Shutterstock


Cette solution permettra bientôt de mettre en vente en amont les produits en transit ("stocks futurs"). Des possibilités qui ont pris tout leur sens avec la crise sanitaire et les fermetures forcées de magasins, et qui s’inscrivent désormais plus largement dans la lutte contre les fins de stocks et perte de marges. Mais le potentiel de l'unification des stocks reste encore peu exploité par les enseignes. Un retard qu'explique en partie une prudence face aux limites du dispositif.

“Avant la crise, on se posait la question de l’intérêt d’expédier depuis les magasins. Après la crise, on ne se la pose plus", nous indique d’entrée de jeu Romulus Grigoras, CEO du prestataire spécialisé OneStock, qui officie notamment pour S.Oliver, Camaïeu, Serge Blanco, Ollygan ou Happychic (Jules, Brice, Bizzbee…).. "A un moment où les boutiques fermaient administrativement, malgré un stock à écouler, le ship-from-store a permis à certaines enseignes de sauver leur année”, affirme-t-il.

Chez Proximis, autre spécialiste du domaine, le vice-président Eric Voltzenlogel estime que la crise a achevé de convaincre des enseignes et que le drive-to-store avait déjà préparé le terrain. “La crise ayant amené une explosion de l’e-commerce, certains de nos clients ont multiplié leurs ventes en ligne par cinq”, nous explique le responsable de la société, pour qui l’unification des stocks a donc naturellement trouvé sa place dans la phase d’accélération omnicanale de ses clients. Parmi lesquels André, Agnès B, Gemo, Armor-Lux, Agatha, Ikks ou Stokomani.

“Dans un contexte post-Covid, les marques n’ont plus 18 à 24 mois pour développer ces outils omnicanaux”, confirme de son côté Thomas Hindré, VP Europe du Sud de l'australien Fluent Commerce, qui indique officier pour trois grands groupes de luxe, ainsi que JD Sport, L’Oreal, Ted Baker, Under Armour ou Woolrich. “La grande leçon qu’ils ont tirée de la crise, c’est qu’ils leur faut une flexibilité dans la gestion de leurs stocks: le Covid a montré qu’il faut se préparer à l'incertitude, à tous les scénarios possibles”.

Un outil pour l’optimisation des stocks 



Marques ou prestataires, les professionnels interrogés sur le stock unifié se retrouvent sur un constat: l’accès en ligne aux inventaires des boutiques répond à une exigence grandissante des consommateurs. Demande face à laquelle la marque Bompard indique à FashionNetwork.com déployer progressivement ses outils jusqu'à fin février. La Fée Maraboutée a pour sa part franchi le pas en octobre, pour "permettre une réelle complémentarité entre notre e-commerce et notre réseau de boutiques", indique sa directrice générale Gaëlle Lelong.


Shutterstock



Une évolution qui intervient avec en toile de fond au niveau de la filière une volonté de limiter les invendus de fin de saison, et donc optimiser les marges. Un point sur lequel la vente en ligne des stocks de boutiques pourrait jouer un rôle clef, pour Romulus Grigoras.

“Ne pas vendre un produit sur Internet dans l’espoir qu’un client de boutique physique finisse par le prendre, c’est le risque que ça reste sur les bras et termine en stock, voire donné. Donc autant vendre maintenant et à prix plein”, souligne le responsable, qui pointe par ailleurs le bénéfice apporté dans la lutte contre les ruptures de stocks sur les portails. “Quand on sait ce qu’investissent les marques pour faire venir les clients sur leurs plateformes, si c’est pour qu’ils n’y trouvent pas un produit, c’est un gros problème. Le client ira ailleurs”.

Pour Eric Voltzenlogel se pose aussi la question des arbitrages de stocks sur des réseaux physiques en pleine rationalisation. “Il y a contrainte sur prix au mètre carré et coûts de stockage, ce qui induit des collections moins larges. Il faut donc décider où mettre son stock, alors que le client s’attend à trouver de tout partout. Les stocks n’étant pas infinis, la probabilité de fournir au client ce qu’il cherche diminue avec le temps”.

Au-delà de ces arbitrages, c’est le pouvoir de décision au sein des marques qui est lui-même mis en question, souligne Thomas Hindré. L’omnicanal venant toucher l’ensemble des métiers. Se posent en effet encore des questions de gouvernance entre services: les départements approvisionnement et développement informatique se retrouvant face à face dans le choix des priorités stratégiques.

Un outil pour toutes les circonstances ?



