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Baselworld : le vote sur l'immigration va compliquer les recrutements dans l'horlogerie

Par
AFP
Publié le
today 27 mars 2014
Temps de lecture
access_time 3 minutes
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BALE (Suisse), 27 mars 2014 (AFP) - La limitation de l'immigration en Suisse pourrait poser de sérieux problèmes de recrutement pour les fabricants de montres suisses, selon des représentants de la profession réunis cette semaine à Baselworld, le grand rendez-vous annuel de l'horlogerie et de la joaillerie à Bâle.

Baselworld, photo: AFP/Sébastien Bozon.


Selon la Fédération de l'industrie horlogère suisse, près d'un emploi sur deux dans ce secteur est occupé par des ressortissants étrangers, qu'il s'agisse de résidents ou de frontaliers qui viennent travailler chaque jour en Suisse. "On a besoin de cette main-d’œuvre et de ces compétences, et c'est vrai qu'il y a quelques inquiétudes quant à cette votation", a déclaré Jean-Daniel Pasche, son président, lors d'un entretien avec l'AFP durant le salon.

Les électeurs suisses ont adopté le 9 février un texte qui va imposer des contingents sur l'immigration des ressortissants de l'Union Européenne. Ses modalités d'application restent cependant à définir et les milieux économiques ont multiplié les déclarations appelant à mettre en œuvre une interprétation large du texte, insistant sur la nécessité de pouvoir faire venir de la main-d’œuvre étrangère dans ce pays où le taux de chômage est particulièrement bas. En février, il se situait à 3,5% de la population active.

Le marché de l'horlogerie est d'ailleurs déjà confronté à d'importantes tensions sur le marché de l'emploi alors que les fabricants de montres ont recruté à tour de bras pour répondre à la forte croissance de la demande des dernières années.

Swatch Group, le numéro mondial de l'horlogerie, a à lui seul accru ses effectifs de quelque 900 personnes en Suisse en 2013. Horlogers certifiés, microtechniciens, guillocheurs, sertisseurs... Le métier de l'horlogerie fait appel à un vaste panel de compétences très pointues pour lesquels les fabricants de montres peinent à trouver du personnel.

"On ne peut plus travailler sans les frontaliers", a expliqué Marc Hayek, le patron de Breguet, de Blancpain et de Jaquet Droz, trois des marques de prestige de Swatch Group. "Moi, je cherche partout", a-t-il ajouté, "Avant même la limitation de l'immigration, il est déjà très difficile de trouver du personnel qualifié aujourd'hui". La question du recrutement se pose avec d'autant plus d'acuité que de nombreuses entreprises sont contraintes d'investir davantage dans la production alors que Swatch Group, qui est également le premier fabricant de pièces d'horlogerie, a conclu un accord avec les autorités de la concurrence pour réduire progressivement les livraisons de composants aux sociétés tierces.

Tag Heuer, une des marques phares du groupe de luxe français LVMH, a ainsi ouvert une usine dédiée à la fabrication de mouvements à Chevenez, à six kilomètres de la frontière avec la France. Pour Stéphane Linder, le patron de Tag Heuer, cette limitation ne modifie toutefois pas ses projets, et il entend toujours garder la possibilité de regarder dans le bassin d'emplois de Sochaux (France) pour trouver du personnel bien formé aux processus de fabrication industrielle. "Simplement, ce sera plus de tracasseries administratives. Il faudra prouver qu'on ne trouve pas les qualifications sur le marché suisse", a-t-il pointé, tout en soulignant les fortes tensions sur le marché local.

Les patrons de sociétés horlogères réunis à Baselworld ont cependant dit espérer une mise œuvre "intelligente" du texte pour ne pas mettre des bâtons dans les roues du secteur. "Le gouvernement sera bien obligé d'accepter que les entreprises se développent et qu'elles aient besoin de main-d’œuvre", a estimé Jean-Claude Biver, le patron de la marque Hublot, qui a récemment repris les commandes des marques horlogères de LVMH.

Thierry Stern, le patron de Patek Philippe, un griffe considérée comme un des fleurons de l'horlogerie suisse, s'est également voulu rassurant. "Si on ne peut plus avoir des frontaliers, les entreprises peuvent aussi bien mettre la clef sous la porte. Je ne suis pas inquiet, car ils seront bien obligés de trouver des solutions", a-t-il affirmé.

Par Nathalie OLOF-ORS

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