×
2 681
Fashion Jobs
Publié le
9 juin 2017
Temps de lecture
3 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Boris Saragaglia (Spartoo) : « Nous cherchons à acquérir de nouvelles marques, côté chaussure et textile »

Publié le
9 juin 2017

Face aux offres du groupe Royer et du fabricant Kidshoes, le tribunal de commerce de Beauvais s’est prononcé le 2 juin en faveur de Spartoo pour la reprise de l’activité chaussure pour enfant du groupe Kindy. Fondé en 2006, l’e-shop spécialiste du soulier s’adjuge donc la griffe enfantine GBB, qui viendra faire grandir son portefeuille de marques propres, un segment sur lequel la société grenobloise accélère. Une stratégie que nous détaille Boris Saragaglia, le PDG de Spartoo, qui emploie 350 personnes et a généré en 2016 un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros.


Boris Saragaglia - Spartoo


FashionNetwork : Pourquoi vous êtes-vous porté acquéreur de ce pôle du groupe Kindy ?

Boris Saragaglia : Acquérir une marque et un outil de production, c’est la première fois qu’on le fait ! Mais cela s’inscrit totalement dans notre stratégie de travailler au mieux notre offre, de couvrir tous les segments du marché. Le pôle chaussure de Kindy nous a attirés par son savoir-faire, de même que par son positionnement moyen/haut de gamme dans l’enfant.

FNW : Que va-t-il advenir de la marque GBB ? Allez-vous la transformer ?

BS : Nous croyons en cette marque, et elle va perdurer. Simplement, nous portons l’ambition de moderniser la collection, d’investir encore dans la qualité et de repenser les relations commerciales, notamment en développant son réseau de distribution en multimarque.

L’idée n’est pas de tout bousculer : le site d’Andrezé (en Maine-et-Loire, ndlr) est conservé, de même que 28 des 45 emplois. On est allés les voir. Nous sommes très contents de les accueillir et avons beaucoup à apprendre de leur expertise. Les salariés sont partagés entre espoir et pragmatisme, ils ont hâte que cela redémarre.  


Fondée en 1947, GBB vend des chaussures aux 0-12 ans. - GBB/Facebook


FNW : GBB va donc intégrer votre pool de marques propres. Dans quelle mesure s’imposent-elles pour vous comme un relais de croissance ?

BS : Nous référençons 4 000 marques aujourd’hui, une offre très large. On avait besoin de travailler également notre portefeuille de griffes propres, que l’on envisage comme un vértitable axe de développement. Développer nous-mêmes des produits, tous fabriqués en Europe en circuit court, a évidemment un impact sur la marge.

Nous sommes sensibles à la demande de nos clients, avec une vraie volonté de les fidéliser, en leur proposant un rapport qualité/prix encore meilleur. Et notre portefeuille s’est agrandi : nos trois premières marques propres sont nées en 2014, nous en totalisons désormais 10, couvrant chacune un segment particulier (offre chaussure avec quelques pièces maroquinerie et textile, ndlr). Après le lancement de Betty London, Fericelli et Moony Mood, se sont ajoutées Citrouille et Compagnie (enfant), Carlington (formel), So Size (grande taille), Botd (basiques), Dream in Green (écolo/roots), ou encore Yurban (street).

L’activité de ces griffes est en croissance de 30 % chaque année. L’objectif est que nos marques propres représentent d’ici 2020 15 à 20 % de notre chiffre d’affaires. Nous n’allons plus en créer de nouvelles, mais nous espérons en intégrer d’autres, en croissance externe.

FNW : Justement, êtes-vous positionnés sur d’autres dossiers de reprise ?

BS : Nous étudions toutes les opportunités, car nous cherchons à acquérir de nouvelles marques, côté chaussure mais aussi textile. On s’est positionné sur plusieurs dossiers, ça n’a pas toujours fonctionné. L’idée est de cibler des marques possédant une vraie histoire et un savoir-faire, et de continuer à investir en France.

FNW : Une stratégie d’acquisitions qui s’applique également côté réseau de magasins ?

BS : Tout à fait. Notre parc se compose aujourd’hui d’une quinzaine de points de vente à l’enseigne. Nous cherchons donc aussi à racheter des réseaux de magasins ou fonds de commerce à la barre du tribunal. Déployer notre présence physique nous permet d’être encore plus proche de nos clients, de les accompagner au mieux, que ce soit en ligne ou en boutique. Ce que je peux vous dire pour l’instant, c’est que 3 à 5 ouvertures sont prévues dans les mois à venir, dont un magasin à Carré Sénart, qui sera inauguré en septembre. 

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2021 FashionNetwork.com