×
Publicités

Valentino présente sa couture dans un studio de Cinecittà

Traduit par
Paul Kaplan
Publié le
22 juil. 2020
Temps de lecture
4 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Pour présenter la collection haute couture de Valentino, Pierpaolo Piccioli a choisi Rome, et plus précisément un studio d'enregistrement géant dans les légendaires studios de cinéma Cinecittà. Un moment suspendu pour une collection grandiose, toute en volumes.


Valentino - Haute Couture - Automne-Hiver 2020-2021


La présentation, intitulée "Of Grace and Light, Pierpaolo Piccioli In Dialogue With Nick Knight", était en fait une projection numérique en direct dans un décor minimaliste, sur une série de vêtements sublimes, le tout capturé avec talent par l'as de la photographie anglaise.

Avant la retransmission de la présentation elle-même, la caméra emmenait le spectateur parmi les nombreux bâtiments construits sur les 40.000 mètres carrés de Cinecittà, parsemés de têtes géantes d'empereurs romains, de temples émergeant du sol, d'aigles imposants et de faux palais antiques. 

Juste avant le début du show, un travelling conduisait devant la célèbre porte d'entrée du studio, invoquant les fantômes des grands réalisateurs qui y ont travaillé — Fellini, Rossellini, Visconti, Leone, Coppola et Scorsese. On pouvait même reconnaître des éléments décoratifs du Casanova de Fellini, ou des décors de la série télévisée Rome.


Valentino - Haute Couture - Automne-Hiver 2020-2021


Enfin, un mannequin est apparu, semblant flotter dans l'énorme boîte noire, se balançant d'avant en arrière sur un trapèze, dans le studio d'enregistrement qui servait de décor.

Il y a deux semaines, Nick Knight et Pierpaolo Piccioli avaient annoncé l'événement par le biais d'une vidéo d'à peine une minute, diffusée pendant le créneau horaire de Valentino sur le calendrier officiel de la première saison de haute couture numérique. Des plans à la limite de l'abstraction sur d'énormes morceaux de tissu ondulant dans une brise légère.

Comme dans le teaser de l'événement, les robes d'une fluidité extrême tournoyaient autour des mannequins, dans cette collection automne-hiver 2020/21 qui envisage "la couture comme une invitation à rêver les yeux ouverts", selon la formule du communiqué de presse publié par la maison.
 
"À travers l'histoire, les moments de crise fournissent invariablement l'occasion de remettre les valeurs humaines au centre. L'humanisme est la graine de la renaissance. Nous traversons l'un de ces moments. Pour nous, la mode est une activité profondément humaine qui consiste à donner forme à la matière par les mains, à façonner des créations que le corps habite et anime", explique Valentino.

Nick Knight a décidé de projeter des images de formations rocheuses ou de pétales en gros plans sur de très longues robes-corolles et sur des crinolines géantes — en s'inspirant d'une technique déjà expérimentée avec succès dans le cadre d'une collaboration avec John Galliano et Maison Margiela à la Serpentine Gallery à Londres.


Valentino - Haute Couture - Automne-Hiver 2020-2021


À Rome, les robes se transformaient tantôt en énormes fleurs, tantôt en stalactites de glace. L'espace brut du studio d'enregistrement numéro 5 — peut-être le préféré de Fellini ? — était rempli de robes de cinq mètres de long, suspendues en l'air.
 
Les mannequins se balançaient dans une obscurité impénétrable. Les métrages de soie, de mousseline et de tulle emplissaient l'espace, baignés dans la lumière cramoisie de projecteurs placés avec précision.

Ce n'estt pas la première fois que Valentino perche ses mannequins sur des trapèzes dans la Ville éternelle — la maison avait déjà tenté l'expérience lors d'un gala d'adieu de Valentino Garavani, devant le Colisée il y a dix ans.

Comme toutes les grandes maisons européennes, Valentino a été obligée de présenter ses collections en ligne cet été. Cet événement à Rome est l'avant-dernier show numérique d'une grande maison de couture ce mois-ci, avant celui de Christian Dior dans les Pouilles mercredi soir.

Côté bande-son, les percussions japonaises se mêlaient aux carillons et à l'opérette, tandis que des mannequins noirs se balançaient vêtus de monumentales robes blanches, de soutanes en soie plissée ou d'énormes nuages de tulle. Des robes du soir aux épaules bouffantes, des bras couverts de gants argentés, des robes impressionnantes qui semblaient flotter dans l'éther.

Le mannequin romain Mariacarla Boscono a fait une apparition, juste avant une composition de mode absolument fabuleuse — une tenue toute en plumes de marabout, qui évoquait un oiseau de paradis. 

Slogan du show : "Non vogliamo essere subito gia cosi senza sogni", une phrase du poète et cinéaste Pier Paolo Pasolini — en VF, "Là, maintenant, nous refusons d'abandonner nos rêves".

Lors du final, les quinze mannequins ont posé devant ce qui ressemblait à une nature morte géante, puis Pierpaolo Piccioli s'est incliné sous les applaudissements du public restreint, composé d'amis, de membres de la famille et du personnel de Valentino.

"Je veux exprimer ma plus profonde gratitude envers la grâce et la lumière des êtres humains qui ont travaillé si dur sur cette collection. Si je dois penser à un avenir, à l'opportunité que nous avons de construire quelque chose de nouveau, je ne peux qu'espérer qu'il sera fabriqué par les mains, les cœurs et la passion de ces humains que je peux désormais appeler mon peuple", a déclaré le couturier né à Rome.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2020 FashionNetwork.com