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Vinted : un "panier percé" au beau potentiel sur le long terme

Publié le
today 11 oct. 2019
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Faute de réussir à trouver un modèle viable, Vinted aurait pu disparaître en 2016. Trois ans plus tard, l’application s'est réinventée et est l’acteur européen incontournable de la vente d’habillement d'occasion. En France, où le portail lituanien réalise la moitié de son activité, l'entreprise a "drainé 56 % des acheteurs de seconde main", selon une étude de l’Institut français de la mode. Mais en dépit de son 1,3 milliard d’euros de volume d’affaires, le modèle reste toujours déficitaire. Vinted mise désormais sur son expansion européenne et l'évolution du rapport à la seconde main pour y remédier, sans pour l'heure indiquer à quelle échéance.


Thomas Plantenga - MG/FNW


"Vinted est un panier percé (‘is burning money’, ndlr)", lâche ainsi, souriant, son CEO Thomas Plantenga, de passage à Paris le 10 octobre. "Nous investissons chaque mois un million d’euros dans le service client. Mais nous avons la certitude que, si nous devenons gros, nous pourrons payer nos factures". Ce "gros" désigne le nombre de références, aujourd’hui de 120 millions. Le portail fondé à Vilnius en 2008 par Milda Mitkute et Justas Janauskas part en effet du principe que la richesse de son offre, ainsi que la fiabilité du service, seront les facteurs de son succès.

Avec 23 millions de membres dans onze pays, le site affiche à ce jour un prix d’achat moyen de 15 euros par pièce vendue. Les vendeurs particuliers écoulent en moyenne deux pièces par semaine. Et la fidélité de cette audience est importante, 80 % des membres revenant sur le portail dans le mois suivant leur dernière visite, et 60 % le faisant dans les deux années suivantes. La France réunit à elle seule 10 millions de membres, un volume d’affaires en progression de 230 % depuis un an, 90 % de vendeurs actuels ayant déjà précédemment vendu sur le site.

« La France nous a sauvés », insiste Thomas Plantenga, qui a pris les rênes en 2016, alors que les ventes plafonnaient et que les coûts grimpaient. « Nous avions dix mois de trésorerie. Le modèle ne marchait pas, et nous n’avions aucune différenciation », se souvient le dirigeant, qui décide alors de faire des économies, supprimant notamment les sept bureaux étrangers de l'époque. S’est ensuite amorcée une réflexion qui aboutira à une stratégie simple : "Rendre le client heureux".

« Pas une entreprise de mode »



Décision est alors prise d’apporter "plus de valeur aux utilisateurs", une commission ramenée à 5 % devant accélérer l’étoffement de l’offre, tandis qu’une stratégie de communication plus ciblée est initiée. Sans oublier un aspect service placé au cœur du dispositif. Après un redéploiement en Allemagne, sous le nom Kleiderkreisel, c’est en France que Vinted va connaître une explosion de la demande, que la direction ne s’explique toujours pas vraiment, si ce n’est par la culture mode des Françaises.


Le portail revendique aujourd'hui 120 000 références - Vinted


« Nous ne sommes pas une entreprise de mode : nous sommes un peu plus de 300 employés, pour moitié des ingénieurs et pour moitié des personnes rattachées au service client », résume le CEO. « Nous ne sommes pas là pour dire ce qui est "fashion", nos utilisateurs s’en chargent. Notre boulot est simplement de tout rendre facile, rapide et sécurisé ». Une logique qui amène notamment Vinted à travailler avec le français Mangopay pour proposer un portefeuille intégré incitant les utilisateurs à réitérer achats et ventes.

Collaboration et Internationalisation



Plusieurs groupes et marques auraient contacté Vinted en vue de partenariats potentiels. Thomas Plantenga indique ne pas être contre ces rapprochements, selon la nature des collaborations, mais précise pour l’heure n'avoir tout simplement pas le temps. Quand à l’évolution de l’offre, elle se ferait d’elle-même. « Nous voyons les produits mis en vente monter rapidement en gamme », confie à FashionNetwork.com le dirigeant, pour qui ce glissement souligne la confiance créée chez les utilisateurs.


Vinted a placé le pouvoir d'achat et l'économie circulaire au cœur de sa communication - Vinted


Vinted, qui compte aujourd’hui des bureaux à Berlin, Varsovie et Prague, entend progressivement faire de l’Europe son terrain de jeu, s’y déployant dans l’ensemble des pays. Avant une extension vers l’Asie ou les Amériques ? « Je ne veux pas stresser inutilement mes équipes et apporter un mauvais service consommateur en sortant trop vite d’Europe, qui est déjà un challenge en soit », nous répond le CEO, qui concentre aujourd’hui son attention sur l’Espagne, la Belgique et les Pays-Bas. « A terme, rien de s’y oppose, mais chaque chose en son temps ».
 
 

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