Vera Wang s’envole vers les sommets, mais trébuche en route

La vérité nue sur beaucoup des collections qu’on voit défiler à New York, c’est qu’elles donnent l’impression d’avoir été imaginées par des commerciaux, pas par des créateurs. C’est le cas pour la plupart des saisons. C’est l’une des nombreuses raisons pour lesquelles c'était un plaisir d’assister au défilé de Vera Wang, créatrice américaine pure et dure au style et à la signature unique qui faisait son retour sur les podiums.


Vera Wang collection printemps/été 2020 à New York - Vera Wang

L’ADN de Vera Wang est un amalgame disparate : du gothique chic, de l’avant-garde japonaise, un style rock dissolu ou de Miss Havisham juvénile, des femmes fatales urbaines. Tous ces personnages ont fait une apparition dans son défilé de mardi matin à l’ancienne bourse de New York, qui malgré un grave dysfonctionnement sur le podium, a été une formidable déclaration de mode.

Vera Wang mélange de façon inattendue les tops caraco, les boxers en soie, les débardeurs en cotte de maille et les soutiens-gorge, corsets ou bustiers dans toutes sortes de matériaux – de la laine à chevrons, du tulle et du brocart.


Vera Wang collection printemps/été 2020 à New York - Vera Wang

Ce que fait Wang est tout un art. Entre des mains moins talentueuses, ces assemblages seraient un bazar sans nom, mais Wang compose avec tant d’assurance que ses associations improbables ont souvent énormément d’allure.

Elle est aussi sacrément douée en matière de coupes, et c’est vital : capable de créer des blazers légers classieux ou des vestes militaires à ruchés. Sa palette est généralement sombre, avec du noir et du gris et d'infimes pointes de blanc ou de jaune souci. Mais tout ce que tente Wang dégage une obscure splendeur, raison pour laquelle c’est une créatrice qui compte.

Quand à savoir pourquoi elle ne s’attire pas plus de louanges ici, c’est un mystère. La jeune génération semble l’apprécier davantage que ses contemporains.


Vera Wang collection printemps/été 2020 à New York - Vera Wang
  
Toute une bande de jeunes branchés de la génération millenials était installée au premier rang : Zendaya en tête, accompagnée de son styliste et mentor, Law Roach.

Il est regrettable que le défilé ait été entaché par plusieurs graves dysfonctionnements au niveau des chaussures. Vera Wang arpente Manhattan en bottines à talons aiguilles de douze centimètres depuis toujours. Au moins quatre de ses tops n’ont pas réussi à accomplir cet exercice d’équilibriste aujourd’hui. La première a roulé par terre sur la moquette anthracite, et une deuxième s’est effondrée en quittant le podium, entraînant une troisième qui tentait de la sauver.

Un final décevant pour une collection par ailleurs remarquable de la part de l’une des rares créatrices new-yorkaises qui ont un ADN mode vraiment unique.

Traduit par Marguerite Capelle

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