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26 janv. 2022
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Who's Next: une session de janvier encourageante

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26 janv. 2022

Après une session de septembre en forme de reprise de contacts qui avait mis du baume au coeur au marques comme aux détaillants et acheteurs qui avaient parcouru les allées du Parc des expositions de La Porte de Versailles, Who's Next a transformé l'essai pour sa session de janvier.


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Le challenge était relevé, avec une place parisienne privée de plusieurs salons majeurs ayant préféré jeter l'éponge face aux contraintes de la cinquième vague de la pandémie de Covid-19 et des inconnues quant à la montée en puissance de celle-ci. Mais, l'équipe de WSN Développement a réussi à proposer un salon affichant quelque 700 exposants au compteur répartis sur deux halls et demi avec Who's Next, Bijhorca, Impact, Première Classe, etc, malgré les annulations d'exposants en dernière minute qui l'ont obligée à parfois recomposer son plan initial.

Si les visiteurs du grand international et d'Europe étaient très peu nombreux sur cette session et que nombre de marques fortes des précédentes éditions étaient encore absentes, les acheteurs français étaient en revanche bien présents et, selon nombre d'exposants, dès le premier jour.

"La dernière session s’était bien passée, et c’était important pour nous de renouer le contact avec le salon en ce mois de janvier, même si l’on savait que certains clients et internationaux ne viendraient pas", estimait Isabelle Dubuche, responsable administrative de la griffe Emile et Ida, qui dit avoir enregistré l’intérêt d’acheteurs espagnols et britanniques dès le vendredi. 


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"Nous sommes contents de ce premier jour, expliquait-on aussi sur le stand de la marque de maroquinerie Kate Lee. Vu le contexte nous n'avions pas de grandes attentes, la matinée a été très dynamique. De plus, le salon étant plus petit, la visite est plus fluide et les marques finalement plus visibles".  Un sentiment partagé par Céline Thomas, fondatrice de la griffe de souliers Mi-Mai qui s'avouait surprise du dynamisme relevant toutefois que "avec le mauvais démarrage des soldes les acheteurs restent prudents sur leurs prévisions".

Selon l'organisation, la fréquentation a été stable lors des vendredi et samedi par rapport la dernière session. En revanche la journée du dimanche, traditionnellement choisie par les mulitmarques français, a enregistré 8% de visiteurs en plus.

"Le dimanche a été un peu plus dynamique que les autres jours, et la grande majorité des prospects que nous avons reçus étaient français, détaille-t-on chez Rive Droite. Nous avons signé quelques commandes, mais les clients et visiteurs sont surtout venus voir les produits, les nouveautés, et passeront commande un peu plus tard".

Un trafic plus important confirmé par de nombreux exposants qui ont pour certains validé des commandes durant ces journées. "L'activité a été bonne vendredi et très bonne dimanche", indiquent Guillaume Mesly d'Arloz et Maxime Savart les créateurs de Meeko, marque de sneakers 'Wildlife-Friendly' qui était de retour sur Impact après une première présence sur l'espace Ulule la saison passée. "Cela nous a permis de voir des acheteurs que nous voulions rencontrer depuis plusieurs mois, sur rendez-vous ou spontanément".

Partage d'expériences



Preuve d'un véritable besoin des multimarques de trouver leurs futurs produits, même le lundi en fin de journée, certains stands continuaient d'accueillir des clients. C'était notamment le cas sur le stand de Diadora, distribuée en France par le groupe Royer. "Pour nous cela a été un très bon salon, expliquait Stéphane George qui développe la marque italienne. Nous avons vu nos clients et ouvert une trentaine de nouveaux comptes. Les clients ont eu une bonne fin d'année, c'est plus dur durant les soldes, mais ils sont en recherche de nouveauté".

Autre acteur réellement satisfait de sa venue: le groupe de fast-fashion italien Imperial, venu avec quatre marques dans l'espace Trendy du hall 5. "Nous avons signé une douzaine de nouveaux clients par jour, avance Sophie DeLuca, acheteuse et directrice administrative et commerciale sur la France. Nous présentons l'été et nous constatons que les multimarques apprécient notre réactivité avec notre production en Italie. Les visiteurs étaient majoritairement de métropole mais nous avons eu le retour des départements d'outre-mer et quelques clients d'Israël, de Dubaï et de Suisse. Nous avons vu un engouement des acheteurs pour de la couleur. Ils recherchent plus de créativité que par le passé".


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Bien sûr, le ton n'est pas aussi optimiste sur tous les stands. Certains spécialistes du bijou et de l'accessoire présentant leurs collections automne-hiver regrettaient ainsi que des confrères aient pu montrer leur collection été. Et côté prêt-à-porter, plusieurs marques accusaient le coup face à une fréquentation jugée trop faible et trop peu de nouveaux contacts à leur goût après avoir pour beaucoup connu une chute de leur nombre de clients ces deux dernières années.

