Yuima Nakazato invente la digital-couture démocratique

Yuima Nakazato fait partie de ces nouveaux créateurs, telle Iris van Herpen, qui apportent un nouvel éclairage à la Haute Couture, calendrier au sein duquel il défile depuis juillet 2016. Cette saison, le Japonais réputé pour ses tenues d’avant-garde n’a pas déçu les attentes avec une collection inspirée de l’espace et des uniformes des astronautes.


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Yuima Nakazato et sa mode aérospatiale - © PixelFormula

Couverts de la tête, encapsulée dans un casque transparent, aux pieds, avec leurs épaisses bottes blanches, sans oublier les mains gantées, les mannequins s’avancent dans leur combinaison scaphandre devant une étrange machine. Les tenues en simili cuir blanc sont traversées d’un long zip rouge et parcourues de pointillés traçant des lignes droites et perpendiculaires.

La garde-robe se décline en manteaux, blousons, tuniques, pantalons et robes évasées fabriquées entièrement à partir de matières recyclées issues de l’univers industriel (toile de parachute, tissu plastifié pour airbag, suède, toile utilisée pour les indications autoroutières au Japon, etc.) et récupérées partout dans le monde.

Tous les vêtements sont construits à partir de différents pans de tissus (des carreaux, rectangles et autres bandes horizontales) assemblés par de minuscules agrafes en plastique, mises au point par Yuima Nakazato.


Yuima Nakazato sur sa machine au lendemain de son défilé couture - FashionNetwork.com ph DM

« Ces attaches sont mâles et femelles et peuvent s’adapter à toutes les épaisseurs du tissu. Cela permet de remplacer les traditionnelles coutures et ainsi modifier une seule partie du vêtement en cas de besoin, sans avoir à tout défaire et recoudre », explique le styliste de 32 ans, qui veut mettre les nouvelles technologies au service de la couture du futur.

Comme il l’explique, « la technologie avancée peut permettre de rendre la Haute Couture accessible à tous ». La machine présente sur le podium pendant le défilé n’est autre que le système pensé par le créateur-inventeur pour rendre ce miracle possible. « Il s’agit d’un scanner 3D, qui permet de prendre les mensurations exactes du client. Les données sont ensuite transférées à une machine dotée d’un cutter au laser, coupant directement les différents morceaux de tissus à assembler. »

« Il s’agit d’une "mobile factory", une mini-usine mobile que l’on peut déplacer facilement d’un lieu à l’autre, dans un showroom ou un pop-up store, consentant aux clients de venir se faire faire sur place leur tenue sur mesure », nous explique Yuima Nakazato, qui nous reçoit en blouse blanche, au lendemain de son défilé, dans le showroom parisien, où il s’est posé pour deux jours pour vendre sa collection en direct avant de repartir à Tokyo.

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Yuima Nakazato, un détail de cette couture sans couture - © PixelFormula

« Je veux donner la possibilité aux gens de porter des habits spéciaux dans lesquels ils se sentent bien, que chacun puisse vivre cette expérience couture », poursuit le designer, qui a étudié à l’Académie d’Anvers et a longtemps dessiné des tenues de scène pour le théâtre et le cinéma avant de fonder sa propre marque en 2015.

Grâce à cette technique numérique, les vêtements peuvent se modifier dans le temps, en croissant vers le haut ou vers l'extérieur, et sont facilement adaptables à toutes les tailles.

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