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15 juin 2012
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Andrea Canè: "Nous sommes sur le point de signer avec une marque de blousons américaine"

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15 juin 2012

L’entreprise de Bologne WP Lavori in Corso, qui détient notamment la licence mondiale de Woolrich, a racheté la marque historique de bombers Baracuta, dont la première collection sera présentée au Pitti Uomo ce mardi. Le directeur créatif Andrea Canè dévoile la stratégie du groupe qui fête cette année ses 30 ans et annonce l’arrivée d’une nouvelle marque dans son portefeuille.


Andrea Canè, directeur créatif de WP Lavori in Corso

FashionMag.com: Comment a évolué WP Lavori in Corso durant ces 30 ans ?
Andrea Canè: J’ai fondé l’entreprise avec la famille propriétaire Calori en 1982. Au départ nous étions des distributeurs. Nous faisions un travail de pionniers en important des marques historiques anglaises et américaines, d’abord sur l’Italie, puis sur l’Europe. Nous avons ensuite pris des licences comme celle mondiale pour le label américain Woolrich ou la marque de vêtements de plein air anglaise Barbour, dont nous avons la licence de distribution pour l’Italie. Nous avons toujours privilégié les marques dotées d’un vrai héritage en maintenant l’unicité du produit du point de vue de l’image et de la manufacture, sans jamais tomber dans le "fashion". Les détaillants sont très demandeurs de produits historiques réinterprétés. Nous avons également racheté des marques telles les chemises américaines Bd Baggies, le label italien de cachemire des années 1920 Avon Celli et Baracuta. L’idée étant de préserver un juste équilibre entre les licences et les marques en propre qui nous donnent une plus grande liberté d’action.

FM: Après Baracuta, avez-vous une autre acquisition en vue ?
AC: Nous sommes sur le point de signer avec une marque de blousons américaine historique, qui sera gérée directement par notre filiale sur place. L’opération devrait être officialisée en 2014. Nous sommes en train de nous repositionner aux Etats-Unis avec une distribution un peu plus haut de gamme. C’est un marché très complexe qui demande de gros investissements et où il faut être visible. Ayant d’autres marques américaines, nous venons de racheter un building à New York, sur Bond street, où nous installerons nos bureaux ainsi qu’un magasin WP Store. Nous avons une dizaine de WP Stores pour l’instant juste en Italie, où nous vendons toutes nos marques, auxquelles s’ajoutent les monomarques spécifiques pour chaque marque.

FM: Quels sont vos projets pour Baracuta ?
AC: Pour la première collection, que nous dévoilerons au Pitti, et probablement aussi pour quelques autres saisons, nous allons nous concentrer exclusivement sur les pièces du haut outwear, véritables core business de la marque, que nous souhaitons réhabiliter à travers des tissus plus résistants et des détails originaux. La collection se déclinera en trois axes: Ivory Label, une ligne un peu plus commerciale dessinée par une équipe interne. Blue Label, une collection capsule design réalisée par le styliste japonais Kenichi Kusano, ex-directeur créatif de l’étiquette japonaise Beams Plus, tandis que les deux modèles icones de Baracuta, les blousons G4 et G9, seront produits en Angleterre.

FM: Avez-vous été touché par la crise ?
AC: Nous avons atteint un chiffre d’affaires de 110 millions d’euros en 2011, qui se maintiendra en 2012, dont 40% est réalisé à l’étranger, ce qui nous a permis de résister à la crise. En Italie, les détaillants ont beaucoup de mal. La distribution est encore très fragmentée et le secteur est en forte souffrance. Nous préférons y vendre moins, mais mieux. A l’étranger, nous sommes surtout présents en Europe du Sud, dans les pays nordiques et germaniques, aux Etats-Unis et au Japon. D’ici à septembre nous allons ouvrir notre première boutique Woolrich à Séoul, en Corée, tandis que nous sommes en discussion avec un partenaire chinois pour ouvrir des magasins l’an prochain. En France, nous sommes distribués depuis un an par un nouveau partenaire, Robert Dodd, qui a programmé d’ouvrir à l’automne une boutique Woolrich à Lille. Pour le reste, nous comptons 2000 clients multimarques en Europe, dont 1000 en Italie, et 500 dans le reste du monde.

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