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Publié le
30 mars 2012
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Casino ne veut pas renouveler les mandats de Diniz et Houzé

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30 mars 2012

PARIS (Reuters) - Casino a annoncé jeudi qu'il proposerait à ses actionnaires de ne pas renouveler les mandats d'administrateurs d'Abilio Diniz, son partenaire brésilien, et Philippe Houzé, président du directoire des Galeries Lafayette en conflit ouvert avec le distributeur sur Monoprix. Le distributeur ne remplacera qu'un des deux administrateurs et proposera la nomination de Sylvia Jay, présidente de L'Oréal au Royaume-Uni.


Une enseigne Casino. Photo : AFP/Eric Piermont

Casino et les Galeries Lafayette ont entamé un bras de fer juridico-financier en février, les deux groupes se déchirant sur la valorisation de Monoprix, qu'ils détiennent à 50-50.

Abilio Diniz, président et actionnaire du distributeur brésilien Grupo Pao de Açucar (GPA), avait quant à lui tenté d'orchestrer en juin une fusion de GPA avec la filiale brésilienne de Carrefour, une initiative qui avait entraîné une vigoureuse contre-attaque de Casino, lié à l'homme d'affaires brésilien par un pacte d'actionnaires.

Après avoir été lâché par les pouvoirs publics brésiliens et à l'issue de plusieurs semaines de bataille judiciaire et médiatique, Casino l'avait finalement emporté, obligeant Abilio Diniz et Carrefour à renoncer à leur projet. La demande de non-renouvellement d'Abilio Diniz témoigne de la défiance persistante entre le Brésilien et Jean-Charles Naouri, PDG de Casino. Cette éviction du conseil intervient à un moment crucial pour Casino, qui entend prendre le contrôle de GPA en juin, conformément aux accords qui le lient à Abilio Diniz.

"Compte tenu de ce qui s'est passé au Brésil, Casino a peur d'un coup tordu et ne sait pas ce que peut lui préparer Abilio Diniz", estime un spécialiste de la distribution, qui a souhaité garder l'anonymat.

MÉFIANCE

Un analyste relève quant à lui que Casino "n'aurait pas mis 900 millions d'euros dans une entreprise (GPA, NDLR) durant l'été 2011 s'il ne craignait pas quelque chose. Il est donc monté dans GPA au maximum de ce qu'il pouvait faire". "Il s'en méfie comme de la peste", ajoute-t-il.

A compter du 22 juin, Casino pourra exercer, en vertu d'un pacte d'actionnaires, une option d'achat sur une action Wilkes, la holding de contrôle de GPA - détenue aujourd'hui à 50-50 par Abilio Diniz et Casino - lui donnant de facto le contrôle du distributeur.

Par ailleurs, à la même date, Abilio Diniz disposera d'une option de vente portant sur 0,5% du capital de GPA qu'il peut choisir ou non d'exercer. L'exercice de cette option devrait coûter environ 10 millions de dollars à Casino. L'homme d'affaires dispose aussi d'une autre option de vente à compter de 2014 sur la totalité du capital de GPA qui lui reste, à savoir 7,4%.

"Casino semble bordé juridiquement. Un pacte peut toujours se rompre, mais ça va aller devant les tribunaux et Diniz a perdu l'appui des pouvoirs publics brésiliens", commente le même analyste. Casino a lancé le processus de sa prise de contrôle exclusif de GPA le 22 mars. GPA, premier distributeur brésilien, est un actif crucial de Casino qui a axé sa stratégie sur le développement international.

A la fin 2011, les ratios d'endettement de Casino se sont dégradés (dette nette de 2,35 fois l'Ebitda, un chiffre supérieur à l'objectif de 2,2 fois que s'est fixé le groupe) avec les acquisitions de titres GPA et l'absence d'augmentation de capital prévue pour sa filiale thaïlandaise Big C. Cette dernière vient de décider d'une opération limitée à moins de 100 millions d'euros sous forme de placement privé, au lieu des 600 millions attendus par Casino pour se désendetter.

Par Pascale Denis. Edité par Dominique Rodriguez

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