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30 juin 2016
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Brexit : l'industrie du tartan écossais sur le qui-vive

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AFP
Publié le
30 juin 2016

Que serait l'Ecosse sans ses châteaux, ses Highlands, son whisky et ses tartans ? A Selkirk, siège du leader mondial du tissu écossais, Lochcarron of Scotland, on suit de près le cours de la livre depuis le Brexit, sans savoir de quoi l'avenir sera fait.


A.BUCHANAN / AFP


Dans le bruit assourdissant des métiers à tisser, les 94 employés de l'usine s'activent au milieu d'immenses bobines de fer qui gisent à leurs pieds. Lochcarron peut se targuer d'avoir dessiné 1.500 motifs de tartans, dont celui bleu et rose pastel de la Princesse Diana. Un produit 100 % « made in Scotland ».

Pour le fabriquer, des fils de toutes les couleurs sont accrochés, tendus puis enchevêtrés sur des machines qui, en quelques secondes, dévoilent une toile à la régularité et à la symétrie parfaites.

Du matériel de haute précision et des matières premières qui viennent d'Europe, dont le prix pourrait augmenter avec l'effondrement de la livre face à l'euro. « Premier impact possible", commente David Riddell, le directeur de production.

Dans cette ville à la frontière avec l'Angleterre, on vit mal le Brexit. Si le vote au niveau national a été en faveur de la sortie (51,9 % ont voté pour quitter l'Union européenne), l'Ecosse n'a de cesse de répéter que 62 % de ses citoyens voulaient, eux, y rester.

De nombreuses familles, entreprises ou institutions viennent faire créer leur motif exclusif ici. Vivienne Westwood, Dior, Jean-Paul Gaultier, Ralph Lauren, Isabel Marant : ces marques ont fait appel à Lochcarron pour leurs collections. 46 % des ventes se font outremer.

Le Brexit, David Riddell n'hésite pas à en parler comme d'une potentielle « menace » pour son commerce. « Si les hommes politiques font bien leur boulot, nous aurons de bons accords, mais dans le cas contraire, le Royaume-Uni va traverser une période compliquée ».

Se tourner vers Londres, oui, et multiplier les interlocuteurs. Liz Cameron, la directrice de la Chambre de commerce d'Ecosse, ne veut pas limiter ses espoirs aux efforts de Westminster : « Nous appartenons à un groupe de négociations au sein du Royaume-Uni, mais notre Première ministre écossaise est également en train de développer d'autres relations. C'est la bonne méthode : il faut penser à tout ce qui peut nous permettre de continuer à faire du commerce librement avec le marché européen ».

Nicola Sturgeon, qui a rencontré mercredi à Bruxelles le président du Parlement européen Martin Schulz et du président de la Commission Jean-Claude Juncker s'est dite « pleine d'espoir et d'optimisme », « encouragée par la volonté d'écoute ».

Liz Cameron veut rassurer les investisseurs et lance des encouragements aux producteurs locaux. Malgré le séisme de jeudi, c'est « business as usual » (comme d'habitude) : « Continuez à faire du business en Europe ! Onze milliards de livres c'est un énorme marché, nous serions stupides d'arrêter ». Les accords à négocier, les normes administratives, les frais douaniers ? « Des détails à régler plus tard », balaie-t-elle. Quitte à parlementer avec Bruxelles, autant y faire du lobby.

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