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Publié le
20 mai 2020
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Yves Dubief (UIT) : "Activités classiques et masques vont devoir cohabiter"

Publié le
20 mai 2020

Président de l'Union des industries textiles et de l'entreprise Tenthorey (Éloyes), Yves Dubief évoque pour FashionNetwork.com la situation d'une filière textile qui a trouvé dans les masques une solution temporaire et partielle à des carnets de commandes vidés par le confinement.  Des retards de paiement au rôle du chômage partiel dans la sauvegarde du savoir-faire, le professionnel pointe la compétitivité qui devrait servir de socle à tout projet de relocalisation des productions.


Yves Dubief - UIT



FashionNetwork : Que retenez-vous de cette période de confinement, durant laquelle l'industrie textile a connu une médiatisation inédite ?

Yves Dubief : Il y a deux mois, on ne faisait pas un masque en France. Aujourd'hui, on en fait tous les jours. Aujourd'hui, on estime que ce sont 20 000 emplois qui tournent autour du masque, avec un millier d'entreprises mobilisées. Ce n'est pas négligeable, sur une filière textile-habillement qui emploie 110 000 personnes. Il y a eu un esprit d'équipe qui s'est créé dans la filière. Mais il faut rester humble : la pérennité de l'activité masque est très faible. Sauf si on parvient à démontrer que les masques Made in France sont beaucoup mieux que tout ce qui est importé, ce qui pousserait à se tourner vers ces fabrications locales. Avec plus d'emploi local, de développement durable, de traçabilité sanitaire, de fiabilité des délais...

FNW : Où en sont les carnets de commandes textiles ?

YD : Il y avait une inquiétude sur les carnets de commandes. Il n'y a maintenant plus d'incertitude : on sait qu'ils sont vides ! Dans le textile, les commandes tournent en ce moment à 50 %, dont 15 % lié à l'effet masque. Donc activités classiques et masques vont devoir cohabiter, car l'activité normale n'est pas très bien repartie. On a des boutiques modes qui tournent à - 40 %, des grands magasins fermés, des touristes absents… Tandis que dans l'industrie textile il y a des entreprises qui tournent à 100 % et d'autres pas du tout. Dans la mode, débouché important pour le textile, vous êtes largement en dessous de 50 %, avec une visibilité limitée. Les entreprises terminent les réassorts et commandes qui étaient en cours. Et il n'y aura ensuite pas de réassort pour l'été, les magasins vont juste vider leurs stocks avant de songer à commander. Les regards sont déjà tournés vers l'hiver et l'été 2021.

FNW : Faut-il donc s'attendre à voir certaines entreprises textiles se détourner de la mode ?

YD : Oui, certainement. Quand on est tisseur, c'est relativement facile car nos machines sont capables de fabriquer des tissus et ou mailles plus techniques selon les besoins. Mais le fait que d'autres débouchés soient moins esquintés que la mode ne veut pas dire qu'ils sont bons pour autant. Dans l'aéronautique, ceux qui sont avec les tissus techniques tirent déjà la langue, et le secteur est à -30 %. Autre débouché, le secteur automobile est même à -50/60 %, donc on peut penser que dans les mois qui viennent ce sera -20/25 %. Il n'y a pas en ce moment un secteur qui tire les autres.

FNW : Y-a-t-il eu beaucoup de retards et annulations de paiements, dans le textile ?

YD : Sur les deux premières semaines de confinement, il y a eu quelques problèmes. Mais qui ont été résolus assez rapidement. Il faut dire qu'un grand nombre d'enseignes, en voyant les réseaux fermer brutalement mi-mars, ont dit "on ne paie plus et on réfléchi". Mais cela c'est arrangé. Car nous avons d'une part à faire à des interlocuteurs intelligents. Mais également parce que, pour avoir un prêt garanti par l'Etat (PGE), il faut payer ses fournisseurs. Il y a toujours quelques retards, et des étalements, mais c'est un phénomène plus vaste que notre secteur.

