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25 janv. 2015
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Cifonelli joue des épaules pour entrer dans le prêt-à-porter

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AFP
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25 janv. 2015

Nouvelle venue dans le prêt-à porter masculin, la maison de tailleurs Cifonelli a présenté dimanche à Paris sa deuxième collection, sans ostentation mais sûre de son coup de ciseau. Et pour cause : la prestigieuse enseigne parisienne a 135 ans d'expérience dans le sur-mesure.


Défilé Cifonelli automne-hiver 2015-2016



Immanquablement, l'anecdote revient lorsqu'on évoque la griffe : Karl Lagerfeld, le charismatique directeur artistique de Chanel, affirme pouvoir reconnaître l'épaule d'un costume Cifonelli « à cent mètres de distance ».

Dans la collection prêt-à-porter automne-hiver 2015, « on retrouve la fameuse épaule Cifonelli qui est ainsi mise à la disposition d'une clientèle plus large qui peut bénéficier de la même sensation de confort que les clients du sur-mesure », explique l'Américain John Vizzone, directeur artistique de la marque. « La collection allie soin du détail et des proportions, hérité du sur-mesure, à une palette de couleurs aux inspirations toscanes », commente la maison qui s'est lancée en 2014 dans le prêt-à-porter.


Défilé Cifonelli automne-hiver 2015-2016



Mais qu'est ce qui rend l'épaule Cifonelli si caractéristique ? « Tout se joue au niveau de l'emmanchure, plus étroite chez nous. La manche est travaillée de manière incurvée, vers l'avant, pour faciliter les mouvements du bras, c'est ce qui fait que nos vestes, très près du corps, offrent une grande liberté de mouvement », explique Massimo Caiselli-Cifonelli qui, avec son cousin Lorenzo, perpétue une tradition de maîtres tailleurs vieille de plus d'un siècle.

Autre particularité de la marque : la griffe « Cifonelli » est invisible, cousue dans la poche intérieure. On ne s'affiche pas en Cifonelli...

Trilogie italo-anglo-française

Sur les murs de la salle de coupe, au premier étage du 31 rue Marbeuf à Paris, des photos en noir et blanc remontent le fil de cette saga familiale qui commence en 1880, année où l'arrière-grand-père, Giuseppe, installe le premier atelier à Rome.

C'est son fils, Arturo, artiste passionné, architecte à ses heures, qui donnera au nom de Cifonelli ses lettres de noblesses. Envoyé par son père à Londres pour y étudier la coupe, le tailleur va « s'imprégner du style anglais très structuré, le marier à la légèreté italienne et ajouter la finition à la française. C'est la trilologie qui résume le mieux l'histoire de la maison », dit-on chez Cifonelli. Du séjour d'Arturo à Savile Row - la célèbre rue des tailleurs à Londres - la maison a conservé l'unité de mesure anglaise, l'inch, toujours en vigueur aujourd'hui chez Cifonelli.


Défilé Cifonelli automne-hiver 2015-2016



Venu s'installer à Paris en 1926, c'est le même Arturo qui mettra au point la fameuse épaule, technique perpétuée de génération en génération et signature de la griffe. « A l'époque, tous le monde portait le costume. Arturo voulait qu'un homme puisse mettre sa veste le matin et la garder jusqu'au soir », souligne Massimo Caiselli-Cifonelli.

Chez Cifonelli, il y a le savoir-faire mais il y a aussi les matières. Dans les mains expertes de la quarantaine d'ouvriers de l'atelier passent tous les jours les meilleures étoffes : coton, flanelle, laine, yak, cachemire... Entre 50 et 70 heures de couture à la main - et trois essayages - sont nécessaires pour transformer chacune d'elle en un vêtement unique.


Défilé Cifonelli automne-hiver 2015-2016



Evidemment, rareté et excellence ont un coût. Il faut compter 7.000 euros au minimum pour un ensemble. Mais une veste en laine de vigogne, un mammifère rare vivant dans la cordillère des Andes, peut atteindre 15.000 euros ! Plus abordables, les prix de la gamme prêt-à-porter vont de 2.800 à 3.800 euros. « Ils sont fabriqués dans un atelier à Naples mais les patrons sont réalisés par la maison pour conserver la touche visuelle et l'image Cifonelli », souligne Massimo Caiselli-Cifonelli.

Les clients ? « Ce sont des hommes d'affaires, des professions libérales, des artistes » dont les moyens sont à la hauteur, indique-t-on chez Cifonelli, sans citer de nom. Quelques « ambassadeurs » sont toutefois restés célèbres, de Charlton Heston à Lino Ventura en passant par Cary Grant, Marcello Mastroianni et François Mitterrand dont la collection de costumes Cifonelli fut vendue aux enchères en 2008.

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