Le ship-from-store n’est pas une solution à systématiser. Passée la phase de découverte, certaines enseignes indiquent en avoir identifié les limites, imposant certains arbitrages. Et notamment en termes de coût: les expéditions depuis les boutiques ne profitant pas de l’effet de massification des préparations de commandes dont peuvent se prévaloir les plateformes de stockage dédiées à l’e-commerce. “C’est même la situation la plus coûteuse en termes de modalité de livraison”, prévient Eric Voltzenlogel.

"On se pose beaucoup de questions sur le ship-from-store, à commencer par sa rentabilité", nous confirme effectivement le directeur général de Naf Naf, Luc Mory, qui préfère pour l'heure d'autres approches. " Nous nous concentrons plutôt sur d'autres solutions omnicanales que nous souhaitons renforcer, comme la e-réservation".


Shutterstock



Pour que la solution soit rentable, certains évoquent la possibilité de soigneusement sélectionner les boutiques où le ship-from-store serait profitable. Certaines boutiques profitant d’un fort trafic, elles ont à première vue moins besoin de vendre leurs stocks en ligne pour éviter les invendus. "Faux !", pour Romulus Grigoras, pour qui des arbitrages doivent aussi pouvoir se faire entre les produits eux-mêmes. “En réalité, chaque magasin a des produits qui s'y vendent moins bien que d’autres. Ne pas proposer ceux-ci en ligne serait donc une erreur", pour le responsable.

Une question de l’inclusion/exclusion de stocks que se pose également le domaine du luxe, selon Thomas Hindré. Il souligne que les questions de surcoûts logistiques liés au ship-from-store entrent fatalement moins en ligne de compte dans les hauts paniers moyens. “Au contraire de marques moins chères, c’est sur le marché du luxe un choix plus politique qu’économique, avec la question de l’expérience que l’on entend proposer."

Reste la question de la formation des équipes. L'enseigne Etam a désormais équipé 100% de ses magasins en RFID (identification par radiofréquence de chaque produit), pour optimiser commandes, stocks, et éviter les ruptures, nous explique la directrice générale Patricia Tranvouëz. "Mais cela nécessite une période de rodage, beaucoup d’ajustements à opérer: c’est compliqué de gérer une commande en magasin, ce qui implique forcément une formation pour les équipes".

Une livraison plus verte en argument de poids ?



Dès son apparition, le ship-from-store a mis en avant un potentiel s’intégrant parfaitement dans l’ère du temps: la limitation des émissions carbones. L’expédition d’une pièce depuis une boutique moins distante que le plus proche centre logistique permettrait ainsi d’amortir l’impact de la livraison. Un argument apprécié et connu des marques mais qui, avant-crise, arrivait en bas de leurs priorités.

Notamment par mimétisme avec les comportements d’achat eux-mêmes. “Les études montrent que les consommateurs adoreraient prendre en compte les considérations environnementales dans les critères d’achat, mais que c’est le prix et le délai de livraison qui l’emportent toujours”, pointe Eric Voltzenlogel, pour qui durabilité et célérité de livraison riment difficilement. “Ce choix vert, certains viendront à le faire, mais il n’y a pas encore de dimension massive sur cette question”.


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Un point qui génère d’ailleurs un certain paradoxe, pour Romulus Grigoras. Il constate que les marques ont désormais compris qu’elles peuvent fournir au consommateur une information fiable sur l’empreinte carbone de leur commande. Elles sont cependant encore frileuses à le faire. “Elles ne savent pas comment dire à leur client qu’une commande express à plus d’impact”, pour le dirigeant. “Par contre, elles commencent à expliquer que livrer depuis la boutique voisine limite l’impact. Le pas d’après serait de proposer de compenser les émissions, comme certaines compagnies aériennes le font“.

Vers le “stock du futur”?



A l’heure où les enseignes tentent de relever simultanément plusieurs défis, comme la livraison via des particuliers relais ou le gain de visibilité sur les marketplaces, l’unification des stocks continue également son chemin. Après la visibilité en ligne et réservations des stocks magasins, après le ship-from-store à partir des stocks physiques, voici venir le “stock du futur”, qui consiste à vendre par anticipation des produits en cours d’intégration.

“Il y a tous les jours, à tout instant, des marchandises de marques en train de transiter dans des camions”, explique Romulus Grigoras. “Pendant ce laps logistique dans la vie des produits, ces produits sont pour l’instant complètement invisibles à la vente. On ne peut les commander, alors qu’ils seront stockés dans quelques heures ou jours. Il y a donc là encore un vrai gisement de profitabilité et de chiffre d’affaires à trouver”. Entre la pré-vente et la mise en magasin, c’est une nouvelle brique qui vient donc se placer.

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