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12 déc. 2013
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Christina Zeller (Delvaux): "La famille Fung nous a donné des ailes magiques"

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12 déc. 2013

Arrivée suite au rachat de la maison par le Chinois Fung Brands, Christina Zeller remet la marque belge en scène depuis deux ans en tant que directrice de l’image et du produit. La maison était à Paris à l'occasion d'une soirée organisée par Brussels Exclusive Labels (B.E.L.), l'association fédérant le luxe bruxellois, à Paris le mois dernier.

En 2011, l’international représentait 5 % du chiffre d’affaires de Delvaux. En 2013, il représente quasi 25 %. Rencontre avec une passionnée qui a d’elle-même frappé à la porte de Delvaux en 2011, en apprenant que la maison, née en 1829, avait trouvé un investisseur et un nouveau patron en la personne de Jean-Marc Loubier.

Christina Zeller et la top Jessica Stam lors d'une présentation Delvaux à Paris en mars 2013



FashionMag.com: Vous êtes un peu directrice artistique de la marque ?
Christina Zeller: Il serait bien prétentieux de dire qu’on est directrice artistique de Delvaux, qui est la plus ancienne maison de maroquinerie de luxe au monde, avec à son actif plus de 3000 sacs en archives. Je remets en scène, je réinterprète les produits iconiques de la marque avec une équipe de style. J’ai simplement regardé ce qui avait été fait au cours de ces nombreuses années en essayant de restructurer les collections et en emmenant la marque dans des univers qui lui ressemblent. C’est Didier Vervaeren (ex-DA de Delvaux, ndlr) qui a réinterprété notre sac icône, Le Brillant, né en 1958, pour les vitrines des Galeries Lafayette Haussmann sur un ton surréaliste (photo ci-dessous). Ce sac possède pour moi la forme parfaite, intemporelle, l’inverse du it-bag. Delvaux est une marque qui peut se permettre de pratiquer des prix parfois excessifs (jusqu’à 9000 euros le sac, ndlr), mais totalement justifiés par la qualité des matériaux, par le savoir-faire des artisans et le temps passé sur chaque sac.

Les vitrines surréalistes de Delvaux aux Galeries Lafayette Haussmann


Le sac Brillant revisité à la Magritte




FM: Serez-vous un jour tentée de lancer du prêt-à-porter ?

CZ: Chaque chose vient en son temps. Pour l’heure, nous avons comme priorité d’assurer un service absolument irréprochable à nos clients et partenaires. Avant toute chose, nous souhaitons maîtriser notre croissance et assurer la qualité. Et cela porte ses fruits, puisque nous observons une multiplication des ventes internationales par quatre en deux ans. Nous maîtrisons aussi notre production avec notre atelier historique au siège de l’Arsenal à Bruxelles, dans notre usine française à Bourg-Argental (Loire), notre usine au Vietnam qui fait de la préparation pour nos sacs et de la petite maroquinerie. Nos sacs les plus emblématiques resteront confectionnés dans le secret de la maison Delvaux. Les produits d’entrée de gamme pourront à terme être faits par un sous-traitant.

FM: Quelle est la taille de la société aujourd’hui ?

CZ: Nous sommes encore une petite structure, de la création à la production nous sommes moins de trente personnes au siège, hormis les équipes de nos ateliers, que nous allons encore bientôt devoir enrichir. Il n’y a donc que très peu d’intervenants dans nos collections, ce qui facilite la prise de décision. L’international nous demande de plus en plus, nous avons de plus en plus de visibilité chez Barneys New York, et venons d’ouvrir un grand corner chez Selfridges. Nous avons ouvert à Séoul, et aux Galeries Lafayette Beijing (photo ci-dessous). En avril prochain, nous allons inaugurer une boutique de 210 m² sur Omotesando, à Tokyo. Enfin, nous ouvrirons au second semestre 2014 notre premier flagship à Paris, dans un endroit encore top secret mais confirmé…



FM: C’est l’invasion Delvaux, en quelque sorte ?
CZ: Bien au contraire, Delvaux doit garder son mystère, on ne doit pas la voir partout. C’est une griffe qui a été assez peu vue et on ne peut pas en avoir une indigestion. Il faut l’apprécier, la déguster et apprécier son savoir-faire. La croissance ne se mesure pas que sur les ouvertures mais aussi sur les résultats et les ventes dans nos boutiques. En outre, le réseau belge (près de dix boutiques monomarques, ndlr) a repris un élan absolument considérable, alors qu’il était en train de s’éteindre à l’arrivée de nos actionnaires.

FM: Comment décririez-vous l’influence de Fung Brands sur Delvaux ?
CZ: C’est une histoire très éthique, très familiale et qui va bien au-delà du business. Je trouve que la famille Fung nous a donné des ailes magiques pour nous envoler à nouveau vers les plus beaux cieux…

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