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Traduit par
Clémentine Martin
Publié le
21 oct. 2020
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Àcheval, entre culture gaucho et économie circulaire

Traduit par
Clémentine Martin
Publié le
21 oct. 2020

Tout a commencé en Argentine pour Àcheval, une marque de prêt-à-porter féminin fondée à Paris par Sofía Achaval de Montaigu et Lucila Sperber il y a deux ans. Ces deux Argentines se sont rencontrées lors de la réalisation d’une campagne de Rochas Homme, quand Lucila Sperber était responsable Amérique du Sud pour la griffe. La magie a immédiatement opéré et l’idée d’un projet lié aux racines des deux entrepreneuses est née, réussissant au passage à convaincre une poignée d’investisseurs argentins. L’idée? Faire connaître la pampa aux marchés internationaux avec une garde-robe équestre contemporaine. Eh oui: le folklore gaucho (cavalier qui veille sur les troupeaux de bovins en Amérique du Sud, ndlr) faisait partie jusqu’à encore récemment des territoires inexplorés par la mode.


Sofía Achaval de Montaigu et Lucila Sperber, les fondatrices de la marque - Àcheval / Gustavo Sosa Pinilla


"Comme je vis en Europe, je sentais que tout ce qui venait d’Argentine et tout ce que je portais créait une certaine fascination", analyse Sofía Achaval. Parmi ses précédentes expériences professionnelles à Paris, elle a notamment fait partie des équipes d’Azzaro aux côtés d’une autre Argentine, Vanessa Seward, et a officié comme rédactrice mode pour V Magazine.

"Quand nous nous sommes associées pour créer la marque, nous avions conscience qu’il existait un univers en Argentine et dans la pampa qui n’était pas exploité dans la monde", explique-t-elle.

C’est ainsi qu’est née Àcheval (anciennement Àcheval Pampa), inspirée "des gauchos et du milieu équestre avec une touche contemporaine pour la femme moderne". L’objectif, selon Lucila Sperber, était de proposer une silhouette décontractée, au style marqué et fluide, adaptée à différents climats et à plusieurs moments de la journée.

Fabriquée en Uruguay, au Brésil et dans le nord de l’Argentine, la marque compte déjà 15 employés et a commencé à séduire le milieu du luxe avec ses vêtements pour amazones modernes. Côté positionnement, les prix vont de 400 euros pour une blouse à 800 euros pour une robe. "Nous avons une très bonne réception sur le marché européen, aux États-Unis et même en Asie", affirment les fondatrices.


Àcheval, collection printemps-été 2021 - Àcheval


Les entrepreneuses sont bien conscientes de l’importance du travail effectué par le showroom Riccardo Grassi, leur agent commercial, ainsi que des efforts payants de l’agence Lucien Pagès, qui gère leurs relations publiques. Aujourd'hui, la griffe est notamment proposée sur des plateformes de vente en ligne de luxe comme Net-a-Porter, Matchesfashion, LuisaViaRoma ou 24S. En boutiques physiques, on trouve leurs pièces aux Galeries Lafayette Champs-Élysées.

Faire changer les choses pour pouvoir continuer



Et comment le Covid-19 a-t-il affecté leur progression ? "Heureusement, la vente en ligne a bien fonctionné au début de la pandémie", affirment-elles. La crise sanitaire leur a ouvert les yeux sur la nécessité de promouvoir un mode de vie plus responsable et a débouché sur le projet "Keep Moving".

"Nous nous sommes demandé de quelle manière nous allions pouvoir provoquer un changement pour que les choses ne continuent pas à fonctionner comme elles le faisaient jusqu’à maintenant. Confrontées à une crise mondiale, nous ne pouvions pas fermer les yeux", expliquent-elles.

Elles ont donc élaboré une nouvelle proposition éthique, qui devrait leur permettre de "réduire au maximum les stocks". À partir de la collection printemps-été 2021, la marque va accepter les retours de stock des acheteurs en gros, proposant en échange 10% de remise sur les achats de la nouvelle collection. "C’est un travail de fidélisation des distributeurs, et en même temps, nous pouvons garantir aux clients que nous aidons à protéger la planète", résument-elles.


La marque argentine vient de lancer le concept «Keep Moving» - Àcheval


Les vêtements récupérés seront soit donnés à des communautés dans le besoin, soit recyclés pour les collections futures, soit destinés à la revente en seconde main sur une page de leur site web.

Par les temps qui courent, les vêtements aussi doivent se réinventer. "Face au changement des rythmes et des façons de vivre, la manière de s’habiller évolue et nous proposons des vêtements bien plus décontractés et plus commodes", expliquent-elles.

Pour la prochaine saison, les deux créatrices vont également présenter un poncho conçu en partenariat avec une ONG argentine qui préserve le savoir-faire de communautés indigènes. La gamme sera étendue à des vêtements masculins ou unisexes et à des articles de décoration, tous inspirés de l’univers équestre.

D'ici là, la marque va continuer de s’adapter à la nouvelle normalité, notamment pour ses prochaines présentations à Paris et Milan. "Le digital a ses limites, tout est plus intéressant en personne. Nous ne pourrons pas faire tout ce que nous aimerions, mais nous allons essayer de conserver notre vision, notre équilibre", concluent-elles.

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