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15 déc. 2009
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USA: une styliste française propulsée sur le devant de la scène

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AFP
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15 déc. 2009

NEW YORK, 15 déc 2009 (AFP) - Lauréate du prestigieux prix annuel décerné par l'Association des créateurs américains (CFDA) et fière d'avoir habillé Michelle Obama, Sophie Théallet, styliste française installée à New York, est propulsée sur le devant de la scène et peut rêver d'avenir.


Sophie Théallet, styliste française installée à New York

"Elle vit le rêve américain", dit la presse, qui avait commencé à parler d'elle il y a quelques mois, lorsque la Première dame avait à deux reprises choisi une de ses créations.

Le prix est doté de 200.000 dollars, une somme qui lui permet de "rembourser certains prêts", et lui ouvre les portes de la CFDA. La puissante association présidée par Diane von Furstenberg va l'aider à trouver sponsors et financiers, et la célébrité d'Anna Wintour, la rédactrice en chef du Vogue américain qui co-décerne le prix, lui apporte une reconnaissance immédiate aux Etats-Unis.

En fait, cette ancienne élève du studio Berçot à Paris, installée depuis 12 ans à Brooklyn, est une professionnelle confirmée, mais elle n'a lancé sa propre ligne de prêt-à-porter qu'il y a trois ans.

Déjà lauréate à la fin des années 1980 en France d'un concours du meilleur créateur, elle a travaillé pendant plusieurs années pour deux "grands" de la mode française, Jean-Paul Gaultier puis Azzedine Alaïa. "Gaultier m'a appris à aller jusqu'au bout, et Alaïa m'a donné le goût de la rigueur", dit-elle.

"Je suis venue aux Etats-Unis il y a une douzaine d'années parce que je suis tombée amoureuse et je ne suis jamais repartie, mais au début j'étais consultante et je rentrais souvent à Paris où je continuais à travailler avec Alaïa", raconte Sophie Théallet dans une interview à l'AFP.

Installé au 3e étage d'un immeuble art-déco non loin du pont de Brooklyn, son atelier est aussi l'appartement où elle vit avec son mari et partenaire Steven Francoeur et leur petit garçon de 3 ans.

Et c'est sur une simple table de cuisine, "pas à la bonne hauteur", qu'ils emballent dans du papier de soie et étiquettent eux-mêmes, avec leur unique couturière, les quelque 2.000 modèles par saison qui sont produits dans des usines américaines à partir de ses prototypes.

"Je fais une quarantaine de modèles par collection, donc 80 par an", explique Sophie Théallet, qui travaille actuellement sur l'automne-hiver 2010, une ligne qui sera présentée en février à New York lors de la prochaine "Semaine de la mode".

"Je suis originaire du sud-ouest de la France mais me considère comme une citoyenne du monde, multi-culturelle, je suis inspirée par l'Afrique mais aussi par le Canada, le Mexique.. c'est plutôt la douceur de vivre dans certains pays qui guide mon inspiration", ajoute-t-elle.

Son style, souvent qualifié de "bohémien chic", évoque parfois l'Afrique du nord et ses caftans, parfois l'Afrique noire et ses cotons de couleur vive, parfois d'autres horizons. Elle manie le chiffon avec fronces et plissés, travaille le satin en biais et n'hésite pas à laisser les couleurs s'affronter, le mandarine côtoyant le vert amande, le bronze s'ornant de bleu roi.

"La fin de la peur commence lorsqu'on ose faire ce dont on a peur", dit-elle en citant "un poème indien."

Elle dessine les imprimés pour des cotonnades, des soies ou des mousselines qui sont ensuite réalisées en Corée du Sud, au Vietnam ou en Inde. Mais si le tissu est importé, les modèles, eux, sont tous réalisés aux Etats-Unis.

"Il n'y a rien de plus chic qu'une simple robe en coton", estime-t-elle. Et c'est effectivement avec une de ses robes en coton que Michelle Obama lui a ouvert la voie du succès.

Par Paola MESSANA

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