Villalba cherche des investisseurs et diversifie son offre

La marque de luxe espagnole entre dans une nouvelle ère à la suite de son changement d’identité. L’année dernière, au moment de sa première présentation parisienne, la marque Alfredo Villalba est devenue Villalba. La maison fondée en 1976 se contente maintenant de son nom de famille et a lancé sa boutique en ligne avec cette nouvelle identité. L’entreprise familiale compte élargir son offre et accueillir un investisseur dès l’année prochaine, avec la Chine et Paris en ligne de mire.


Dernière collection Demi-Couture printemps-été 2019 - Villalba

Inspirée du style punk des années 1970 et à mi-chemin entre le prêt-à-porter et la haute couture, la marque madrilène veut se positionner au niveau international « comme une marque de luxe, haut de gamme, avec un ADN créatif identifié haute couture et présentant deux collections par saison : une demi-couture et une autre de prêt-à-porter très sophistiqué », explique le créateur Diego Villalba, ajoutant que la gamme de prix se situe également à un niveau intermédiaire entre les deux formules, tandis que l’offre de produits (80 à 90 pièces par collection) est plus large que dans la haute couture.

Dernièrement, Villalba a été forcée de revoir sa stratégie commerciale. « Les marchés mexicain, russe et arabe sont très importants pour le marché du luxe et ils étaient essentiels pour notre marque. En raison de la chute dont ils ont récemment souffert, nous avons décidé de proposer une collection “portable” et plus accessible », résume Diego Villalba. Dans ce contexte, la capitale française est maintenant le premier objectif de la marque. Elle y diffuse déjà ses produits à travers le showroom MC2 Diffusion. « Consolider notre présence à Paris est fondamental pour nous. C’est peut-être l’endroit le plus cher et où la concurrence est la plus concentrée au monde, mais quand nous nous projetons, nous préférons voir les choses en grand », confesse le créateur avec enthousiasme.

Aujourd’hui distribuée par le concept store de luxe Montaigne Market à Paris, Villalba est aussi présente chez Smart Femme à Lyon, Peri A à Los Angeles et TNT Woman à Toronto. La marque distribue également ses pièces via certains points de vente en Chine, en Serbie ou à Saint Barth, ainsi que via sa boutique en ligne. Mais Diego Villalba doute de l’intérêt du commerce en ligne pour son type d'offre. « Pour nous, l'e-commerce est un outil de communication plus que de vente. Nous espérons que cela change, mais le prix domine encore largement la vente en ligne. Nous devons absolument nous faire connaître pour que les clients fassent le pas », conclut-il.


Diego Villalba, le créateur en charge du design de la marque espagnole - Villalba

En revanche, l’Espagne est loin d’être un territoire prioritaire pour Villalba. « C’est un marché qui est resté sur un modèle low cost, les gens n’envisagent pas de dépenser 1 500 euros pour une veste, excepté pour un mariage. Et je ne conçois pas que ma marque puisse se contenter de vivre de ça », analyse le créateur. Pourtant, la marque n’est pas restée inactive dans son pays d’origine. Après la fermeture de sa boutique de Puerto Banús (Málaga), que le créateur explique par la chute de fréquentation en provenance de Russie et des pays arabes, Villalba a déménagé sa boutique madrilène emblématique du 87 de la calle Serrano.

Le nouvel espace se trouve au numéro 68 de la même artère, juste en face d’El Corte Inglés. Avec une surface de 300 mètres carrés, la boutique comprend l’atelier de la marque, qui propose également un service exclusif de confection sur-mesure qui représente la majeure partie de ses ventes dans le pays. « À Madrid, notre objectif est de garder nos clientes fidèles et d’en capter de nouvelles, mais nous sommes bien conscients de la difficulté que cela représente », reconnaît Diego Villalba, au fait du caractère de niche de son activité espagnole.

La marque madrilène, qui ne publie pas ses résultats, voit 2019 comme son année de consolidation. « Nous sommes une entreprise familiale. Maintenant, il nous faut un investisseur si nous voulons croître et développer la marque », affirme Diego Villalba, très clair concernant les conditions de la famille. « Nous ne céderons pas de part majoritaire ». Le projet, qui devrait avoir lieu dans les six premiers de l’année, est déjà en cours. « Nous sommes en pourparlers avec des investisseurs chinois. A la suite des premières réunions, nous avons pu voir que le projet les passionne. Pour nous, ce sont les contacts de l’investisseur qui seront vraiment déterminants pour pouvoir implanter la distribution que nous souhaitons ». L’étape suivant l’installation à Paris sera la diversification de l’offre. Villalba aimerait lancer ses propres lignes de sacs, de chaussures, de baskets… et même son propre parfum.

Traduit par Clémentine Martin

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2018 FashionNetwork.com

Luxe - Prêt-à-porterCréationBusiness
INSCRIPTION À LA NEWSLETTER