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21 janv. 2022
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Weturn épaule les marques dans la revalorisation de leurs invendus

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21 janv. 2022

Entrée en vigueur au 1er janvier, la loi AGEC, qui interdit désormais la destruction des invendus non alimentaires, agit comme un coup d’accélérateur pour Weturn. La start-up lancée en 2020 par Sophie Pignères se présente comme un intermédiaire entre les marques et la filière recyclage pour leur permettre de revaloriser leurs textiles inutilisés (vêtements, rouleaux de tissus protégés, chutes de production…) en transformant ce qui peut l’être en nouveaux fils.


Exemple de bobines de fil recyclé Weturn - DR


L’entreprise à mission, qui a noué l’an dernier un partenariat avec LVMH, répond à un besoin immédiat au sein des entreprises de mode. "Nous avons reçu beaucoup de sollicitations au second semestre 2021, pour des projets qui seront définis cette année, sans doute après les soldes d’hiver, quand les marques feront une revue de leurs stocks. Nous travaillons pour l’heure avec des maisons de luxe, des griffes premium et des marques milieu de gamme, mais pas avec la fast-fashion", décrit la dirigeante, soulignant que Weturn ne source quasiment que des matières naturelles, à savoir le coton, la laine et le cachemire.

Par cette multiplication des contacts, l’année 2022 sera l’occasion pour la jeune société de passer "de quantités pilotes à des volumes industriels", et donc d’éprouver son modèle. Après inventaire auprès de la marque, Weturn organise la collecte, le tri, puis le transport des tissus ou vêtements vers un recycleur-filateur partenaire, en Espagne pour le coton, et en Italie pour la laine. Le tri des textiles et leur regroupement en lots, dans un souci de massification, s’effectue au sein du site logistique partenaire qu’utilise la société près d’Orléans.


Sophie Pignères - DR


"Nous proposons une solution clé en main autour du recyclage textile, et c’est ce qui intéresse les marques: elles nous disent souvent qu’elles ont tenté de s’y atteler elles-mêmes mais qu’il s’agit d’une activité trop chronophage", indique Sophie Pignères, qui a travaillé par le passé comme analyste financier puis coordinatrice stratégique chez KissKissBankBank. Outre les marques de mode, des fournisseurs textiles font aussi appel à la société pour revaloriser leurs chutes.

Pour permettre à ses clients de mieux suivre les étapes du recyclage, Weturn vient de mettre en ligne en ce début d’année une plateforme de gestion de projet, qui débute donc par l’inventaire des invendus. En fin de chaîne, la marque peut accéder à un rapport d’impact, en visualisant le taux de revalorisation des stocks qu’elle a transmis.

"La grande crainte aujourd’hui des acteurs de l’industrie est de perdre de vue leurs produits: grâce à cet outil, ils sont certains de ne pas les envoyer dans des décharges à l’autre bout du monde, ou à l’incinérateur". Les utilisateurs obtiennent aussi désormais un certificat de mise en conformité avec la loi AGEC, à présenter en cas de contrôle.


Interface de suivi du projet de recyclage - DR


Les bobines de fil recyclé, dont l’historique est traçable et qui sont certifiées GRS (Global recycle standard), sont ensuite mises en vente à destination d’acteurs tiers (marques ou tisseurs), ou réutilisées en boucle fermée par les griffes qui souhaitent recréer des modèles uniquement à partir d’un fil émanant de leurs textiles invendus. Les premiers projets visibles de marques utilisant des fils Weturn dans leurs collections seront dévoilés ce printemps 2022.

D'autre part, un pôle éco-conception vient d’être mis sur pied pour piloter ces projets créatifs utilisant ces fils recyclés. Et pour mieux communiquer auprès du grand public, la start-up entend lancer en 2022 une première ligne de produits finis en propre, dotée de son propre label. "Nous sommes une solution BtoB, mais nous souhaitons aussi raconter le recyclage sous un autre angle que celui du déchet. Un projet démonstrateur qui nous permettrait de nous adresser aux consommateurs en direct", livre Sophie Pignères.


Weturn a noué des partenariats avec des recycleurs-filateurs en Europe - DR


L’entreprise, qui a laissé son espace de coworking pour installer ses propres bureaux dans le IXe arrondissement de la capitale, emploie aujourd’hui six personnes et envisage d’effectuer quatre à six recrutements au cours de l’année. Autre projet de taille, elle développe en ce moment un atelier de démantèlement textile au sein de son site de stockage. S’y ajoute un objectif ambitieux à trois ans, celui d’avoir sa propre usine intégrée pour la filature et le tissage, en mettant à contribution financière ses marques partenaires.

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