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5 mars 2008
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Christian Audigier, roi du "chiffon" et ami des stars à Hollywood

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5 mars 2008

CULVER CITY (Etats-Unis), 5 mars 2008 (AFP) - "Ici, je suis à la même échelle qu'un Tommy Hilfiger ou un Ralph Lauren", affirme le créateur de mode français Christian Audigier, devenu nabab à Hollywood grâce aux vedettes qui ont adopté ses collections de vêtements.


www.ChristianAudigier.com

Madonna, Mariah Carey, Sylvester Stallone, Britney Spears, Puff Daddy, Kanye West... la liste des clients "et amis" de ce natif d'Avignon (sud) encore peu connu en France donne le tournis, alors qu'il n'est arrivé aux Etats-Unis qu'en l'an 2000.

C'est d'abord en relançant la marque "Von Dutch" que M. Audigier met à l'épreuve son don de roi Midas, qui transforme en or tout ce qu'il touche. Von Dutch "a été un phénomène mondial", explique à l'AFP cet entrepreneur de 49 ans aux faux airs de Jean Reno au siège de son entreprise à Culver City (Californie, ouest).

Tout a démarré sur un coup de chance. "J'ai rencontré Britney Spears sur un trottoir, elle a porté la première casquette (Von Dutch), trois jours plus tard, j'ai rencontré Justin Timberlake dans une boîte de nuit et je lui ai donné une casquette aussi. Trois semaines après, ils se séparaient et se sont retrouvés en couverture de People magazine (3,5 millions d'exemplaires) avec les deux casquettes", poursuit-il.

M. Audigier reprend son indépendance et lance en 2004 une marque inspirée du maître du tatouage californien Don Ed Hardy, "avec l'aide des mêmes stars, j'ai appelé tout le monde, j'ai envoyé des vêtements à Madonna, Paris Hilton, Nicole Richie... il y a eu le même engouement".

Au début, pour approcher les "people" et faire en sorte qu'ils portent ses créations, M. Audigier s'est "servi d'un réseau de paparazzi, de maîtres d'hôtels, de managers de restaurants, qui recevaient toujours un paquet cadeau et un mot gentil" en échange de leurs "tuyaux".

Flamboyants, colorés, les vêtements Audigier répondent selon lui aux besoins "d'une foule de gens qui a envie de s'habiller de manière plus gaie" à Hollywood.

"Ici plus qu'ailleurs, n'importe quel serveur veut être acteur et peut le devenir du jour au lendemain, ils ont tous besoin de se faire remarquer", note celui qui continue à envoyer gratuitement ses créations aux stars.

Parfois, il touche le jackpot, comme lorsque Madonna a porté un T-shirt Ed Hardy pendant un voyage au Malawi où elle adoptait un petit garçon. "Elle a eu toutes les télés du monde", rappelle-t-il.

Aujourd'hui, le créateur règne sur quatre marques: "Ed Hardy", "Christian Audigier" orientée luxe, "Crystal Rock" créée par sa fille de 15 ans et "Smet", une marque très "rock n'roll" puisque réalisée en collaboration avec Johnny Hallyday.

"Johnny, c'était mon idole, j'avais des posters de lui dans ma chambre, je faisais mon Johnny devant la glace et je suis devenu pote avec lui", raconte Christian Audigier dans son français émaillé d'expressions américaines.

Pour contrôler sa qualité et raccourcir les délais, il fabrique 70 % de ses produits à Los Angeles, le reste en Chine. Les coûts sont plus élevés, mais comme le moindre T-shirt de la marque Audigier vaut 180 dollars...

"Je ne fais pas de haute couture, mais ce que je vends c'est le prix de la haute couture. La haute couture n'est pas portée. Le chiffon c'est le chiffon", lance-t-il.

En 2007, l'empire Audigier, présent dans 72 pays, a réalisé 115 millions de dollars de chiffre d'affaires. Prévisions pour 2008? "300 millions", assure M. Audigier qui se diversifie tous azimuts: hôtel à Dubaï, restaurant à Beverly Hills, limousines pour princes arabes...

Fortune faite, il va ouvrir la semaine prochaine une boutique à Paris, dans le quartier huppé de Saint-Germain-des-Prés. Pourtant, il n'a pas mis les pieds dans son pays depuis deux ans: "j'adore la France, mais je n'ai rien à y faire, il faut que je m'occupe du reste du monde".

Par Tangi QUEMENER

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