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28 oct. 2016
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Vivarte : les salariés face au spectre du démantèlement

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28 oct. 2016

Un troisième PDG en un an. L’inquiétude est plus que sensible dans les rangs de Vivarte, dont le dernier dirigeant, Stéphane Maquaire, a été démis de ses fonctions par les actionnaires seulement six mois après son arrivée. Décision motivée par des désaccords, notamment sur la stratégie pour les centres-villes et le développement, dans le cadre du plan de relance.
 

Manifestation devant le magasin André de Saint-Lazare (Paris) en juin - CGT


La décision des actionnaires siégeant au conseil d’administration aura déplu jusqu’au président de ce dernier, Pierre-Antoine Galli. L’ex-président de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, qui s’était vu confier le siège au mois d’avril, a en effet décidé de claquer la porte. Pas de quoi rassurer les salariés du groupe. Et de quoi alerter un peu plus des délégués syndicaux déjà très échaudés par les remous de ces derniers mois. Des représentants qui voient dans ce nouveau PDG, Patrick Puy, un « exécuteur/démanteleur ».
 
« Celui-ci (Stéphane Maquaire, ndlr) aura battu tous les records : moins d’une année », relève la CFDT Vivarte, pointant du doigt les fonds de pension américains actionnaires, Alcentra, Babston et Oaktree. « Fonds de pension vautours voulant coûte que coûte continuer le dépeçage de notre groupe sans entrave. Nous nous retrouvons une fois de plus livrés à nous même ». « Les actionnaires ne parlent plus de la négociation de la dette qui était en cours », pointe un autre responsable, pour qui le PDG partant paie le fait de ne pas avoir généré de « cash » suffisamment rapidement.

Du côté de la CGT, on prend acte du départ de Stéphane Maquaire, mais on s'inquiète surtout de son remplaçant. « Je vous présente l'homme qui va tout détruire et vendre encore d'autres filiales », indique aux salariés le représentant pour l’enseigne André. « Pour moi, cela va être une grande catastrophe sociale au niveau du groupe Vivarte ». Affirmation appuyée par une liste à la Prévert des sociétés restructurées par Patrick Puy et comptabilisant les licenciements intervenus sous son patronage.
 
L’ensemble des représentants contactés évoquent notamment une interview donnée par leur nouveau PDG. Vidéo où celui-ci donne ses conseils pour un plan social bien mené. « Il faut (…) accepter de faire des choses qui ne sont pas normales, pas morales, pas justes… Sans penser au développement de l’entreprise après. Car, après, ce n’est pas vous qui la gérerez, cette entreprise », explique le responsable.
 
Quid de la classe politique ? « C’est l’écœurement », résume en ce domaine un responsable syndical. « On parle quand même du leader français de l’équipement de la personne. D’un groupe qui ne va pas mal, mais qu’ils (les actionnaires, ndlr) mettent à mal, avec dans l’idée de démanteler, revendre et sortir de l’argent. Un groupe qui emploie 80 % de précaires et 50 % de femmes. Et personne, chez les politiques, ne lève le petit doigt. »

Contactés par la rédaction de FashionNetwork.com, les porte-paroles du groupe Vivarte n'ont pas donné suite à nos demandes.
 
Vivarte emploie 17 000 personnes en France. En 2014, la première renégociation de la dette s'était faite au prix d'une lourde restructuration sur le plan social, avec le lancement en 2015 de quatre plans de sauvegarde de l'emploi dans les enseignes La Halle, Kookaï, Défi Mode et André, et, à la clé, la suppression de 1 850 postes.

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