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14 déc. 2009
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Cacharel, les difficultés financières s'accélèrent

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14 déc. 2009

Une stratégie redéfinie, un studio de création consolidé, on pensait Cacharel sur la bonne voie. C’était sans compter avec des pertes d’exploitation endémiques qui pourraient bien, cette fois, lui être fatales faute de trésorerie suffisante. Une situation encore assombrie par le départ précipité de son DG Marc Ramanantsoa, entré en profond désaccord sur l’urgence de la situation avec Jean Bousquet, PDG de Cacharel qui n'était pas joignable à l'heure où FashionMag.com bouclait la newsletter.

Cacharel
Défilé printemps-été 2010 Cacharel

Depuis plusieurs années dans le rouge, accumulant plus de 20 millions d’euros de perte hors exceptionnels sur les huit dernières années, la marque se maintenait toutefois à flot en partie grâce à ses nombreuses licences, parfum en tête.

Mais pour relancer Cacharel, dont le retour à l’équilibre était programmé pour 2011 grâce à l’accord de licence récemment signé avec le groupe Aeffe, la société doit au préalable injecter de l’argent frais. D’après une source proche du dossier, 15 millions d’euros seraient nécessaires. D’une part pour financer le plan de sauvegarde de l’emploi qui enregistre déjà six mois de retard sur son planning et continue de creuser l’écart du fait des salaires que la société continue de verser aux 120 salariés. D’autre part, pour épurer les pertes de 2009 et 2010.

Selon nos sources, avec un chiffre d’affaires estimé à 18 millions d’euros pour 2009, des fournisseurs inquiets, une ligne de crédit à court terme qui s’arrête fin décembre, le timing s’annonce donc serré. D’autant que Jean Bousquet rappelait récemment, à l’occasion de la signature du partenariat avec Aeffe, qu’il n’avait pas l’intention d’ouvrir son capital. Et le départ de Marc Ramanantsoa, troisième directeur général en l’espace de deux ans, pourrait bel et bien peser dans la balance auprès d’investisseurs potentiels. "D’importants désaccords sur l’urgence de la situation et la procédure à suivre pour lever les fonds seraient à l’origine de ce départ", confie-t-on.

Pourtant, des signes de reprise avaient été constatés ces derniers mois. En effet, depuis un an, les commandes avaient été confiées à Marc Ramanantsoa, arrivé à la direction générale. Mise en place d’une nouvelle stratégie marketing, consolidation des services internes, coupe dans les dépenses avec, au passage, plusieurs fermetures, notamment celles des sites industriels de Nîmes soldés par un plan de sauvegarde de l’emploi et le licenciement d’une centaine de salariés.

En l’espace d’un an, après une remise à plat, les ingrédients semblaient réunis pour conduire la marque dans la bonne direction. Et côté cour, après la valse des créateurs, la maison saluait l’arrivée de Cédric Charlier, ancien assistant d’Alber Elbaz et annonçait le renouveau du style, un travail sur la qualité, et surtout la renaissance de la "femme Cacharel: féminine, française". La collection présentée au Palais de Tokyo en septembre dernier lors de la Fashion Week marquait d’ailleurs le point d’orgue du repositionnement sur le haut de gamme.

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