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27 janv. 2020
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Who's Next : une fréquentation en recul de 4,6 %, mais pour quel bilan ?

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27 janv. 2020

Quel aurait-été le visage des salons parisiens qui se sont tenus en ce mois de janvier à Paris sans les effets de la grève des transports ? Faute de boule de cristal, c’est un bilan bel et bien ancré dans un contexte social défavorable qu’il faut dresser après la dernière édition du salon Who’s Next qui s’est tenue du 17 au 20 janvier derniers. Qu’ils aient été agréablement surpris, car ils s’attendaient à une session bien calme, ou malgré tout déçus par une fréquentation qui a de nouveau reculé, il était difficile pour les marques exposantes de livrer une analyse unanime dans ces conditions.


Desigual, parmi les stands du hall 6 de Who's Next - Yannick Roudier


Car la fréquentation a, comme en janvier 2019, de nouveau reculé sur le salon Who’s Next, revendiquant 42 565 visites en quatre jours, soit un recul de 4,6 % par rapport à l’an dernier. Un moindre mal alors que la grève des transports se poursuivait cette semaine et que l’accalmie sur ce front n’est intervenue que le lundi, dernier jour du salon ? Probablement, si l’on en juge les baisses de fréquentation affichées par les voisins du Parc Expo de la Porte de Versailles : le Salon International de la Lingerie annonçant un recul de « 5 à 6 % » et Bijohrca de 10 %.
 
Les trois organisateurs s’étaient, il faut le souligner, organisés en amont pour mettre en place un service de navettes qui a, selon Who’s Next, permis de transporter 2 000 personnes des gares et aéroports jusqu’aux salons.

Un samedi impacté



C’est la journée de samedi, théâtre de manifestations dans Paris, qui a semble-t-il été la plus impactée par ce contexte extérieur, concède l’organisateur, alors que les vendredi et dimanche ont été plus animés. Mais celui-ci avance que, parmi l’ensemble des visiteurs, tous profils confondus, la proportion d’acheteurs a elle progressé, leur nombre ayant crû de 0,77 % par rapport à l’an passé. D’où certainement la double impression de certaines marques d’avoir à la fois réalisé un bon salon, tout en constatant un trafic plus calme sur l’événement. Ce fut notamment le cas dans le hall 4, le hall Fame dédié au prêt-à-porter femme, clairement le mieux loti pendant les quatre jours.
 
« Je crois qu’un peu tout le monde a noté un ralentissement sur le salon… Mais le vendredi et le dimanche ont été des journées très positives, avec de nouveaux clients, de nouveaux agents et des bonnes rencontres pour le marché européen comme asiatique », témoigne Patrick Zenou, dirigeant de la marque La Petite Française. » Une consœur du Fame confirme, un peu plus loin : « un bon salon malgré les apparences… »
 
Une belle diversité de visiteurs, notamment internationaux, a été ainsi soulignée par certains exposants. C’est en effet le contingent français qui a connu le plus net recul, les détaillants nationaux étant certainement les plus échaudés par les grèves des transports, qui plus est lorsque ceux-ci font un aller-retour express à Paris. La part étrangère du visitorat a donc progressé, atteignant 35 % du total sur cette édition.
 
Who’s Next note ainsi en tête des visiteurs internationaux les Italiens, les Espagnols, les Belges et les Japonais, suivis de près par deux nationalités dont la présence a progressé sur cette édition : les Britanniques et les Allemands.  

Le Fame a donc été plutôt préservé sur cette édition, un peu moins les autres halls. Le 5 qui accueillait les accessoires, a à la fois plu aux exposants pour la concentration de ce segment en un seul lieu et donc la meilleure lisibilité pour les acheteurs, mais déplu pour son éloignement avec les autres halls.


L'espace Impact intégré à Who's Next pour l'édition de janvier 2020 - Quentin Chevrier


Entre le Fame et l’accessoire se trouvait donc le hall 6, rassemblant à la fois du prêt-à-porter et surtout la zone écoresponsable Impact dont c’était la deuxième prestation à la Porte de Versailles. Et c’est précisément la compréhension de cet espace qui a semble-t-il été plus complexe. Décloisonné pour être intégré pleinement à Who’s Next, Impact a peut-être perdu de sa spécificité et de sa mise en exergue. Quand au prêt-à-porter, la diversité de l’offre et son agencement dans ce hall annexe de Fame a pu dérouter les acheteurs, dont le nombre a été jugé insuffisant dans cet espace. Exemple à mi-chemin : la marque Ekyog, qui se trouvait dans Impact, dont l’équipe a trouvé la seconde édition de cet espace « moins dynamique que la première » et son emplacement « peu clair - du prêt-à-porter isolé, à côté de la chaussure - pour les visiteurs ».
 
« Nous avions des craintes évidemment avant le salon. Nous avons eu des suées pendant les préparatifs, une surchauffe des demandes de renseignements, beaucoup avaient des questions sur leur déplacement, témoigne Frédéric Maus. Mais au final nous sommes agréablement surpris. Bien sûr, tout n’était pas parfait explique le dirigeant du salon. Oui le hall 6 était peut-être moins lisible, le samedi était calme, mais il y a aussi eu des bonnes journées, et pour nous, dans le contexte qui était celui de cette édition, cela réaffirme le besoin de ce rendez-vous physique.»
 
Et de se projeter dans l’avenir : « ce qui importe aussi c’est la capacité d’attraction de Who’s Next, avec Impact qu’on doit encore renforcer, mais aussi avec Traffic qui va nous rejoindre en septembre et qui va aussi créer de la dynamique et surtout une relation qualitative avec les exposants et les visiteurs, du sens et des services », estime Frédéric Maus.
 
En effet, l’organisateur a de nouveaux projets pour septembre prochain : avec donc l’intégration du salon Traffic, créé par la Fédération Française du Prêt-à-porter Féminin il y a quatre ans et dédié aux solutions de services innovantes pour les entreprises de la mode, et donc un projet Impact qui doit prendre une nouvelle dimension. Les organisateurs ont ainsi profité de cette édition pour annoncer que ce concept, qui va déjà être décliné dans un mois au sein de leur autre salon, Première Classe aux Tuileries, connaîtra une autre déclinaison « hors-les-murs » à la Foire de Paris en avril. Une manière de fidéliser les marques que de les envoyer à la rencontre du grand public, avec l’espoir de réunir un contingent beaucoup plus fort à la Porte de Versailles à la rentrée prochaine, fort du travail de terrain qui aura été mené les mois précédents.
 
Une création de dynamique donc, c’est la volonté de WSN, dans un secteur de la mode qui subit parfois sa mutation. Mais une création de dynamique qui a donc connu un frein externe avec la grève des transports sur cette édition de janvier 2020. « Rome ne s’est pas faite en un jour » rappelle l’organisateur. Et de vouloir retenir deux mots de cette session de Who’s Next : persévérance et travail. Rendez-vous donc du 4 au 7 septembre prochains à la Porte de Versailles.




 

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