"Ce n’était ni catastrophique, ni complètement fou. Nous savions que les étrangers seraient peu nombreux, et malgré tout nous avons par exemple reçu un acheteur new-yorkais", analyse Révital Vidal, fondatrice de la marque de mode féminine Lauren Vidal. Il faut surtout noter la mobilisation des multimarques français: on a senti que cela leur faisait du bien de se projeter, de se réunir, et de montrer qu’ils existent encore. C’était aussi notre devoir, en tant que marque, d’être là".

Un esprit de corps, une solidarité entre les acteurs relevée par de nombreux participants mais aussi une mise en avant par l'organisation du salon. "Nous sommes une des seules industries qui a réussi à tenir ces salons ces dernières saisons, estimait Frédéric Maus, directeur général de WSN Developpement. Le signe fort c'est le très bon dimanche de cette session, et ceci même s'il y avait très peu d'internationaux, environ 22% du visitorat. Mais nous nous devons d'être présent pour les marques, pour permettre ces rencontres, cette mise en relation. C'est pour cela que nous avons toujours tout fait pour permettre une rencontre, même dans les périodes les plus compliquées. C'est une fierté pour les équipes. Et là, les détaillants ont besoin de nouveautés, de nouvelles marques".



"Les organisateurs ont bien fait de maintenir le salon, même si la fréquentation était moins importante, ceux qui sont venus étaient acheteurs", appuyait Yves Casile, directeur général de la marque Nathalie Chaize. Nous sommes contents de participer, pour voir des clients mais aussi des confères qui partagent les mêmes problématiques sur des sujets différents comme les tendances ou les frais de transport. Des tas d’infos circulent et c’est ce qui nous connecte au marché !".

"Nous n'avons pas signé de commandes, mais il y a des ponts à construire. C'était pour moi l'occasion de voir des acteurs du marché avec qui j'ai pu avoir des échanges par le passé, mais nous n'avions jamais pu prendre le temps d'échanger car les calendriers sont différents", expliquait de son côté Ludovic Daouze de la marque d'outdoor norvégienne Norrona, qui expose habituellement sur le salon Sport Achat et testait pour la première fois l'univers de Who's Next.

Si au final, le tableau est plus positif que pouvait laisser augurer la montée en puissance de la pandémie de Covid-19, toutes les cases n'ont pas été cochées. De nombreuses marques de prêt-à-porter, situées dans la zone arrière du hall 6 ont regretté un faible trafic dans cette zone du salon ainsi qu'une mise en avant jugée trop faible de la proposition. Certains ont aussi constaté un manque de lisibilité du salon concernant la cohérence de l'offre des espaces chaussures, accessoires et bijoux du hall 5 mais aussi pour le nouvel espace 360°Ride, dont la séparation avec Impact n'était pas évidente, et qui devait initialement mêler les marques urbaines et une offre Outdoor de marques exposant habituellement sur Sport-Achat.


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Au final seules trois marques de cet univers (les ponchos design d'After Essentials, les tenues techniques de Norrona et le style skieur chic de Duvillard) ont présenté leurs collections parmi les marques de sneakers, les cuirs et quelques lignes plus urbaines. "Lancer un nouvel espace prend toujours du temps, tempère Frédéric Maus. Nous croyons à une proposition mêlant l'urbain et l'outdoor. Nous avons déjà apporté une nouvelle scénographie. Certaines marques n'ont pas exposé mais sont venues voir". Point positif, les trois acteurs présents semblaient plutôt satisfaits de leur première expérience, revendiquant des prises de contacts avec des points de vente mode qu'ils ne connaissaient pas.

Un retour des visiteurs internationaux pour septembre?



Construire une proposition valorisée pour la prochaine session de septembre représentera donc l'un des challenges pour les équipes de WSN Developpement, tout comme redéfinir la mission du salon Traffic dédié aux solutions dont le volet conférences a attiré les visiteurs, mais qui peine à s'affirmer sur son volet présentation des prestations. Enfin, pour le salon Première Classe, qui se tiendra avec une tente au Jardin des Tuileries du 4 au 7 mars, les visiteurs internationaux, notamment les Américains, pourraient commencer à revenir. La session de septembre devrait signer le retour à un format plus international.

"Nous sommes en contact avec des contingents européens et ils ont très très envie de pouvoir revenir, estime Frédéric Maus. Les Italiens, les Espagnols, les Marocains, tous sont prêts pour présenter en septembre. La plupart des marques ont perdu le contact avec les multimarques internationaux. Ils veulent pouvoir présenter leur offre à des acheteurs internationaux. En septembre, nous allons mettre le paquet sur le salon avec une super scénographie et permettre aux marques de présenter au mieux leur proposition".

Un retour qui validerait l'abnégation des organisateurs ces dernières saisons et attirerait sans doute quelques noms du secteur encore frileux face à la situation sanitaire et l'absence de visiteurs internationaux.

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