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2 mars 2017
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David Dayan (ShowroomPrivé) : « Nous sommes passés du statut de déstockeur opportuniste à celui de site partenaire »

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2 mars 2017

Après avoir enregistré une hausse de près de 22 % de ses ventes, à 540 millions d’euros en 2016, le portail vise le milliard d’ici à 2020. Des rachats de Saldi Privati et BeautéPrivée à la livraison en « dropshipping », en passant par le mobile, l’international et le rapport aux marques, le co-PDG, David Dayan, revient pour FashionNetwork sur les différentes actions en cours.
 

David Dayan - ShowroomPrivé


FashionNetwork : Quel regard portez-vous sur vos derniers résultats ?

David Dayan : C’est une très belle année en termes de croissance, qui a été forte et en belle accélération, notamment sur le dernier trimestre, où ce que nous avons mis en place ces derniers mois a commencé à porter ses fruits. En outre, la marge a été maintenue. Nous sommes toujours une société qui génère du cashflow, ce qui est assez unique dans l’e-commerce et s'avère rassurant pour les investisseurs et marques partenaires. Ce sont des fondamentaux très forts.

FNW : Qu’en est-il de l’international ?

DD : Il y a eu une accélération de la croissance à l'international au deuxième semestre. Nous avons connu un bond de 8,6 % sur la période, qui nous a permis atteindre un peu plus de 100 millions de chiffre d’affaires à l'étranger, grâce notamment à l’ajout des activités de Saldi Privati. Par ailleurs, notre portefeuille de marques internationales s'élargit et représente aujourd'hui 43 % de notre offre. Cela va dans le sens de notre stratégie de rachat d’entreprises comme Saldi Privati, qui, dans son cas, nous permet de nous rapprocher de très belles marques italiennes. En termes de zones, nous regardons principalement vers l’Europe, et notamment le Nord, avec aussi un œil sur le Moyen-Orient et les pays du Maghreb.

FNW : Pourquoi racheter BeautéPrivée ?
 
DD : C’est une structure encore modeste, mais avec une vraie expertise du secteur. BeautéPrivée est plus adaptée que nous pour vendre de la beauté. Nous allons mettre en place des synergies pour pouvoir les faire grandir et ainsi vendre des produits de beauté d’une meilleure façon, en devenant plus spécialiste qu’aujourd’hui. Cette acquisition va nous permettre de nous rapprocher de grands groupes internationaux de la beauté avec un outil adapté à leurs besoins. Grâce à BeautéPrivée, nous allons pouvoir engager des discussions sérieuses avec de grands groupes tels que l’Oréal, LVMH, Clarins et autres, qui certes travaillent déjà pour certains avec BeautéPrivée, mais ont besoin d’un gros volume d’écoulement pour se déployer pleinement sur la vente événementielle.

FNW : Le mobile pèse 77 % du trafic et 55 % des ventes. Quelle influence cela a-t-il sur vos projets ?

DD : Nous avons été très tôt sur le mobile et aujourd’hui ça paye. C’est un support sur-mesure pour nos activités car il nous permet d’être très proches de nos membres. Surtout, le mobile crée de l’engagement : les clients qui arrivent sur le mobile achètent presque deux fois plus que quand ils étaient sur ordinateur. Aujourd’hui, on ne regarde plus les ventes sur ordinateur, on les regarde sur mobile, même en interne. Nous allons continuer à investir étant donné que cela change beaucoup de choses et pose des questions : la visibilité est moins grande et il y a moins d’espace. Il faut donc être plus habile, d’où notamment le lancement d'un moteur de recherche pour trouver par mot clef. Nous allons travailler aussi sur la personnalisation pour que les gens aient une offre qui leur ressemble.
 
FNW : D’autres rachats et pays cible sont-ils à attendre ?
 
DD : Pour les rachats, nous sommes très pragmatiques. En Italie, nous avions repéré une très jolie cible. En Espagne, il n’y en a plus, donc nous y grandissons de manière organique en plaçant des équipes locales fortes avec des gens provenant du secteur de la mode. Aujourd’hui, nous disposons de 120 personnes entièrement dédiées à l’international. En Allemagne, nous aurons à la fin de l’année une équipe de 25 personnes. Nous n’avons pas réellement de cibles. Celles que nous pourrions acheter, ce sont des concurrents, comme Saldi Privati, ou des verticaux, comme BeautéPrivée. Mais nous pourrions aussi regarder vers les loisirs, le voyage, la maison… ou des innovations qui nous feraient gagner du temps.
 
FNW : Le raccourcissement des délais de livraison est-il toujours une priorité ?

DD : C’est un gros focus pour nous. Nous avions déjà la livraison en 24 heures, qui est un atout différenciant. Nous livrons 25 à 30 % de nos commandes entre 24 heures et 48 heures. Mais dans nos options, il y a aussi le « dropshipping », qui permet de se connecter aux entrepôts des marques afin que ces dernières livrent directement nos membres. Cela permettrait d’alléger la partie logistique et d’accélérer le traitement. C’est une des pistes. Nous avons déjà la pré-livraison, avec les marques nous confiant leurs stocks, la livraison étant alors à notre charge. Là encore, c'est un gain de temps. Le dropshipping va être lancé dans quelques mois. La pré-livraison grandit quant à elle fortement et représente désormais 15 à 20 % des volumes.
 
FNW : Ce type de service repose sur une demande venant des marques ?

DD : Oui, c’est une demande et les marques sont très contentes de pouvoir se soulager. Cela fait évoluer notre rapport avec les marques. Nous sommes passés du statut de déstockeur opportuniste à celui de site partenaire. Nous leur permettons d’écouler rapidement de manière qualitative, nous prenons en charge une partie de la logistique, nous leur donnons beaucoup de données suite aux ventes… Comme le montre une étude Nielsen, quand une vente est réalisée sur ShowroomPrivé, il y a automatiquement plus de trafic sur le site de la marque et en magasin. Nous en avons eu 700 nouvelles cette année et celles présentent auparavant ont à elles seules affiché une hausse de 14 % des ventes. Ces habituées ont généré 80 % de notre chiffre d’affaires. Tout cela relève du cercle vertueux. Les marques grandissent avec nous.

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