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À Paris désertée par les touristes, les boutiques de luxe prennent la température

Par
Reuters API
Traduit par
Paul Kaplan
Publié le
13 mai 2020
Temps de lecture
3 minutes
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Lundi, dans l'une des rues les plus huppées de la capitale, les vendeurs du magasin Hermès — tous munis de masques chirurgicaux et de gel désinfectant —, accueillaient la clientèle avec ce refrain poli : "Puis-je vous rafraîchir les mains ?".


Reuters


Après la timide levée du confinement, la majeure partie des marques de luxe françaises ont rouvert leurs magasins, rivalisant d'inventivité pour appliquer les protocoles sanitaires — en attendant de voir si les consommateurs les plus dépensiers seront au rendez-vous après la crise sanitaire, qui a sérieusement ébranlé l'économie mondiale.

Dans le magasin Louis Vuitton, sur la majestueuse Place Vendôme, on trouve de tout — depuis un shaker à cocktail à 645 euros jusqu'aux bijoux vendus parfois pour des centaines de milliers d'euros. Ici, quelques clients locaux font tourner les affaires. "C'est l'anniversaire d'une amie et nous allons lui offrir un portefeuille", explique Hajar, qui réside à Paris. "Ce seront nos retrouvailles après deux mois de séparation."

Dans la boutique Hermès de la rue du Faubourg Saint-Honoré, on pourrait croire que rien n'a changé. Un vendeur tient discrètement le compte du nombre de personnes qui fréquentent le magasin. En début d'après-midi, une cinquantaine de clients arpentaient les deux étages de la boutique. Une cliente raconte qu'on lui a dit de prendre rendez-vous pour discuter de l'achat d'un très coûteux sac "Kelly". Pour Blessing Williams, un mannequin nigérian qui habite à Paris, "chez Hermès, ils font tout pour compliquer les choses". Ce qui ne l'a pas empêchée de quitter la boutique avec une nouvelle paire de sandales.

Mais la pénurie de touristes étrangers, provoquée par l'interdiction des voyages internationaux, devrait ralentir pendant des mois l'activité des capitales du luxe européennes, dont Paris ou Milan, où la réouverture des boutiques de mode est prévue pour le 18 mai. Selon les marques, les dépenses des touristes étrangers représentent généralement entre 35 % et 55 % du chiffre d'affaires des maisons de luxe européennes, selon Flavio Cereda, analyste chez Jefferies.

Des sacs à main en quarantaine 



En Allemagne, où les petits magasins sont ouverts depuis trois semaines, les clients férus de luxe sont encore peu nombreux, expliquait la semaine dernière le spécialiste du tailleur Hugo Boss.

Lundi, les élégantes cabines d'essayage du flagship parisien de Louis Vuitton, désormais désinfectées à heures fixes, ont été beaucoup moins utilisées que d'habitude. Pour le magasin Chanel voisin, même constat du personnel. Quant au patron d'Hermès, Axel Dumas, qui s'est mêlé aux employés du magasin du Faubourg Saint-Honoré, il a refusé de commenter le déroulement des premières heures de réouverture de sa boutique.

Malgré des signes de reprise en Chine, qui reste le plus important marché du secteur, les ventes mondiales de produits de luxe devraient chuter de 50 % cette année, selon les prévisions du cabinet de conseil Bain publiées la semaine dernière. En attendant la reprise, les marques cherchent à fluidifier la mise en place des nouveaux protocoles sanitaires, notamment en rendant obligatoire l'utilisation de masques.

Chez Louis Vuitton, propriété du groupe LVMH, les vêtements essayés sont mis de côté avant d'être repassés, et les sacs à main sont placés en quarantaine pendant 48 heures. Les protocoles de nettoyage pour les autres produits varient en fonction de leur proximité avec les visages des clients, ou des matériaux qui les composent. Chez Christian Dior, une autre marque de l'écurie LVMH, mais aussi chez Chanel, des écrans en plexiglas ont été installés près des caisses.

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