FNW : Vous mentionnez les PGE. Les entreprises textiles ont-elles fait appel à ces derniers ?

YD : Oui, beaucoup en ont profité. Et cela s'est bien passé, bien qu'il y ait toujours une ou deux exceptions, avec des refus temporaires. Mais le sentiment général que l'on a , c'est que cela a été très fluide. Des préaccords ont été donnés très rapidement par les banques, et l'inscription auprès de la BPI pour avoir son code de prêt garanti s'est bien fait. Quant aux aides, on peut penser que c'est toujours pas assez, mais je trouve que la réaction a été très rapide, et c'est ce qu'il fallait. Avec le chômage partiel, le report d'échéances sociales, le PGE, l'aide aux TPE… Tout cela a été bien cadencé. Maintenant, on sait que ces prêts ne sont que des prêts, et que le chômage partiel n'est pas éternel. Il faudrait que le chômage partiel, au moins pour les salaires faibles et intermédiaires, reste dans ses règles actuelles au moins jusqu'à l'automne. Et qu'il y ait encore des reports d'échéances pour ceux qui sont le plus en difficulté. Mais il faut surtout qu'il y ait un choc sur la demande.

FNW : La fin de chômage partiel pris intégralement en charge va beaucoup pénaliser les structures ?

YD : Cela va pénaliser tous ceux qui ne peuvent pas faire autrement. Si l'Etat prend 63 % des salaires bruts et plus 70 %, ça fait 7 % à payer pour l'entreprise. Après, on peut comprendre que le gouvernement fasse cela, on ne peut rester éternellement dans cette situation. Mais ce n'est pas comme si les entreprises allaient volontairement rester en chômage partiel même quand leurs clients seront de retour. France Industrie appelle à ce que la règle actuelle soit maintenue encore un ou deux mois, puis que cela bascule vers de l'activité partielle, avec par exemple 3 jours de travail et 2 jours de formations. Ou deux jours au chômage, hors de l'entreprise.

FNW : Afin d'éviter les licenciements à tout prix ?

YD : Un licenciement est également une mauvaise nouvelle pour l'entreprise. Car, quand l'activité de celle-ci va repartir, elle aura perdu la compétence de son ex-salarié. On a déjà du mal à trouver des gens compétents dans nos métiers. Donc quand on les a, il ne faut surtout pas qu'on les perde. Et cela n'est pas vrai que dans l'industrie textile. Il faut donc trouver un outil intelligent pour que cette période de reprise soit moins douloureuse pour l'entreprise et le salarié. Garder un contact avec l'entreprise lui permet de rester au contact de l'activité.

FNW : Vous planchez avec les autres dirigeants de la filière mode sur sa relocalisation. Un défi qui se joue aussi au niveau européen ?

YD : J'ai eu l'occasion de le dire à la secrétaire d'Etat Agnès Pannier-Runacher : des projets, il y en a, et il y en a toujours eu. On n'a pas attendu la crise pour se gratter la tête. Mais pour que cela fonctionne, il faut que le territoire soit attractif, pour éviter que les commandes partent au Portugal ou en Allemagne. Certes 95 % des Français vous diront qu'ils sont prêts à acheter local et français, mais ils ne sont plus que 10-15 % une fois à la caisse. Et cela parce que le produit n'est pas compétitif en matière de prix. Et pas seulement par rapport à l'Asie, par rapport au Made in Europe aussi. En France, les impôts de production représentent 3,2 % du PIB, contre 1,6 % en moyenne en Europe et 0,6 % en Allemagne. Il faut absolument et rapidement les diviser par deux en France. Ce sont des fonds que les entreprises pourront investir en machines et formations. Tous les projets de relocalisation, comme pour les filatures de lin, ne sortiront vraiment que s'il y a cette attractivité de notre territoire. Certes Le Slip Français saura vendre un polo 20 euros plus cher car Made in France. Mais il en vendra encore plus si c'est seulement 10 euros plus cher.

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