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Traduit par
Clémentine Martin
Publié le
15 févr. 2021
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Wanna veut séduire le luxe avec sa technologie d'essayage en réalité augmentée

Traduit par
Clémentine Martin
Publié le
15 févr. 2021

Les acteurs de la mode et du luxe sont mis à rude épreuve par la pandémie. Mais certains arrivent à tirer leur épingle du jeu: c’est le cas de Sergey Arkhangelskiy, dont la start-up Wanna mise sur la technologie la réalité augmentée, en plein essor avec l'explosion ducommerce en ligne. Comptant déjà Gucci, Farfetch et Puma parmi ses clients, l’entreprise vise une croissance de 200 % cette année.


Image : Wanna - Foto: Wanna


Basée en Biélorussie, la start-up Wanna se cache derrière les applications Wanna Watch, Wanna Kicks et Wanna Nails, qui ont su se faire remarquer grâce à leur technologie d’essayage en réalité augmentée. L’entreprise est notamment soutenue par la mannequin Natalia Vodianova, qui est à la fois investisseur et ambassadrice.

Lancée en 2017, Wanna a décroché un contrat avec Gucci l’été dernier et a lancé sa technologie début août. Elle permet aux clients d’essayer virtuellement des baskets et de visualiser des montres attachées à leur poignet.

Aujourd’hui, la start-up travaille aussi avec la fameuse boutique Browns de Londres, qui utilise la technologie pour proposer à ses clients une expérience virtuelle. Les recettes de l’entreprise sont générées par des frais mensuels facturés aux marques de luxe ou aux e-commerçants pour l’utilisation de la technologie.

"Nous travaillons à différentes échelles, cela peut aller de quelques milliers d’euros par mois jusqu’à 20.000 euros selon la complexité du projet", explique Sergey Arkhangelskiy. Cet ingénieur en informatique vit actuellement à Moscou.

L’année dernière, Wanna a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 1 million d’euros grâce à ses abonnements mensuels, un montant que la start-up aimerait voir tripler en 2021. Elle compte déjà une quinzaine de clients dont La Moda en Russie, The Iconic en Australie et Goat.com, la plateforme américaine dédiée au marché des baskets dans laquelle Artemis, le véhicule d’investissement de la famille Pinault, vient d’injecter des fonds.

"Le Covid a joué le rôle de catalyseur pour notre solution, qui est entièrement basée sur des technologies propriétaires que nous contrôlons. Nous pourrions bientôt avoir de potentiels rivaux, donc nous devons faire vite et continuer d’améliorer la technologie, la stabilité et la qualité des images. Nous voulons fournir toute l’industrie", sourit Sergey Arkhangelskiy. Loin d’être un débutant, il a déjà passé dix ans chez Google dont trois dans la Silicon Valley.

Des bons contacts grâce à la top Natalia Vodianova, épouse d'Antoine Arnault



Natalia Vodianova possède une participation (non dévoilée) dans l’entreprise, mais elle l’aide aussi à toucher les acteurs importants de l’industrie. "Natalia a un bon carnet d’adresses", reconnaît Sergey Arkhangelskiy. Parmi ses 45 employés, certains sont basés à Minsk, d’autres en Ukraine ou en Lituanie, et quelques Russes sont même expatriés à Paris. Son actionnaire principal et directeur de produit est Boris Khvostichenko, et Palta.com fait partie de ses soutiens financiers importants.

Wanna a tout d’abord testé sa technologie avec des images de femmes se vernissant les ongles, mais Sergey Arkhangelskiy reconnaît que son "but ultime" est d’arriver à développer une solution de réalité augmentée suffisamment performante pour pouvoir essayer des vêtements. Wanna pense disposer d’un important potentiel de croissance dans le secteur horloger, capitalisant sur les annulations de salons provoquées par la pandémie.

"L’industrie horlogère doit absolument innover pour survivre et nous pouvons leur apporter notre aide. Évidemment, les montres sont achetées par des clients plus âgés, mais la nouvelle génération, qui est beaucoup plus à l’aise avec l’innovation, est bien plus réceptive à notre type de technologie. Nous pouvons contribuer à élargir le marché", assure le dirigeant.

L’application de démonstration de Wanna Watch permet par exemple de visualiser une montre Reverso de Jaeger-LeCoultre (23.500 dollars) ou une IWC de Portugieser Chronograph (7.000 dollars) à son poignet depuis le confort de son canapé, accompagnant même les mouvements.

Wanna affirme que certains de ses partenaires comme Snapchat, Puma et Allbirds ont réussi à multiplier par trois leur base d’utilisateurs, par cinq la durée moyenne de session et par quatre le taux de partage de pages produit.

Suite à plusieurs opérations de piratage visant des partis politiques et même des ministères importants aux États-Unis, Sergey Arkhangelskiy ne craint-il pas que Wanna suscite la méfiance? "Absolument pas. Nous sommes complètement indépendants de n’importe quel gouvernement, et au final, notre technologie parle pour nous", conclut-il.

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